Didier Deschamps avait des choses à dire. Beaucoup de choses à dire. Dans une interview fleuve accordée à L'Equipe, parue vendredi, le sélectionneur de l'équipe de France s'est exprimé sur la désillusion de l'été avec les Bleus, sortis dès les 8es de finale de l'Euro par la Suisse (3-3 a.p., 4-5 t.a.b.). "Je sais que je suis le seul responsable, a-t-il assuré. Ma fonction veut ça. Je l'assume. Mais je sais aussi que j'ai cette capacité à basculer. Quand cela va bien, tout n'est pas rose ; quand cela va mal, tout n'est pas noir non plus. Notre élimination est liée à de nombreux éléments. [...] C'est ma responsabilité."
Deschamps ne déplore finalement qu'une chose en particulier. Pas les différentes polémiques qui ont éventuellement pu polluer la vie du groupe avant et pendant le tournoi. Mais surtout que la France ait perdu cette "solidité défensive" qui l'avait rendue indestructible lors du sacre mondial en Russie en 2018. "On a gardé notre efficacité offensive, mais il faut aussi être capables de garder cet équilibre entre l'animation avec le ballon et basculer quand on le perd, a-t-il souligné. Après, je sais que lorsque le résultat n'est pas au rendez-vous, des choses futiles prennent une dimension disproportionnée."
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Karim n'y est pour rien
A commencer par le retour de Karim Benzema chez les Bleus. Si l'attaquant du Real a signé un tournoi abouti, sa présence a amené Deschamps à modifier son animation offensive. "Karim n'y est pour rien, a-t-il insisté. Tout ce qu'il devait faire, il l'a très bien fait. Après, j'ai été amené à modifier l'équipe pour différentes raisons. Je sais que ce n'est pas l'idéal. Malgré tout, on était à 3-1 à la 80e (contre la Suisse, NDLR) et là, ce qui avait fait notre force jusqu'ici nous a fait défaut. J'aurais pu faire les choses différemment. Oui ! Mais on était à 3-1 à la 80e !"

La joie de Karim Benzema et Antoine Griezmann face à la Suisse

Crédit: Getty Images

Cette dernière phrase, Deschamps l'a répété à maintes reprises durant l'entretien. Le sélectionneur des Bleus semble encore regretter cet incroyable scénario, même s'il s'en défend. "Le plus dur à digérer - et je l'ai digéré aujourd'hui - c'est de savoir ce qu'on est capables de faire et de constater ce qu'on a fait, a-t-il expliqué. Et, je vais le répéter, d'être à 3-1 à la 80e minute contre la Suisse et de voir ce qui s'est passé après, insiste le sélectionneur. Cela ne devait pas nous arriver au vu de la force qui était la nôtre et la solidité qui a toujours été notre ADN."

Pas la capacité de dire : "Stop ! On ferme"

C'est bien son grand regret. Et Deschamps en a rediscuté avec Paul Pogba, nerveux et qui semblait en désaccord avec le sélectionneur sur la gestion de ce break d'avance face à la Suisse. "Ce n'est pas que je n'étais pas d'accord, a-t-il corrigé. J'en ai reparlé avec lui encore pendant ses vacances. C'est juste que Paul est un compétiteur. Entre le fait de vouloir jouer, ou de moins jouer, ou de penser à plus défendre ou à moins défendre, on n'a pas eu cette capacité à ce moment-là de dire : 'Stop ! On ferme'." Les Bleus n'ont pas su le faire, et DD y voit la cause majeure de l'échec des Bleus à l'Euro. Il l'a assuré, il en a tiré une bonne leçon. "À l'arrivée, il vaut peut-être mieux être un peu moins brillants, mais plus solides."
Beaucoup plus que la polémique des penaltys, frappés avec succès par Griezmann en Russie. "Trois joueurs qui peuvent tirer un penalty, c'est comme ça partout, en club aussi, a-t-il rappelé. Sur celui qu’il (Benzema, NDLR) a tiré (face au Portugal, NDLR), il a pris la responsabilité. Mais il n'y a pas de souci." Deschamps a confirmé que Griezmann était initialement prévu pour le frapper, tout en soulignant qu'"il ne les tire plus depuis longtemps en club". "On n'est pas à l'école, il faut varier et c'est à eux de décider", a-t-il conclu sur ce sujet.

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Giroud "n'avait pas à dire ça" après la Bulgarie

L'autre grande polémique a concerné Kylian Mbappé et Olivier Giroud, qui s'était plaint de ne pas recevoir assez de ballons lors du match de préparation face à la Bulgarie. "Ça, il le sait, je le lui ai dit : il n'avait pas à dire ça, c'est une certitude, a reconnu Deschamps. Cela a généré de petites tensions sur deux, trois jours mais c'était lors de la préparation."
De là à être l'une des causes de l'échec des Bleus, il y a un pas que le sélectionneur ne franchit pas. "On dit ça maintenant parce qu'il n'y a pas le résultat, a-t-il dit. Mais je vous reprends l'exemple de 2018. Tout le monde rigole aujourd'hui de l'histoire de la sortie nocturne (avec Adil Rami, NDLR). Mais vous savez très bien que si on ne bat pas l'Uruguay (en quarts de finale), on n'est pas loin de ce qui s'est passé en 2010."

Olivier Giroud (France) face à la Bulgarie

Crédit: Getty Images

"Je ne veux pas continuer pour continuer"

La désillusion de l'Euro est désormais de l'histoire ancienne. Les Bleus sont tournés vers leur prochain objectif, la Coupe du monde au Qatar. Avec Deschamps, maintenu à son poste de sélectionneur après une discussion avec Noël le Graët, le président de la FFF, le 7 juillet dernier en Bretagne. "Je ne veux pas continuer pour continuer, a lancé Deschamps. Là, tout était possible, et c'était l'objet de cette discussion, lui donner mon ressenti. Je veux continuer parce que mon envie et ma détermination sont intactes, parce que je connais bien ce groupe et que je suis convaincu qu'il peut faire de belles choses."

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