"Il n’y a pas de plan anti-Ronaldo. Bien sûr qu’il est important mais il y a tant de joueurs à surveiller dans cette équipe du Portugal. Il faudra défendre en équipe". Roberto Martinez a donné le ton vendredi en conférence de presse, suivi par son fidèle soldat Toby Alderweireld, l’ancien défenseur de l’Atletico Madrid, sans doute titulaire dimanche : "Il faudra le stopper collectivement. C’est l’un des meilleurs joueurs de la planète mais il faudra faire attention de ne pas penser qu’à lui". Conscient du défi qu’il doit relever, le vieux briscard de la sélection noir-jaune-rouge sait que le secteur dans lequel il opère n’a pas rassuré durant les trois matches de poules.
Bon nombre d’observateurs n’ont pas manqué de souligner la terrible première période face au Danemark de la défense belge et ce but encaissé sur une relance catastrophique de Jason Denayer. Cette dernière ayant entraîné quarante-cinq minutes de folie au Parken Stadium, à Copenhague où le trio arrière s’était retrouvé étouffé par le pressing des Danois. De ces trois quarts d’heure empreints de faiblesses abyssales sont ressorties de légitimes craintes : Jan Verthongen, qui le concédait à demi-mots aux médias il y a quelques semaines, n’a plus ses jambes de vingt ans et même si la Belgique peut compter sur le courage du Belge le plus capé de sa sélection (129 caps), il faudra trouver une solution collective pour contrer CR7 et ce Portugal sans pitié.

Kane, Pavard et Fernandes... Le onze des flops de la phase de groupes

Euro 2020
"Quand 90-95% de ton pays a des doutes..." : Mings a souffert psychologiquement avant l'Euro
02/08/2021 À 13:49
Couper les transitions
Mais comment doit-on procéder pour éviter le drame ? Guillaume Gauthier, journaliste et analyste pour l’hebdomadaire belge Sport-Foot Magazine nous offre quelques clés d’analyses : "L’essentiel va être de réussir à couper les transitions qui arrivent jusqu’à Ronaldo, parce qu’on défend pas mal notre surface depuis le début du tournoi mais c’est quand même un autre niveau que les attaquants qu’on a rencontrés jusqu’à maintenant. Et là où Ronaldo a été totalement dangereux pour le moment, ce sont par des transitions". Une analyse qui corrobore les propos tenus par Thibaut Courtois devant les médias : "Pour arrêter Ronaldo, il faudra empêcher que le ballon ne vienne jusqu’à lui".
Sauf surprise de dernière minute, il semble acquis que Roberto Martinez ne se passera pas de Toby Alderweireld et Jan Vertonghen contre le Portugal, mais qui faut-il titulariser dans l’axe de ce trio pour contrer l’efficacité, la vitesse et le jeu aérien de l’attaquant lusitanien ? Deux profils semblent tenir la corde, dont un a la préférence des observateurs, Thomas Vermaelen. Marc Degryse, ancien Diable Rouge de l'époque des Coupes du Monde 90 et 94 s’est exprimé dans Het Laatste Nieuws à ce sujet : "Vermaelen a beaucoup d'expérience, est fort de la tête et a joué contre des attaquants de classe mondiale pour le FC Barcelone, Arsenal et l'AS Rome. Une expérience qu'il pourra mettre à profit contre le phénomène Ronaldo". Ce à quoi rétorque Guillaume Gauthier "Je ne pense pas que ce fait aura une influence, le choix ne sera certainement pas fait en faisant abstraction des qualités de Ronaldo mais je ne crois pas que ce côté expérience jouera là-dedans".

Ronaldo

Crédit: Getty Images

La solution Vermaelen

Ce dernier va même plus loin et nous explique pourquoi il donnerait aussi sa préférence à l’ancien roc d’Arsenal : "Thomas Vermaelen n’est pas spécialement plus lent que Boyata et cela peut-être utile à la course. De plus, il possède un excellent sens de l’anticipation et gagne énormément de duels aériens. Selon moi, un Thomas Vermaelen à 100 % reste largement notre meilleur défenseur que ce soit à la place de Jan Vertonghen (à gauche) ou dans l’axe. Lorsqu’il est prêt, il doit jouer les grands matches parce qu’il augmente nos chances de le gagner". Mais ce n’est pas tout, le natif de Kapellen possède un avantage particulier sur ses concurrents directs, comme l’explique Guillaume Gauthier : "On a l’avantage qu’il sache défendre en largeur ou en faisant ‘l’ascenseur’, c’est à dire, soit en suivant un décrochage d’attaquant ou en observant ce qu’il se passe dans son dos, alors que Jason Denayer et Dedrick Boyata ont plus de difficultés à défendre sur leur largeur".
La défense semble se dessiner. Reste alors à trouver des solutions collectives pour stopper le co-recordman de buts en sélections avec 109 roses plantées depuis le début de sa carrière internationale: "Ronaldo représente plus une menace de finition qu’une menace de jeu, il ne faut pas spécialement s’adapter par rapport à lui mais ce qu’il faut éviter, c’est qu’il puisse avoir le ballon dans notre surface. D’où le fait que Roberto Martinez va peut-être remettre en place une défense qui joue à 4 derrière (comme en quart de finale du Mondial 2018 face au Brésil) et le joueur opérant sur le couloir gauche de la médiane - que ce soit Thorgan Hazard, Nacer Chadli ou Yannick Carrasco - entrera dans l’axe pour fermer les espaces en perte de balle puisque les Portugais ne font pas tellement de différences sur les côtés, et surtout pas sur leur côté droit. La plupart des offensives étant dessinées à gauche parce que Nelson Semedo n’a pas spécialement été dangereux".

"Comme Henry, Lukaku est obsédé par la performance" : analyse d’une bromance

La bataille du milieu

On sait le sélectionneur Roberto Martinez pointilleux sur ses fondamentaux, il l’a encore confirmé en conférence de presse : "Nous ne pouvons changer ce que nous sommes. Nous une avons une équipe construite pour attaquer et marquer des buts", un propos qui nous offre une nouvelle clé de réussite face à la Seleçao : Ne pas dénaturer le jeu offensif des Diables Rouges, ce que nous décortique Guillaume Gauthier. "En possession de balle, on repartirait sur le système normal avec la liberté qu’un Kevin De Bruyne a pour le moment et qui peut être à la fois à la finition et/ou à l’organisation, il est un peu libre de se promener où il veut pour le moment…"
Enfin, la Belgique aura certainement besoin de renforcer son milieu de terrain face aux solides infiltrations de Renato Sanches qu’il faudra contenir. Le créateur du LOSC fût auteur d’une prestation cinq étoiles face aux Bleus de Didier Deschamps, mettant à la fois Ngolo Kanté et Paul Pogba à l’amende en première période : "Il leur résistaient sur les prises de balle, à partir du moment où lui parvient à te désorganiser, cela peut profiter à Cristiano Ronaldo dans un second temps. En termes de jeu, il représente sans doute la menace principale et là, c’est aussi un avantage de jouer avec un troisième milieu en perte de balle sans pour autant jouer avec une défense à quatre continuellement : Pour faire mal au Portugal, le fait d’attaquer à trois avec des joueurs dans les couloirs - si c’est bien fait et on a vu que l’Allemagne l’avait bien fait - ça leur fait très mal…" Les Diables Rouges sont prévenus, le destin s’écrira ce dimanche à partir de 21 heures sous la chaleur plombante de l’Estadio La Cartuja de Séville.
Euro 2020
La FA ouvre une enquête indépendante après les débordements à Wembley
19/07/2021 À 13:44
Euro 2020
Victime de racisme, Saka cible les réseaux sociaux contre la haine en ligne
15/07/2021 À 17:41