De cet Euro 2016, il ne reste plus que quelques images, souvenirs impérissables pour les uns, crispants pour les autres. Plus grand-monde ne se souvient de ce match un peu fou du premier tour, où le Portugal s'en était remis à un doublé de Cristiano Ronaldo pour arracher le nul contre la Hongrie (3-3). Et poursuivre son chemin vers le premier titre de son histoire.
Cinq ans plus tard, la Seleção das Quinas a changé de statut. Pas son "Capitão". À 36 ans, CR7 est toujours le leader omnipotent d'un groupe qui n'a pourtant jamais semblé aussi fourni en qualité. Qu'importe, donc, si ses déplacements ne sont plus les mêmes, si sa palette technique n'est plus aussi étoffée, si son armoire à trophées ne se remplit plus aussi vite.
Euro 2020
"C'est injuste, mais c'est le football"
27/06/2021 À 22:20
En sélection comme en club, Ronaldo a un peu ralenti le rythme. Son rendement est toujours celui d'un très grand buteur, lui permettant d'envisager battre le record d'Ali Daei à court ou moyen terme. Mais il n'est plus tout à fait celui de la machine à buts qu'il fut durant plus d'une décennie pour dépasser les 770 buts en carrière (104 en sélection). De quoi le perturber ? Pas le moins du monde. "Ronaldo est toujours très tranquille, confiait récemment Fernando Santos. Si le meilleur joueur du monde n'était pas tranquille, ce serait un peu compliqué."

Ronaldo, une référence parmi d'autres références

Car oui, le sélectionneur portugais ne s'embarrasse pas avec ce type de vocabulaire. Ronaldo est toujours "le meilleur joueur du monde". Il le restera jusqu'à son tout dernier match. Et peut-être même après. Il y a évidemment matière à parlementer sur le sujet (qui n'est de toute façon pas le nôtre ici). Ce qui est certain, c'est que l'écart entre Ronaldo et ses compagnons de route n'a jamais été aussi réduit. Là, il n'y a pas de débat.
Le quintuple Ballon d'Or est toujours une référence parmi les grands buteurs ? Bruno Fernandes en est également une parmi les meneurs de jeu. Tout comme Ruben Dias parmi les défenseurs. João Cancelo - finalement forfait pour la compétition après avoir été testé positif à la Covid-19 - chez les latéraux. Ou João Felix et Nuno Mendes en ce qui concerne les grands potentiels.

"Le Portugal était une équipe solide en 2016 ? Aujourd'hui, je la trouve encore plus solide"

C'est tout ce qui a changé en cinq ans. Le Portugal ne pouvait se passer de son héros, même s'il devait se muer en entraîneur adjoint en finale d'un Euro ? Il dispose aujourd'hui d'une génération particulièrement riche et talentueuse. Et, surtout, suffisamment mature pour s'émanciper. Elle l'avait démontré à l'automne dernier, lorsque CR7 avait dû s'absenter pour deux rencontres, d'abord à cause d'une petite infection au pied droit, ensuite en raison d'un test PCR positif. Sur le terrain aussi, le test fut positif.
L'important est le résultat et le reste n'est que bavardage
La sélection lusitanienne avait écrasé la Suède (3-0), un mois après avoir pulvérisé la Croatie (4-1) au terme d'un récital. Collectivement et techniquement, cette prestation demeure la plus aboutie de la Seleção das Quinas depuis le sacre européen. Le quatuor offensif composé de Bruno Fernandes, Bernardo Silva, Diogo Jota et João Félix avait fait des merveilles. Et trouvé une osmose impossible à reproduire avec CR7.
"Je pense qu'aucune équipe ne peut être meilleure quand le meilleur joueur du monde n'est pas là, rappelait tout de même Fernando Santos après cette démonstration. Mais je pense aussi que cette équipe continue à être une grande équipe quand elle ne peut pas compter sur Ronaldo, avec une capacité à lutter pour la victoire à chaque match." Tant pis pour les esthètes. Et tant pis pour cette sélection ?

"Quand Ronaldo demande la balle, Ronaldo reçoit automatiquement la balle"

À force de vivre au rythme de son quintuple Ballon d'Or, l'équipe portugaise est devenue à son image : "Comme on dit, l'important est le résultat et le reste n'est que bavardage, a lâché Cristiano Ronaldo avant de retrouver la Hongrie, ce mardi (18h00) pour l'entrée en lice du tenant du titre. On va essayer de concilier le résultat et la manière. Mais si ça ne marche pas, je signe pour simplement jouer et gagner."

Le Portugal vise haut avant de viser loin

La méthode fut la bonne il y a cinq ans. Pas sûr qu'elle le soit encore cette année. "Je vois une équipe plus jeune, avec un potentiel énorme, mais seule la compétition nous dira si nous sommes meilleurs ou moins bon qu'en 2016, a renchéri CR7. À titre personnel, je ne suis évidemment pas le même joueur que j'étais il y a 18, 10 ou 5 ans. Mais l'intelligence d'un joueur consiste à savoir s'adapter à une réalité différente, à un jeu qui a changé."
Les dernières sorties de la Seleção ont pourtant démontré que c'était encore le groupe qui s'adaptait à son leader. Et non l'inverse. Avec Ronaldo, Fernando Santos et le Portugal ne cherchent pas à voir plus loin. Et personne ne leur reprochera s'ils parviennent à enquiller un deuxième sacre continental consécutif.
La proximité de la prochaine Coupe du monde avec cet Euro offre pourtant une occasion unique de bâtir en déplaçant le centre de gravité autour de joueurs proches du pic de leur carrière : Ruben Dias (24 ans), Ruben Neves (24 ans), Renato Sanches (23 ans), Bruno Fernandes (26 ans), Bernardo Silva (26 ans) ou encore André Silva (25 ans). Seul le résultat compte mais construire autour de ceux-là est peut-être la meilleure manière de l'obtenir.

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