C'est un duel qui s'annonce savoureux. Une bataille placée sous le signe de l'offensive. Mardi à Wembley, l'Italie et l'Espagne ouvriront le bal des demi-finales de l'Euro 2020, un tournoi où les deux sélections brillent aussi dans les statistiques. C'est un match qui opposera les deux meilleures attaques du tournoi (12 buts pour l'Espagne, 11 pour l'Italie, à égalité avec le Danemark). Et les deux formations qui ont adressé le plus de frappes sur le but adverse jusqu'ici (101 pour l'Italie, 95 pour l'Espagne). Mais si ces deux nations sont si performantes devant, c'est surtout une conséquence. Celle de leur domination dans l'entrejeu.
S'il y a une bataille qui s'annonce déterminante à Londres, c'est bien celle du milieu. Il y aura deux sacrés trios sur la pelouse avec Jorginho, Marco Verratti et Nicolo Barella du côté transalpin, et Sergio Busquets, Pedri et Koke dans le camp espagnol. Deux triplettes qui garantissent la possession à des équipes ultra-performantes dans ce domaine sur cet Euro 2020 (l'Italie est 3e avec 55,8%, l'Espagne 1re avec 67,2%). Cela promet une guerre de tous les instants pour avoir le ballon à Wembley. Car ces deux équipes savent aussi l'utiliser.
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Jorginho-Verratti ? "On a deux phénomènes"

La loi du milieu, c'est l'une des marques de fabrique de l'Italie de Roberto Mancini. Même quand Verratti, remplacé brillamment par Manuel Locatelli, a fait défaut en début de tournoi. L'entrejeu de la Nazionale impose systématiquement un rythme infernal à ses adversaires, que ce soit dans sa capacité à faire circuler le ballon avec vitesse et précision, ou dans l'intensité maximale qu'il met dans le pressing. Les Transalpins étouffent littéralement leurs opposants dans ce secteur du jeu, ce qui bonifie à la fois leur défense et leur attaque.
Il y a déjà le talent pour expliquer le phénomène. Jorginho et Verratti ne font pas seulement partie des meilleurs joueurs au monde pour lire le jeu adverse et anticiper les trajectoires de passe à la récupération. Ils ont aussi une qualité exceptionnelle dans l'exploitation des espaces réduits pour conserver le ballon et élaborer les phases offensives. "Jorginho fait rarement une erreur, il choisit toujours la bonne solution, s'exclamait un Barella admiratif dimanche face à la presse. Avec Verratti, on a deux phénomènes pour faire tourner l'équipe."

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Le milieu de l'Inter tient lui aussi un rôle majeur. Non seulement parce qu'il a lui aussi le talent. Mais surtout parce qu'il apporte un profil différent qui offre à l'entrejeu italien toute sa complémentarité. Son volume de jeu et ses projections vers l'avant donnent un impact encore supérieur à l'Italie dans la récupération comme dans l'animation offensive. Et la qualité du milieu de l'Italie ne s'arrête pas aux titulaires. En sortie de banc, des joueurs comme Locatelli ou Matteo Pessina ont montré depuis le début du tournoi leur capacité à maintenir, au minimum, le niveau de l'entrejeu transalpin.

La révolution Pedri

De toutes les nations du tournoi, l'Espagne est bien la seule à vraiment pouvoir rivaliser avec l'Italie au milieu. Elle a elle aussi un trio qui lui donne la mainmise sur le contrôle du ballon et lui permet de dominer ses adversaires. Avec des profils complémentaires pour tirer le meilleur de chacun de ses éléments. Sergio Busquets est parfaitement entouré pour réguler le rythme de la Roja. Parce que Koke n'a plus à venir systématiquement couvrir le couloir droit depuis que Cesar Azpilicueta a remplacé Marcos Llorente sur ce côté de la défense. Le milieu de l'Atlético peut désormais jouer pleinement sa partition de box-to-box.

Pedri mis en orbite par Busquets, ou le doux souvenir d'Iniesta

Mais la vraie plus-value dans l'entrejeu espagnol, c'est bien Pedri. Le jeune Barcelonais de 18 ans a une activité débordante comme en témoignent ses 61,5 kilomètres parcourus depuis le début du tournoi, un record. Mais c'est surtout par sa capacité à trouver les bonnes passes dans le tiers du terrain adverse qu'il a transformé un jeu ibérique trop souvent latéral jusque-là. C'est encore plus net depuis que Busquets est revenu dans le onze espagnol après avoir manqué les deux premiers matches. Les circuits préférentiels du Barça réapparaissent, avec la présence toujours précieuse de Jordi Alba pour animer le côté gauche.
Traditionnellement, l'Espagne a toujours été ultra-performante dans la conservation du ballon. Mais ça en devenait caricatural. Elle a gardé cette qualité si précieuse pour sortir du pressing adverse et installer une domination. Mais il lui fallait un homme pour lui permettre de changer de rythme. C'est tout ce que lui apporte Pedri dans ses déplacements entre les lignes et sa justesse de jeu. C'est en cela que le Barcelonais a révolutionné le collectif de la Roja. Et offert à la formation de Luis Enrique la perspective de viser loin dans le tournoi. Mais pour cela, il faudra d'abord rivaliser avec l'entrejeu italien. C'est bien la bataille à remporter pour gagner la guerre.

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