Kalvin Phillips

Angleterre - Leeds United
25 ans
Milieu de terrain
Son histoire : Dingue. Il y a trois ans, Kalvin Phillips était encore un honnête joueur de Championship, se battant avec envie pour son club de toujours, Leeds. Un milieu de terrain "box to box" comme les adore les Anglais, plein d’intensité, de courses et de finition dans la boîte. Mais rien ne le prédestinait à être le chouchou de Wembley lors du premier match des Three Lions dimanche. Et puis, il a rencontré Marcelo Bielsa. Fondateur, forcément. L’Argentin en fait un "projet personnel", comme l’expliquait une source à The Athletic.
Euro 2020
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HIER À 13:49
Repositionné sentinelle, Phillips muscle son jeu, autant à terre que dans les airs, et progresse sur le plan défensif, confirmant son abattage impressionnant. Mais c’est surtout sa qualité de relance qui fait de lui la pierre angulaire du jeu des Peacocks : souvent intercalé entre les deux centraux, le "Pirlo du Yorkshire", surnom donné par ses supporters, régale de son jeu long précieux.
Sa progression aurait pu s’arrêter là mais Gareth Southgate a eu l’œil : embêté par les profils trop défensifs de certains (Dier, Henderson) ou trop offensifs d’autres (Alli, Grealish), le sélectionneur anglais flashe sur ce relayeur des temps modernes. En sélection, c’est donc un trio inattendu que Phillips forme avec Declan Rice et Mason Mount. Son explosivité a permis à Sterling d’ouvrir le score tandis que son activité folle a mis l’Angleterre à ses pieds. Logique et franchement emballant.
La stat qui nous a marqués : On aurait pu mentionner sa passe décisive, pleine d’abnégation. Mais Phillips a été l'Anglais qui a récupéré le plus de ballons (7), réalisé le plus de duels (12), et réussi le plus de dribbles (2). Le tout en a affichant 94% de passes réussies au compteur. Vous avez dit hyperactif et polyvalent ?
Pourquoi il peut être la révélation de l’Euro : Parce qu’il est le chaînon manquant d’une Angleterre enfin cohérente au milieu de terrain. Charismatique, explosif, volontaire et rafraîchissant, il a tout du cocktail surprise de cet Euro. Et parce qu’il prouve encore une fois que croiser la route de Bielsa, ce n’est jamais anodin pour un joueur, aussi banal puisse-t-il être au début de leur relation…

Kalvin Phillips

Crédit: Getty Images

Leonardo Spinazzola

Italie - AS Roma
28 ans
Latéral gauche
Son histoire : Celle que connaissent beaucoup trop de joueurs, baladés de prêt en prêt au gré des envies de la puissante équipe qui les possède. Leonardo Spinazzola a longtemps appartenu à la grande Juventus. Trop longtemps. De 2012 à 2019, la Vieille Dame le prête aux quatre coins de la Botte : Empoli, Sienne, Atalanta, Vincenza, Pérouse et de nouveau l’Atalanta. Partout, Spinazzola passe inaperçu. Mais son dernier passage à la Dea va le révéler à la face du monde : Gian Piero Gasperini le voit comme un incontournable et le latéral, formé milieu comme son modèle Gianluca Zambrotta, connaît enfin la stabilité.
Transféré en 2019 à l'AS Roma dans le cadre d’un échange avec Luca Pellegrini, le droitier s’affirme comme l’un des pions essentiels des Giallorossi jusqu’à cette saison 2020-2021 où son sens du dribble et sa vitesse en font un des latéraux les plus en vue de Serie A. Titulaire intermittent avec la Squadra Azzura depuis mars 2019, il est devenu la référence du poste depuis 2020, depuis que son corps le laisse en paix. Depuis son récital face à la Turquie en match d’ouverture (3-0), plus personne n'imagine un autre que lui au poste.
La stat qui nous a marqués : 83 ballons touchés. Derrière le régulateur Barella et le patron Chiellini, il est celui qui a été le plus recherché par ses partenaires face aux Turcs. Déchaîné et entreprenant (5 dribbles tentés, 2 frappes cadrées), il aura fait vivre un calvaire à Celik tout au long de la rencontre.
Pourquoi il peut être la révélation de l’Euro : Parce que la dernière fois qu’on a vu un latéral gauche italien se sublimer sur une grande compétition, on se souvient de ce que cela avait donné (non, on ne rappellera pas le but décisif en demie puis l’ultime tir au but de Fabio Grosso en 2006). Protégé et guidé par une charnière pleine d’expérience, servi par des milieux précis et complètement libéré sur son flanc gauche quand Lorenzo Insigne repique, il a tout pour enfin confirmer son gros potentiel.

Leonardo Spinazzola

Crédit: Getty Images

Denzel Dumfries

Pays-Bas - PSV Eindhoven
25 ans
Latéral droit
Son histoire : Vous avez aimé la délicatesse de l'Ajax et les pieds soyeux de De Jong, De Ligt ou van de Beek ? Et bien… ça n’a rien à voir. Dumfries est un bolide impressionnant, plus à l’aise dans la percussion et la prise d’espace que dans le petit jeu. Pas maladroit techniquement mais parfois limite défensivement, le joueur du PSV a trouvé dans le schéma de jeu des Oranje le poste qui lui sied le mieux : piston droit.
Rapide, athlétique, entreprenant, avec le goût du duel, Dumfries a été très offensif face à l’Ukraine, au point de s’offrir le but de la victoire au bout du suspense, d’une tête aussi parfaite que salvatrice. Transféré au PSV en 2018, il est cité depuis quelque temps déjà du côté de l'Angleterre, où son profil plaît. A moins que le Bayern Munich, désormais en pole dans le dossier, n’en décide autrement. Son Euro peut marquer un tournant.
La stat qui nous a marqués : 3 tirs tentés, 6 dribbles, 4 duels aériens gagnés : sa feuille de match a été XXL.
Pourquoi il peut être la révélation de l’Euro : Parce qu’il possède un profil physique qui colle aux exigences du foot moderne. A un poste où aucune référence européenne ne semble émerger en l'absence de Trent Alexander-Arnold ou Dani Carvajal (autre que Joshua Kimmich, milieu de formation), il a une carte à jouer dans un système qui va le mettre en valeur au sein d’une équipe joueuse.

Denzel Dumfries

Crédit: Getty Images

Roman Yaremchuk

Ukraine - La Gantoise
25 ans
Attaquant
Son histoire : Celle d’un exil couronné de succès. En 2017, après avoir fait toutes ses classes dans la grande école du Dynamo Kiev, Roman Yaremchuk a quitté son Ukraine natale et s’est envolé pour la Belgique. À La Gantoise, l’un des clubs phares du championnat local, l’avant-centre au profil athlétique (1,91m) n’a pas tardé à s’imposer comme une solution plus que crédible sur le front de l’attaque.
Son adaptation express et ses performances probantes n’ont pas échappé à Andrei Shevchenko, qui le convoque systématiquement depuis trois ans. Si la Zbirna a concédé une défaite frustrante contre les Pays-Bas lors de son premier match (3-2), l’attaquant de 25 ans s’est fait remarquer par la qualité de ses remises. Danger permanent pour la défense néerlandaise, il s’est d’ailleurs illustré en égalisant d’une belle tête.
La stat qui nous a marqués : 82,9%. C’est le taux de passes réussies par Yaremchuk face aux Pays-Bas. Une stat qui illustre on ne peut mieux la précision dont le natif de Lviv fait preuve balle au pied.
Pourquoi il peut être la révélation de l’Euro : Parce que les deux prochains adversaires de l’Ukraine, la Macédoine du Nord et l’Autriche, pourraient lui permettre de se montrer encore plus à son avantage. Déjà désireux de quitter Gand il y a quelque temps, Yaremchuk sait pertinemment qu’un Euro probant lui donnera, à coup sûr sans doute, accès à un club de calibre supérieur.

Roman Yaremchuk (Ukraine)

Crédit: Getty Images

Róbert Mak

Slovaquie – Ferencváros
30 ans
Ailier gauche
Son histoire : Plus âgé que les joueurs ici présentés, Róbert Mak a un CV bien rempli. De l’Allemagne à la Turquie, en passant par la Grèce et la Russie, l’ailier slovaque a beaucoup bourlingué, sans vraiment se poser. Ce qui explique pourquoi il est passé, jusqu’ici, sous les radars de nombreux observateurs. Les plus attentifs d’entre eux l’auront toutefois aperçu en Ligue des champions cette saison, sous le maillot du club hongrois de Ferencváros.
Malgré toutes ses pérégrinations, le joueur passé par les équipes de jeunes de Manchester City est resté une valeur sûre de sa sélection. Convoqué pour participer à son deuxième Euro après celui de 2016, il s’est distingué lundi, face à la Pologne (1-2), en étant directement impliqué sur les deux buts des siens.
La stat qui nous a marqués : 11, comme le nombre de touches de balle de Mak sur son exploit personnel : petites touches pour garder la gonfle entre les pieds, petit pont infligé à Bartosz Bereszyński sur le côté gauche de la surface et la frappe à ras de terre qui, après avoir heurté le poteau puis Wojciech Szczęsny, a terminé au fond des filets. Un numéro de soliste de toute beauté.
Pourquoi il peut être la révélation de l’Euro : Considérée comme vieillissante, la Slovaquie est arrivée sur la pointe des pieds. Mais elle semble avoir l’intention de jouer crânement sa chance, dans un groupe où figurent aussi l’Espagne et la Suède. Une bonne nouvelle pour le vif et technique trentenaire qui, s’il ne sera à l’évidence pas le "meilleur espoir" de la compétition, peut bien en être l’un des animateurs inattendus.
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