"Je dois me pincer, je n'y crois pas encore". Robin Gosens avait encore la tête dans les étoiles au moment de s'exprimer devant les micros samedi dernier. Il venait de faire exploser quasiment à lui tout seul la défense pourtant réputée solide du Portugal à Munich (4-2). Auteur d'un but, impliqué sur les trois autres, le "piston" gauche allemand avait largement mérité sa distinction d'homme du match. Elle est venue, aussi, symboliser tout le bien qu'il fait au collectif de la Mannschaft depuis qu'il a intégré la sélection de Joachim Löw.
Le boss de l'équipe d'Allemagne n'a pas minimisé l'impact du joueur de l'Atalanta, qui a fait ses débuts sous le maillot national en septembre dernier. "Nous l'avions repéré il y a quelques années et il a réussi à s'adapter et à s'intégrer très rapidement dans l'équipe, soulignait le sélectionneur allemand samedi. Il est très ouvert d'esprit, actif dans sa communication. Il a une bonne relation avec tous les joueurs. Il est très clair dans sa tête. Il est comme il joue sur le terrain : très strict, direct, il s'engage beaucoup. C'est comme ça qu'il se bat."
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21/06/2021 À 15:30

Une carrière atypique

Il se bat, oui. Mais surtout, il est bon. Avec l'Allemagne, Gosens arpente son couloir gauche comme il le fait si bien avec l'Atalanta Bergame depuis deux saisons. Un énorme volume de jeu, d'incessantes projections vers l'avant, des percussions déterminantes, une activité débordante au pressing, des gestes décisifs en attaque : il a donné une autre dimension à l'animation offensive allemande sans négliger son travail défensif pour autant. Cela ne s'était pas forcément vu face à la France (0-1). Mais c'était criant face à un Portugal incapable de trouver la solution pour l'arrêter.

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Gosens a tout de l'atout fraîcheur. Sa carrière atypique va dans ce sens. Né d'un père néerlandais et d'une mère allemande, il a d'abord pris le foot comme un loisir et se dirigeait plutôt vers une carrière de… policier. Le natif d'Emmerich am Rhein a quand même tenté sa chance dans le milieu du ballon rond mais son début de parcours franchement discret au Pays-Bas, entre Dordecht et Almelo ne laissait pas présager un tel envol. D'abord doublure de Leonardo Spinazzola, où il est arrivé pour 900 000 euros en 2017, il a pris une toute autre dimension depuis le départ de l'Italien à la Roma.

Le PSG l'a déjà à l'œil…

Gosens en a profité pour se faire définitivement un nom en Serie A. Auteur de 20 buts et 14 passes décisives ces deux dernières saisons dans le championnat italien, il a aussi été l'un des maillons forts de la Dea en Ligue des champions. Le joueur de 26 ans n'était déjà plus un inconnu pour les recruteurs. Mais ses performances à l'Euro et sa prestation éblouissante face au Portugal l'ont bombardé dans le viseur des clubs de premier plan. Dès le lendemain, il était déjà annoncé au Paris Saint-Germain et au FC Barcelone.

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Paris a toutes les raisons de s'intéresser à son cas. Le club de la capitale a affiché des limites sur les flancs de sa défense la saison passée. Pour le côté droit, il a d'ores et déjà bien avancé sur la piste menant à Achraf Hakimi (Inter Milan). L'urgence peut paraître moindre à gauche avec le retour de blessure de Juan Bernat, qui a manqué la quasi-totalité de l'exercice précédent. Mais Gosens a non seulement le profil technique mais aussi la force de caractère pour apporter une plus-value au PSG à ce poste. Même si, comme Hakimi, il semble plus à l'aise dans un système à trois défenseurs centraux.

… le Barça aussi

De ce point de vue, ce n'est pas surprenant de le retrouver dans le viseur du Barça. La formation de Ronald Koeman, confirmé à son poste d'entraîneur de la formation catalane pour la saison à venir, s'est montrée plus compétitive quand elle est passée en 3-4-3. Mais Jordi Alba reste le titulaire incontestable en latéral gauche. Et si Junior Firpo est annoncé sur le départ, c'est difficile d'envisager que Gosens vienne remplacer l'Espagnol en tant que doublure d'Alba. Il aspire à un statut plus important que Paris serait davantage en mesure de lui offrir.
Bild évoquait également un intérêt de l'AC Milan pour l'international allemand, probablement en cas de départ du Français Théo Hernandez. En Allemagne, le Borussia Dortmund, grand rival de Schalke 04, le club préféré de Gosens, a été cité. Mais d'autres clubs des quatre coins de l'Europe devraient venir gonfler la liste des prétendants à la révélation de la Mannschaft. Surtout s'il continue de crever l'écran comme il l'a fait face au Portugal. Le rendez-vous de mercredi avec la Hongrie lui donnera cette opportunité.

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