Cette Espagne-là a quelque chose… Impressionnante ? Non. Agréable à voir jouer ? Pas beaucoup plus. Qui maîtrise son sujet ? Pas le moins du monde. Mais pourtant, la Roja vient de se qualifier en demi-finale d'une grande compétition, pour la première fois depuis presque 10 ans. Face à la Suisse, l'Espagne a de nouveau eu droit à un scénario haletant pour venir à bout de solides et vaillants Helvètes (1-1, 3 tab à 1). "Un moment d'euphorie", pour le gardien Unai Simon, héros du soir.

Sommer a pourtant longtemps écoeuré les Espagnols

Et la délivrance est venue au bout d'une nouvelle prolongation, cinq jours après avoir déjà mis les Croates à terre en 120 minutes. Cette fois-ci, les hommes de Luis Enrique ont eu besoin de la séance de tirs au but pour se défaire des Suisses. Mais pas de quoi inquiéter le sélectionneur espagnol : "J'ai vécu la séance la plus calme de ma vie car tout a été travaillé et ne pouvait pas être mieux fait". Résultats, trois tirs au but marqués sur cinq, trois manqués de l'autre côté, et un billet validé pour le dernier carré, grâce notamment à un grand gardien : Unai Simon.
Qualif. Coupe du monde
Pas de but mais un 36e match sans défaite : l'Italie en mode record
05/09/2021 À 20:40
Le portier de 24 ans a repoussé deux tentatives des joueurs suisses lors de la séance, et a su emmener ses coéquipiers vers la victoire, quelques jours après sa boulette monstrueuse, qui aurait pu lui rester à l'esprit. Mais malgré sa belle performance, ce n'est pas lui qui aura le plus brillé dans les buts. Auteur de dix arrêts, le dernier rempart de la Nati Yann Sommer a en effet longtemps écoeuré les attaquants de la Roja. "J'aurais donné le trophée de MVP à Sommer", a d'ailleurs reconnu le portier de l'Athletic Bilbao après la rencontre.

La joie d'Unai Simon face à la Suisse

Crédit: Getty Images

Le football est juste. Nous méritons clairement la victoire
Car les tombeurs de l'équipe de France ont bien failli refaire le coup de lundi soir. Menés au score, les partenaire du capitaine Xherdan Shaqiri sont revenus dans la partie, et se sont montrés solidaires, très résistants en défense, et époustouflants de vaillance. Pénalisés par le carton rouge de Remo Freuler à la 77e minute, les Suisses ont par la suite beaucoup subi, mais ont tenu pendant la prolongation. En face, un grand gardien, un petit coup de pouce du destin sur l'ouverture du score de Zakaria contre son camp (le 10e de cet Euro !), et une patience qui aura fini par leur servir ont bénéficié des Espagnols joueurs, mais pas toujours tranchants.
"Le football a été juste, nous méritons clairement la victoire", a déclaré Unai Simon après la rencontre. 72% de possession de balle, 28 tirs à 8 : il est clair que la Roja a poussé. Après les fiascos de 2014, 2016 et 2018, la sélection espagnole retrouve une place en demi-finale d'une grande compétition, mais le niveau de jeu est encore loin de celui de l'Euro 2012 maîtrisé de bout en bout par l'Espagne de Vicente del Bosque.

Une ambition à peine cachée pour la Roja

Ne nous méprenons pas, l'Espagne n'est toujours pas favorite, et ne partira pas avec les faveurs des pronostics contre l'Italie (mardi, 21h). Mais à croire les joueurs espagnols, tout semble possible. "Si nous jouons comme aujourd'hui, nous avons de grandes chances de gagner en demie", a avancé Mikel Oyarzabal, quand Koke salue avant tous les valeurs de ce groupe : "Nous travaillons bien et le groupe est uni, nous sommes à 100%".
Pour Unai Simon en revanche, l'ambition est toute autre. "Il faut se dire que chaque match est un nouveau rendez-vous, reconnaît le portier ibère. Pour les demi-finales, il faut commencer de la même manière, avec la volonté de gagner. Il faut gagner ce championnat d'Europe". Une audace soutenue par Luis Enrique, qui s'est presque montré téméraire avec les journalistes espagnols en conférence de presse d'après-match. "J'ai dit dès le début que nous étions l'une des huit équipes à surveiller, sans exagération, a rappelé l'ancien du Barça. Désormais, nous sommes parmi les quatre meilleurs". Et l'espoir de voir encore plus loin est bien présent chez cette Roja-là.
Euro 2020
"Ce qu'a fait Pedri à 18 ans dans cet Euro, même Don Iniesta ne l'a pas fait"
06/07/2021 À 23:57
Euro 2020
L'Italie a aimé souffrir et en veut plus : "C'est encore plus beau"
06/07/2021 À 23:26