12 juin 2020. Rome. Stade Olympique. Fermez les yeux, vous y êtes. Ne les rouvrez surtout pas. Le charme va s'envoler. Ce n'est que partie remise, espère-t-on, mais l'Euro 2020 devait débuter ce soir, dans la ville éternelle avec un alléchant Italie - Turquie. L'affiche aurait donné le coup d'envoi d'un mois de football, de couleurs et de passions. Le mois que l'on attend tous les deux ans. La Coupe du monde, l'Euro, la Coupe du monde, l'Euro… l'éternel recommencement du plaisir. Une fois n'est pas coutume, il faudra patienter 364 jours supplémentaires avant de voir Italiens et Turcs ouvrir les hostilités d'un Championnat d’Europe des Nations particulier, puisque itinérant et prévu dans douze villes du Vieux Continent. Particulier, aussi, parce qu'il symbolisera d'une certaine manière, on l'espère, la victoire de la vie sur la pandémie.

On a simulé l'Euro 2020 : un alléchant Italie-Turquie en match d'ouverture

En attendant le coup d'envoi de la compétition continentale quadriennale et le départ d'un été 2021 complètement fou puisque le sport aura aussi rendez-vous avec l’autre événement majeur de l’année 2020, Tokyo et les Jeux Olympiques, on va patienter et espérer. Se souvenir des belles choses et penser à celles qui vont nous manquer dans les semaines à venir. On fera avec, parce qu'on se dira, aussi et à raison, qu'il y a plus grave et que le monde a bien d'autres problèmes à régler cet été, et ceux-ci ne se limitent pas au Covid-19. Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte.
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Pas d'ivresse sans le flacon

Alors oui, le football - en attendant les autres sports - va quelque peu combler ce vide et aider à passer le temps, avec les principaux championnats européens qui vont se conclure tant bien que mal pour des raisons avant tout économiques, dans des stades vides. Mais cela ne sera pas pareil. Pour avoir l'ivresse, il faut le flacon, quoi qu'en en pense et qu'on en dise.
A la place des couleurs, de la ferveur et d’un formidable brassage estival, ce seront des chants enregistrés, supporters en carton ou placés derrière le but grâce à la "magie" de la visio-conférence. Une fois n'est pas coutume, en revanche, on va avoir droit à une once de suspense, en Italie et en Espagne où les couronnes ne sont ancrées sur aucune tête. On va prendre, sans faire la fine bouche. Parce que nos derniers printemps ne nous avaient plus habitués à cela. Parce que ces derniers mois, il ne restait plus grand-chose.
Pour retrouver Antoine Griezmann et les Bleus à la conquête d'un formidable doublé au cœur d'un été dont on aurait aimé qu'il fut une réplique des agapes de 2000, on patientera. Pour partager des moments uniques dans nos vies, de victoire, de défaite - de match nul -, débattre en famille entre le salon et la cuisine, disserter entre amis devant les écrans géants postés au cœur de nos villes, fraterniser entre inconnus ici, là et ailleurs, et se créer des souvenirs pour la vie, on prendra notre mal en patience. 2020 sera derrière nous, déjà une bonne nouvelle en soi. Le bonheur est dans l’attente, parait-il. Le temps sera venu de le vérifier.
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