40. Ronaldo, une finale et des larmes France - Portugal : 0-1 Finale - Euro 2016

C’est une finale qui aurait dû mettre Cristiano Ronaldo sur le toit de l’Europe. Pas avec son club cette fois-ci, mais avec sa sélection. Le sort en a décidé autrement, et CR7 n’a pu participer à la victoire du Portugal que depuis le banc de touche, blessé au genou. C’est un drame en trois actes qui a touché l’attaquant. A la huitième minute de jeu, le Portugais prend un violent coup de genou de la part de Dimitri Payet alors que les deux joueurs étaient à la lutte pour le ballon. Dix minutes passent, Ronaldo essaie de faire bonne figure, mais la douleur au genou gauche est trop vive.

Euro 2020
Comète russe, Gignac et marathon : Le Top 50 des moments qui ont fait l'Euro
14/06/2020 À 22:34

En larmes, le quintuple Ballon d’Or est évacué sur civière à la 25e minute de jeu, dans un Stade de France entièrement silencieux, qui finit par l’ovationner. “Je lui ai demandé d’essayer de continuer un peu mais il m’a répondu en pleurant : ‘Je ne peux pas mon frère, je ne peux plus’”, confiait Nani sur la chaîne Canal 11 en novembre dernier. Ce n’est pas la finale à laquelle Ronaldo rêvait, mais une fois sur le banc, il a pris son rôle de capitaine très à cœur, assumant son rôle de leader à la perfection.

https://i.eurosport.com/2016/07/11/1892733.jpg

39. La drôle de course de Zaza
Allemagne - Italie : 1-1 (6 tab à 5)
Quart de finale - Euro 2016

L’histoire ne dit pas si Jérôme Boateng est venu réconforter Simone Zaza ce 2 juillet 2016. Adversaires d’un soir, les deux hommes ont pourtant beaucoup en commun depuis ce penalty burlesque de l’Italien : être devenu des mèmes d'Internet et des risées instantanées des réseaux sociaux. Il faut dire que l’Italien a fait fort face à l'Allemand, déjà connu pour sa chute face à Messi, et récidiviste sur ce quart pour permettre à l’Italie d’égaliser sur penalty après son bloc de volley dans la surface. La bévue de Boateng a été quelque peu oubliée. Celle du Turinois en revanche…

120e minute de jeu dans ce quart de finale au couteau au Matmut Atlantique. Simone Zaza remplace Giorgio Chiellini pour la séance des tirs au but. L'attaquant de la Juve n’est pas un spécialiste mais c’est un buteur aguerri dont le sang-froid peut servir à la Squadra Azzurra. Désigné deuxième tireur, il tente de perturber Manuel Neuer pour l’inciter à choisir un côté. Erreur. Le mur allemand ne bouge pas d’un iota et l’Italien se perd dans une série de petits pas ridicules pour finir par envoyer sa frappe au-dessus de la transversale. La #ZazaDance est née, l'enthousiasmante Italie de Conte est éliminée.

38. L’Italie et la théorie du complot
Italie - Bulgarie (2-1) et Danemark - Suède (2-2)
Premier tour - Euro 2004

Deux ans après le fiasco coréen, l’Italie débarque au Portugal avec une forte envie de revanche. Mais rien ne va se passer comme prévu pour les hommes de Giovanni Trapattoni, au cœur d’un groupe C indécis jusqu’au bout du bout. L’Italie commence par partager les points avec le Danemark (0-0), rebelote contre la Suède (1-1), et, enfin, sauve l’honneur, sur le fil, contre la Bulgarie, Cassano évitant, dans le temps additionnel, un troisième match nul aux Transalpins (2-1). L’Italie clôt ces phases de poules avec cinq points, à égalité avec la Suède et le Danemark. La différence de buts va faire le reste et couler beaucoup d’encre.

C’est le match nul entre le Danemark et la Suède - disputé en même temps qu’Italie – Bulgarie - qui a condamné les Italiens, qui n’avaient plus leur destin en main. Un nul à plus de deux buts marqués de chaque côté éliminait les Azzurri. Scénario improbable qui a fini par prendre forme quand, à la 89e minute, Jonsen a égalisé à 2-2. Ce qui n’a pas manqué de contrarier les Azzurri : “Ce soir, on a vu que la célèbre sportivité nordique, c'est vraiment de la blague", avait alors lâché Marco Di Vaio. Gianluigi Buffon tenait le même discours : “Je ne peux pas y croire. Deux pays si fiers de leur fair-play qui font 2-2.

Corradi à l'Euro 2004

Crédit: Imago

37. La Belgique... à l'italienne
Italie – Belgique : 0-0
Premier tour – Euro 1980

Et si le plus grand moment de l'histoire de la sélection belge était dû à un match nul 0-0 ? Doubles demi-finalistes de la Coupe du monde en 1986 et 2018, les Diables Rouges ont atteint la finale de l'Euro 1980. A l'époque, pas de dernier carré mais une finale directe pour les vainqueurs des deux poules. Après les deux premières journées, la Belgique et l'Italie sont à égalité de points et avec la même différence de but. Mais les hommes de Guy Thys ont marqué un but de plus que la Squadra et peuvent donc se contenter du nul.

Au Stade Olympique de Rome, les Belges vont s'accrocher jusqu'au bout à ce 0-0. Jean-Marie Pfaff fait des merveilles dans son but, avec notamment sa double parade fameuse devant Graziani en première période. Eric Gerets et plus encore Michel Renquin sortent un match monumental en défense. "Nous n'avions pas un énorme talent brut mais un cœur gros comme ça", a expliqué Pfaff. Les Italiens poussent, mais les occasions se font plus rares au fil des minutes. Jamais ils ne forceront le verrou. C'est un triomphe à l'italienne pour la Belgique, qui a pris son hôte à son propre piège.

36. La naissance de la Danish Dynamite
Danemark – Yougoslavie : 5-0
Premier tour – Euro 1984

Le sport est parfois un cruel paradoxe. Le Danemark a décroché son unique titre international en 1992, lors d'un Euro pour lequel il n'était initialement même pas qualifié. C'est pourtant quelques années plus tôt que le petit (par la taille) pays scandinave avait aligné la plus belle équipe de son histoire, au cœur de ces années 80 où sa sélection regorgeait de talents. Preben Elkajer-Larsen, Michael Laudrup, Morten et Jesper Olsen, Frank Arnesen ou Soren Lerby. La fameuse "Danish dynamite" dont le jeu engagé et engageant n'était pas sans rappeler celui des Pays-Bas des 70's.

C'est lors de l'Euro 84 en France que le grand public découvre vraiment cette génération dorée. Battus de justesse par la France lors du match d'ouverture, les Danois offrent un récital lors de leur 2e sortie. En fin d'après-midi, les Bleus ont pulvérisé la Belgique à Nantes (5-0). Le soir-même, à Gerland, le Danemark corrige la Yougoslavie de Safet Susic. Talent, technique, puissance, ce Danemark a tout et il y ajoute à Lyon un effarant réalisme. Cette merveilleuse équipe domptera ensuite la Belgique (3-2) avant de s'incliner en demi-finale aux tirs au but contre l'Espagne. Comme souvent, elle n'aura pu aller au bout de ses (belles) idées. Jusqu'au conte de fées de l'Euro 1992. Mais ça, c'est une autre histoire.

35. Dellas, l’argent transformé en or
Grèce - République tchèque : 0-1 (bea)
Demi-finale - Euro 2004

Comme en quart de finale et en finale, il n’aura fallu qu’un but. De la tête. Toujours et encore. Mais pas d’Angelos Charisteas, cette fois. En demi-finale, c’est Traïanos Dellas qui a trouvé la faille et envoyé la Grèce en finale, sur la route du casse du siècle. Au cœur de la prolongation et d’une tête décroisée au premier poteau, le défenseur de l’AS Roma bat Petr Cech. On joue alors la 105e minute de jeu. Et c’est tout sauf anodin puisque ce coup de casque met quasiment fin aux hostilités.

En cet été 2004, le football vit sous le régime du but en argent, qui a pris la suite de feu le but en or qui a tant réussi aux Bleus en 1998 et deux fois en 2000. Le but en argent n’est plus un couperet - comme l’était le but en or - mais un sursis. Parce qu’il vous laisse une chance, celui d’aller jusqu’à la mi-temps de la prolongation. Pour Dellas et la Grèce, il sera une libération, puisque marqué à l’instant idéal, juste avant pause. Dellas aura été le premier buteur en argent. Et le dernier.

34. Whelan, l’autre chef d’œuvre
Eire - URSS : 1-1
Premier tour - Euro 1988

Rinat Dassaev aura passé un drôle de mois de juin 1988, en Allemagne. Le gardien soviétique, considéré comme l’un des meilleurs du monde, si ce n’est le meilleur, a encaissé de sacrés buts lors de cet Euro. Il y a, bien évidemment, la mythique reprise de Marco van Basten en finale. Mais, bien avant, il y eut cette réalisation signée Ronnie Whelan. Euphorique, comme l’Irlande qui disputait sa première compétition internationale et venait de battre l’encombrante Angleterre en ouverture (1-0), Ronnie Whelan a bien cru envoyer ses copains en demie quand, à la 38e minute, il a réussi un geste comme on n'en réussit qu’un dans une vie.

Une longue touche signée Mick McCarthy aux faux airs de centre et le joueur de Liverpool, aux vingt mètres, décide de s’envoler pour un ciseau d’exception. Un peu tapé du tibia mais en plein dans la lucarne de Dassaev. Le ballon n’a jamais touché le sol sur l’action. Le but de l’année. S’il n’y avait pas eu un certain Van Basten.

33. Et Koeman transforma un maillot allemand en papier-toilette...
Pays-Bas – RFA : 2-1
Demi-finale – Euro 1988

C'est une des images les plus célèbres de l'histoire du Championnat d'Europe. Le 21 juin 1988, au Volksparkstadion de Hambourg, les Pays-Bas remportent plus qu'un simple match de football en s'imposant 2-1 en demi-finale contre la RFA.. Un but de Marco Van Basten à la 89e minute a propulsé les Néerlandais en finale. L'Allemagne, pour les Pays-Bas, c'est alors le rival numéro un. L'ennemi. Pour des raisons historiques pas si lointaines. Depuis le bombardement de Rotterdam par la Luftwaffe le 14 mai 1940, précisément.

Le football s'est ensuite chargé d'entretenir la rancœur, avec la défaite en finale de la Coupe du monde de la bande à Cruyff, battue par l'Allemagne de Beckenbauer, Müller, Breitner et Cie. La revanche de 1988 n'en est que plus savoureuse. Mais la joie des Bataves va allègrement franchir les frontières du mauvais goût. "Cette victoire est pour la génération de nos parents et de nos grands-parents qui a connu la guerre", lance le gardien Hans Van Breukelen.

La palme revient à Ronald Koeman. La défenseur du PSV Eindhoven, auteur ce soir-là de l'égalisation sur penalty, échange son maillot avec Olaf Thon. Puis, devant la tribune des supporters orange, il fait mine de se torcher les fesses avec le dit-maillot. Dans le vestiaire, il serait, dit-on, passé du symbole à la pratique... "Je regrette ce que j'ai fait après le match, a avoué Koeman en 2018. C'était une réaction impulsive, stupide, qui m'a poursuivi toute ma vie depuis. Je n'ai jamais croisé Olaf Thon depuis et je n'ai jamais eu l'occasion de m'excuser."

Cinq ans plus tôt, en 2013, Thon avait déjà passé l'éponge : "Ce n'est pas bien, ce qu'a fait Ronald, mais il y avait de l'euphorie de leur côté, et elle mène parfois à des réactions excessives. Je lui ai pardonné. Il ne faut pas exagérer non plus, il n'a pas cassé la jambe d'un adversaire."

https://i.eurosport.com/2018/10/11/2438395.jpg

32. Rooney, l’adoubement d’un nouveau roi
Angleterre – Suisse : 3-0
Premier tour - Euro 2004

"Is Rooney the new Pelé ?" Vous connaissez les tabloïds et leur sens de la mesure. Mais quand la comparaison vient de son sélectionneur himself, Sven Goran-Eriksson, tout le monde se jette logiquement dessus. A l’orée de cet Euro 2004, Wayne Rooney est le nouveau prince du Royaume. Au Portugal, il deviendra roi pour finalement se faire surnommer "Roonaldo". A 18 ans, seulement.

Après s’être fait voler la vedette par Zinedine Zidane lors de l’entrée en lice des Three Lions (on y reviendra), Rooney se rebiffe face à la Suisse. Le numéro 9 anglais devient d’abord le plus jeune buteur de l’histoire de l’Euro sur un service de Michael Owen en forme de passage de témoins entre prodiges du foot anglais. Certes, Johan Vonlanthen lui chipera ce bien quelques jours plus tard face aux Bleus, mais le prodige explose au plus haut niveau en ce début d’été 2004.

S’ensuit un nouveau pion sur une frappe tendue propulsant le jeune joueur d’Everton sur le devant de la scène européenne. La Croatie connaîtra pareil sort quelques jours plus tard faisant de lui le deuxième meilleur buteur de la compétition. Le début d’une idylle longue de quinze ans où Rooney finira dans la peau du recordman du nombre de buts marqués avec les Three Lions (53 buts en 120 sélections).

31. La surprise islandaise, la (nouvelle) déroute anglaise
Islande - Angleterre (2-1)
Huitièmes de finale - Euro 2016

L’image est symbolique. Joe Hart est à terre. John Stones peine à se relever tandis que le jeune Dele Alli a la tête enfoncée au sol. De l’autre côté du terrain, les Islandais font retentir un clapping monstrueux, à la hauteur de leur exploit. Dans une Allianz Riviera chauffée par des supporters nordiques envahissants, les Three Lions quittent l’Euro 2016 par la plus petite porte possible, corrigés par l’envie d’inconnus qui ont réhabilité le fighting spirit à leur sauce.

Avant ce huitième de finale, l'Angleterre de Roy Hogdson est séduisante et surtout armée lourdement offensivement avec l’éternel Wayne Rooney, Harry Kane, Jamie Vardy, Daniel Sturridge ou encore Marcus Rashford. Mais ce 8e de finale marque surtout le néant tactique d’une formation qui ne joue pas en équipe. Tout l’inverse d’Islandais qui ne font qu’un et forment un bloc hermétique aux talents britanniques. Mené rapidement par Rooney, le Petit Poucet de cet Euro se révolte et renverse la situation pour ne jamais plus rien lâcher (2-1). L’Angleterre est à terre et devra attendre 2018 pour retrouver des couleurs. Les "Vikings" subiront la loi des Bleus au tour d’après. Mais leur clapping et leur enthousiasme en feront l’une de sensations de l’Euro français.

Par Glenn Ceillier, Sasha Beckermann, Martin Mosnier, Cyril Morin, Vincent Brégevin, Laurent Vergne, Enzo Guérini et Maxime Dupuis

https://i.eurosport.com/2016/06/28/1884989.jpg
Euro 2020
“L’équipe nationale me manque” : le nouvel appel du pied d'Ibrahimovic à la sélection
HIER À 10:07
Euro 2020
Ndombele ne s'avoue "pas vaincu" dans la course à l'Euro
23/11/2020 À 21:29