La Belgique semble décidément promise à un avenir doré. Elle peut s’appuyer sur une génération de joueurs encore jeunes et déjà très compétitifs au plus haut niveau. Avec Thibaut Courtois, Vincent Kompany, Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Marouane Fellaini, Moussa Dembélé, Axel Witsel, Eden Hazard ou Dries Mertens, pour ne citer que les plus réputés d’entre eux, les Diables Rouges ne manquent pas de talents. Et aucun de ces joueurs n’a plus de 26 ans. Un tel réservoir a de quoi faire rêver. Et il n’en finit plus de se remplir. Cette année, Christian Benteke a rejoint cette liste de Belges qui crèvent l’écran. A 22 ans, l’attaquant d’Aston Villa a fait son trou dès sa première saison en Premier League, où sa puissance a déjà causé pas mal de dégâts dans les défenses du Royaume.
A Villa Park, Benteke est devenu une idole. Sa cote de popularité tutoie les sommets, et le but de la victoire qu’il a inscrit samedi dernier face aux Queens Park Rangers (3-2), dans un match capital pour la course au maintien, ne risque pas d’atténuer le phénomène. Si Aston Villa navigue juste au-dessus de la ligne de flottaison du classement de Premier League, et pas en dessous, le club de Birmingham le doit essentiellement à son attaquant belge. Il n’est pas seulement meilleur buteur des Villans avec 13 réalisations en championnat jusqu’ici. Benteke a un impact considérable dans le jeu grâce à sa faculté à peser sur les défenses adverses, à exploiter son imposant gabarit (1,91 m pour 81 kg) pour servir d’appui à ses coéquipiers et permettre à sa formation de ressortir les ballons. Sa puissance impressionne les observateurs. Après sa prestation lors de la victoire d’Aston Villa à Liverpool (1-3) en décembre, il a même été comparé à Didier Drogba par des médias britanniques.
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Benteke a encore une longue, très longue route devant lui avant d’atteindre éventuellement le niveau de la légende ivoirienne. Mais il a déjà fait son petit bout de chemin sur un parcours semé d’embuches et définitivement atypique. A deux ans, le natif du Kinshasa a quitté la République démocratique du Congo (le Zaïre, à l’époque) en guerre sur une décision de son père, Jean-Pierre. "Il n’y avait pas encore la guerre là où l’on vivait, mais mon père était un militaire et il avait anticipé que les conflits allaient arriver chez nous. Il n’a pas voulu prendre le moindre risque avec sa famille", racontait-il dans une interview pour The Independent. Direction la Belgique. A Liège, Benteke s’est installé chez son oncle et a commencé à toucher ses premiers ballons. "J’ai commencé à jouer dans la rue, le soir, avec mes copains. C’était plus marrant comme ça. J’ai même joué avec Axel Witsel, qui est lui aussi de Liège", se remémorait-il.
Après avoir attrapé le virus du ballon rond, Benteke s’est logiquement inscrit en club. Durant six ans, il a pu faire ses premières gammes à la Jeunesse Sportive de Pierreuse, un petit club de Liège. Un autre, beaucoup plus grand, l’a recruté à l’âge de 12 ans. C’est au Standard que le jeune attaquant a accompli l’essentiel de sa formation. Après quatre années du côté de Sclessin, il a rejoint le KRC Genk où il est passé professionnel en 2007. La suite ressemble à un éternel recommencement. En manque de temps de jeu, Benteke a décidé de quitter son club pour retourner au Standard. Il n’y a pas connu davantage de réussite. Prêté à Courtrai en 2009, puis au FC Malines en 2010, il y a réalisé deux saisons convaincantes, mais pas assez pour lui permettre de faire son trou au Standard. Retour au KRC Genk en 2011. Mais pour s’y imposer cette fois. Avec 16 buts en 32 matches de championnat, Benteke s’est montré suffisamment performant pour être rappelé en sélection nationale.
"Henry, l’idole de mon enfance"
Cela fait quelques temps qu’il fréquente les Diables Rouges. Après avoir été sélectionné dans toutes les catégories de jeunes depuis 2007, Benteke a été appelé pour la première fois chez les A par Georges Leekens, qui l’avait eu sous ses ordres à Courtrai, pour un match amical face à la Bulgarie en 2010. Deux ans plus tard, l’imposant buteur a effectué un retour tonitruant en équipe nationale, avec à la clé un but pour une victoire de prestige sur les voisins et rivaux néerlandais (4-2). Sa prestation a d’ailleurs contribué à convaincre définitivement Aston Villa de l’engager, pour un montant estimé à 8,8 millions d’euros. Derrière, Benteke n’a plus quitté les Diables Rouges, dont il est devenu l’avant-centre attitré. Il a de nouveau marqué lors des victoires en Serbie (0-3) et face au pays de Galles (2-0), supplantant ainsi Romelu Lukaku dans la hiérarchie des buteurs de la sélection belge. Une concurrence qui a du bon. "Entre Romelu et moi, c’est une saine rivalité et cela me motive", assure l’attaquant d’Aston Villa.
Que ce soit en sélection ou en club, Benteke réalise une saison pleine et continue de s’améliorer. Parfois pointé du doigt par le passé pour son manque d’efficacité et sa maladresse devant le but, il a nettement progressé dans ce domaine. Ses statistiques à Aston Villa, où 70% des maillots vendus sont désormais floqués à son nom, en sont la preuve la plus parlante. "Il est jeune, il est toujours en phase d’apprentissage, mais ses performances sont fantastiques. Il est massif pour nous", se réjouit son entraîneur Paul Lambert. Pour le moment. Car le phénomène ne devrait pas traîner longtemps du côté du Birmingham, lui qui pensait au départ qu’Aston Villa était un club de Londres. La capitale, il pourrait finir par la rejoindre. Tottenham et Arsenal sont notamment sur les rangs. "J'adore Arsenal. J'aime cette philosophie de choisir des jeunes joueurs. C'est comme ça qu'ils ont eu Thierry Henry. Pour moi, c'est le meilleur joueur au monde et mon idole d'enfance", confiait-il récemment. Arsène Wenger ne restera pas forcément insensible au message.
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