Si Sochaux parvient à se maintenir en Ligue 1 à l’issue de la saison, les Lionceaux le devront en partie à Cédric Bakambu. L’attaquant sochalien, qui vient de fêter ses 22 ans, s’est affirmé comme l’un des hommes décisifs de la formation d’Eric Hély avec sept buts à la clé cette saison. Ils ne sont pas passés inaperçus. En trouvant les filets face à Marseille (3-1), au PSG (3-2) et à Lyon (1-2), Bakambu a été le grand artisan du joli triplé signé par le FCM face aux cadors de la Ligue 1. Des performances qui confirment le potentiel d’un joueur qui avait déjà fait parler de lui lors de la campagne victorieuse de l’équipe de France des moins de 19 ans au championnat d’Europe de la catégorie en 2010. Mais qui traduisent surtout la progression du natif d’Ivry-sur-Seine cette saison.
Ce n’est pas vraiment une surprise. S’il dégage parfois une attitude nonchalante, Bakambu a su accomplir le travail nécessaire pour se donner la chance de percer à Sochaux. D’origine congolaise, le gamin de la Semise, une cité de Vitry-sur-Seine, a rejoint le centre de formation des Lionceaux à l’âge de 15 ans après avoir fait ses premières gammes à l’US Ivry. Non sans une certaine réticence de ses parents, qui souhaitaient avant tout voir leur enfant bénéficier d’un enseignement de qualité. S’il privilégiait clairement le foot, Bakambu a su leur montrer qu’ils avaient fait le bon choix en le laissant rejoindre le Doubs. "J’ai passé le bac ES et je l’ai eu. En partant de loin car dans certaines matières, j’étais naze. Particulièrement en maths. Eh bien, je suis fier d’avoir eu un 14 en maths au bac après avoir pris des cours supplémentaires. J’ai vu qu’avec le travail, on pouvait y arriver et aujourd’hui je transpose ça dans le foot", expliquait-il au quotidien Le Pays en septembre dernier.
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Accorder cette importance à ses études n’a pas empêché Bakambu de s’épanouir en tant que jeune footballeur. Et de connaître un premier tournant de sa carrière à la fin de la saison 2009/2010. Buteur malheureux en finale de la Coupe Gambardella, perdue par les Lionceaux face à Metz (1-1, 3-4 t.a.b.), l’attaquant sochalien s’est consolé quelques semaines plus tard en remportant le titre de champion d’Europe Espoirs des moins de 19 ans. Un sacre auquel il a activement participé malgré un statut de remplaçant. Auteur d’un doublé face aux Pays-Bas (4-1) lors de la phase de poules, il a surtout inscrit le but qui a permis au Tricolores de battre la Croatie (2-1) en demi-finale. Une réalisation qui lui a offert une place de titulaire pour la finale remportée face au grand favori, l’Espagne (2-1). Une montée en puissance qui a permis à Bakambu d’intégrer l’équipe première à l’entame de la saison suivante, et de faire ses premiers pas chez les pros face à Arles-Avignon (2-1) le 7 août 2010.
Sous les ordres de Francis Gillot, le jeune attaquant des Lionceaux a disputé neuf matches de Ligue 1 lors de cette première année et commencé à montrer des qualités intéressantes. Capable de jouer dans l’axe mais aussi sur un côté, Bakambu offre une certaine polyvalence pour un entraîneur, mais surtout beaucoup de mouvement pour le jeu de son équipe. "Je suis un attaquant qui aime beaucoup proposer la profondeur", se décrivait-il en 2010 lors d’une interview pour le site footmercato, estimant que ses principales qualités sont "la générosité dans les appels de balle et la vitesse de course." Il lui manque cependant quelques facettes de l’attaquant moderne. "Bakambu il peut jouer dans l’axe ou sur les côtés, mais il doit apprendre à se bouger les fesses", disait ainsi Francis Smerecki, son sélectionneur chez les U19 et les U20. Une exigence qui traduit surtout les attentes envers cet attaquant prometteur, et dont il s’est servi pour progresser.
"C’est dans ma nature. Je suis cool"
La saison 2011/2012 a permis à Bakambu de prendre un peu d’épaisseur. Avec Mehmet Bazdarevic en tant qu’entraîneur, il a disputé un total de 21 matches en Ligue 1 et inscrit trois buts, dont le premier de sa carrière pro face au champion sortant, Lille (2-2). L’attaquant des Lionceaux s’est hissé progressivement au niveau exigé par l’élite. C’était d’abord une question de mental, comme le laissait entendre Smerecki. "Ce n’est pas n’importe qui Francis Smerecki, il a raison. J’ai pris conscience de ça, c’est vrai. Je suis nonchalant, j’ai l’air d’être un fainéant dans mon allure mais je ne fais pas exprès d’avoir cette attitude, c’est dans ma nature. Je suis cool, je ne me prends pas la tête en dehors du foot. Mais depuis qu’il a dit ça, j’ai forcé cette nature. Je vous assure, je bosse", disait-il dans un entretien pour Le Pays, tout en se fixant l’objectif de s’améliorer dans la finition. "Je sais qu’un attaquant est jugé là-dessus. Quand je commencerai à marquer des buts, ça ira mieux", expliquait-il alors.
La saison actuelle a permis de vérifier ses progrès dans ce domaine. Bakambu s’est retrouvé titulaire en début d’exercice avec la blessure de Sloan Privat et a su saisir sa chance avec notamment deux doublés face à Troyes en L1 (3-1), puis Evian en Coupe de la Ligue (3-2). Aujourd’hui, il est le meilleur buteur de Sochaux en Ligue 1 avec sept réalisations, pour la plus grande satisfaction d’Eric Hély. "Il a gagné en assurance. Il se précipite moins. Cédric était un peu immature la saison dernière. Sur et en dehors du terrain. Il peut faire mieux, dans le travail collectif et la conservation du ballon. Mais c’est un combattant", assure l’entraîneur sochalien, agréablement surpris par son joueur après l’arrivée de Giovanni Sio lors du mercato. "Au départ, Cédric a vu ce concurrent comme une menace, mais il a eu la bonne réaction", a-t-il souligné. Ça aussi, c’est la preuve que Bakambu s’adapte de mieux en mieux au plus haut niveau. Et ce n’est peut-être pas fini.
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