Feuilleton vedette du dernier mercato en Ligue 1, à égalité peut-être avec Bafetimbi Gomis, Florian Thauvin a fait sa première apparition sous les couleurs de l'OM il y a une semaine à l'occasion d'un match amical face à Istres. Avant de rallier la Canebière dans les dernières heures du mercato, l'éphémère Lillois était le deuxième joueur sur la short-list de la cellule de recrutement marseillaise, à la recherche d'un second joueur pour épauler Valbuena et Gignac après la venue de Dimitri Payet. Les dirigeants phocéens avaient d'abord priorisé la piste menant à Romain Alessandrini, avant de se rabattre sur l'ancien Bastiais, frustré à Lille et déjà suivi depuis plusieurs mois. Si le Rennais et le Bastiais ont beaucoup de choses en commun, leurs premières saisons respectives dans l'élite ont tout de même permis de découvrir quelques nuances dans leurs déplacements. Le premier semble par exemple beaucoup plus aimer les espaces que le second, qui s'est surtout signalé lors du Mondial U20 par son apport et sa capacité à faire techniquement la différence au milieu de terrain.
Thauvin : le parcours de Payet en accéléré
En cela, ses prestations estivales le rapprochaient énormément du profil de Dimitri Payet. Ce n'est d'ailleurs certainement pas un hasard si, dès janvier, le LOSC avait jeté son dévolu sur lui alors que le club était loin des places européennes, anticipant sans doute déjà un départ de son meilleur joueur. En poussant la caricature, on pourrait même avancer que Thauvin a fait en une saison ce que Payet a mis six ans à accomplir : passer d'un club de seconde zone (Bastia/Saint-Etienne) à Lille puis l'OM. Le mimétisme continue sur le terrain puisque Thauvin évolue généralement sur le flanc droit de l'attaque, poste occupé par Payet à l'OM et en équipe de France lorsqu'il est appelé par Didier Deschamps. L'un comme l'autre sont là pour repiquer dans l'axe et apporter une touche technique supplémentaire à la création, symbolisée par leur capacité d'élimination et d'accélération. Sur le papier donc, Thauvin apparaît déjà comme la doublure idéale de Dimitri Payet. Mais les deux peuvent-ils être associés autour des deux inamovibles que sont Mathieu Valbuena et André-Pierre Gignac ?
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Évidemment, la réponse est oui... mais pas n'importe comment, sinon ce serait trop simple. Car s'ils partagent certaines qualités offensives, ils ont aussi le défaut d'être parfois trop "légers" défensivement. Un problème qui ne pèse pas trop aujourd'hui sur le couloir droit de l'OM, qui peut compter sur la présence et la puissance physique de Rod Fanni pour encaisser les attaques adverses. En revanche, imaginer Thauvin et Payet sur les deux ailes pourrait aussi signifier mettre en difficulté le jeune Benjamin Mendy ou Jérémy Morel. Sur ce point, le retour en grâce de Souleymane Diawara en début de saison pourrait permettre à Elie Baup de repositionner Lucas Mendes à gauche en ces occasions. Beaucoup plus défensif que les deux autres latéraux, le Brésilien pourrait fermer le couloir à la manière de Fanni côté opposé.
Ce problème de protection du couloir gauche, André Ayew s'en charge depuis plusieurs saisons maintenant. Parfois invisible devant, le Ghanéen répond tout de même toujours présent quand il s'agit d'aller au combat et de soutenir son latéral. En excellente forme depuis le début de saison, l'aîné de la fratrie se retrouve à la croisée des chemins alors qu'un nouveau concurrent vient de débarquer sur la Canebière. Peut-il conserver sa place dans le quatuor offensif du onze-type ? Si non, se contentera-t-il du banc ou aura-t-il l'opportunité de se reconvertir au milieu de terrain ? Trois questions, qui peuvent être résumées en une quatrième : Elie Baup va-t-il pouvoir faire collaborer Ayew, Thauvin, Payet, Valbuena et Gignac dans le même onze de départ ?
Que faire de Ayew ?
Nouvelle réponse courte : oui... mais il faudra certainement du temps pour mettre cela en place. Sur le papier, et l'idée a déjà été évoquée au cours de la préparation marseillaise, André Ayew pourrait reculer d'une ligne pour occuper l'un des deux postes devant la défense. Cela aurait même été l'un des arguments pour le convaincre de rester une saison de plus à la Commanderie, lui qui était annoncé sur le départ. Et il est vrai que, associé à Romao ou à Imbula, il pourrait apporter toute son énergie et être l'un des moteurs du pressing marseillais, qui a été l'une des armes principales de la conquête de la seconde place la saison dernière. En revanche, une question devrait subsister jusqu'à ce que le public puisse le voir à l'oeuvre à ce poste : qu'en sera-t-il de son volume défensif lorsque l'OM sera forcé de défendre bas dans sa moitié de terrain ?
L'autre grande question concernant le repositionnement tactique de Ayew serait l'organisation de la relance phocéenne. Face à l'AS Monaco, l'équipe se basait sur son quatuor axial composé de Romao, Imbula, Nkoulou et Diawara (puis Lucas Mendes) pour remonter les ballons dans la moitié de terrain adverse. Il serait sans doute dommage de voir Ayew parmi ces quatre, lui qui pourrait plutôt apporter sa force de percussion un peu plus haut sur le terrain. Une solution existe : relancer à trois, avec un milieu capable de décrocher pour organiser le jeu entre ses deux défenseurs centraux, permettant au second d'évoluer plus haut de jouer de sa présence physique sur les seconds ballons et soutenir ses milieux offensifs. Le Bayern 2012/2013 avait parfaitement su distribuer ses rôles avec Schweinsteiger à la relance et Javi Martinez en "chien fou" dans l'entrejeu. Sur ce schéma, Ayew pourrait entrer dans la peau du second (toutes proportions gardées évidemment). Reste à savoir si Romao ou Imbula ont les capacités pour se muer en quarterback, à moins que Lémina...
Loin de toutes ses considérations tactiques, l'arrivée de Florian Thauvin va d'abord offrir une solution offensive supplémentaire à Elie Baup. Alors que la Ligue des champions arrive à grands pas, et que le tirage au sort n'a pas épargné les Marseillais, tout complément est bon à prendre pour le coach à la casquette. Les ajustements collectifs et la concurrence entre les joueurs ne se mettront qu'au fil des rencontres et du turnover instauré par l'entraîneur. Comme nous venons de l'évoquer, celui-ci a assez d'options pour faire preuve d'imagination. Reste à savoir si les performances de son équipe lui donneront le droit de remodeler son animation offensive.
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