Il est l'un des grands perdants annoncés de l'avènement du 4-3-3 dans le club de la capitale. Ibrahimovic tout puissant dans l'axe, Edinson Cavani se retrouve à jouer les faire-valoir sur les ailes. A gauche contre l'Olympiakos lors de la 1re journée de Ligue des Champions, à droite la plupart du temps, El Matador marque toujours (5 buts en 9 rencontres jouées toutes compétitions confondues) mais ne pèse pas autant qu'espéré sur le jeu. Alors, Cavani à droite, du gâchis ?
Quand les journalistes l'ont questionné sur le repositionnement de l'international uruguayen, Laurent Blanc a trouvé la parade : "En sélection, Cavani joue de la même manière qu'au PSG." Certes, avec la Celeste, le meilleur buteur du dernier championnat d'Italie doit se contenter du même rôle excentré. Son rapport avec l'attaquant axial en sélection ressemble d'ailleurs beaucoup à la relation qu'il en train de construire au Parc des Princes avec Zlatan Ibrahimovic. Numéro 9 sur le tableau noir, Diego Forlan se détache de la défense adverse dès qu'il le peut, afin d'organiser le jeu en profitant des courses de ses deux "ailiers" : Edinson Cavani à droite et Luis Suarez à gauche. Attaquants dans l'âme, les deux hommes le gratifient d'appels en profondeur qu'il se fait une joie d'honorer lorsqu'il est dans un bon jour.
Mais si Cavani évolue au même poste en sélection et au PSG, les collectifs uruguayen et parisien n'ont strictement rien à voir. Que ce soit avec une base de trois ou de quatre défenseurs, l'Uruguay aime aspirer son adversaire pour mieux le prendre dans son dos. Le Celeste d'Oscar Tabarez n'est en effet jamais aussi dangereuse que lorsqu'elle "explose" en contre-attaque. Face à un adversaire qui n'est pas en place défensivement, Forlan peut aisément trouver des intervalles pour récupérer le ballon et lancer Cavani ou Suarez dans l'espace.
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Moins d'espaces, donc moins d'appels
A l'inverse, le 4-3-3 tel qu'il est construit par Laurent Blanc est avant tout fait pour récupérer rapidement et monopoliser le ballon. Le temps de possession accordé à l'adversaire est réduit, tout comme les espaces qu'il peut laisser dans son dos pour développer des contre-attaques fulgurantes. Et qui dit moins d'espaces dit forcément moins d'appels, et donc des attaquants excentrés qui doivent évoluer la plupart du temps comme de véritables ailiers sur du jeu placé.
Au final, le Cavani de la Celeste risque de n'avoir que peu d'occasions pour réaliser ses appels favoris sous le maillot du PSG : en contre-attaque évidemment, mais aussi face à des adversaires qui décideraient d'aller presser la relance parisienne en prenant le risque de se découvrir au milieu de terrain. A l'instar de Javier Pastore, brillant en C1 et sur courant alternatif en championnat la saison dernière, Edinson Cavani pourrait devenir une véritable arme du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, lorsque les joueurs de la capitale devront faire face à des adversaires capables de rivaliser physiquement et techniquement au milieu de terrain (et donc de laisser des espaces pour le jeu de transition).
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En attendant, Cavani se retrouve doublement dépendant au moment de jouer sur ses qualités de dévoreur d'espaces : d'Ibrahimovic tout d'abord, principal relais capable de le servir, mais aussi de la qualité de la première passe (Thiago Silva, Thiago Motta, Verratti...), elle-même chargée d'alimenter le Suédois. Si l'adversaire coupe ces relations, alors Cavani a du mal à trouver la profondeur dans laquelle il excelle (l'AS Monaco a parfaitement exécuté ce plan la semaine dernière).
Car en position d'ailier pur, l'Uruguayen n'est évidemment pas à son avantage. Si le PSG ne trouve pas son circuit préférentiel, passant par l'axe et Ibrahimovic, il ne peut pas non plus compter sur le couloir occupé par sa recrue phare de l'été. A l'inverse de Ménez ou Lavezzi, Cavani paye là son côté "unidimensionnel" : il n'est pas fait pour animer une aile. Son rôle est axial, quoiqu'il se passe autour de lui. Alors il repique dans l'axe dès qu'il le peut, compensant les décrochages d'un Ibrahimovic plus créateur que la saison dernière. Et l'animation offensive parisienne se retrouve dès lors à pencher de l'autre côté, à l'opposé à Cavani. Ainsi, face à Monaco il y a une dizaine de jours, les Parisiens ont passé la deuxième mi-temps à insister côté gauche, Cavani se transformant alors en un "simple" joueur de surface, chargé d'être présent au bon endroit au bon moment dans la zone de vérité. Un registre qu'il connaît, mais qui ne lui permet pas d'exprimer tout son potentiel.
Le latéral qu'il lui faut...
L'Uruguay connaît d'ailleurs les mêmes problèmes depuis qu'il doit assumer son statut de patron dans la zone Amsud. Ses adversaires abandonnent volontiers le ballon et attendent dans leur moitié de terrain. Résultat, l'Uruguay est très dépendante du rendement de Luis Suarez et de sa capacité à faire la différence sur son aile. A droite, le jeu dépend principalement des montées du très offensif Maxi Pereira, couvert par la paire Gargano-Rios, et qui se sert des relais dos au but de Cavani pour pénétrer dans les 20 derniers mètres.
Vient alors la question de l'équilibre de l'animation offensive parisienne, si tant est qu'elle soit réellement importante dans le football actuel, où de nombreuses équipes s'appuient généralement sur un "côté fort". Comment animer une aile avec Cavani ? La première solution serait de rééquilibrer les forces en faisant passer l'Uruguayen à gauche pour travailler avec Maxwell et Matuidi, toujours à l'aise pour s'introduire dans les 30 derniers mètres. A droite, Van der Wiel serait soutenu par un véritable ailier (Lavezzi, Ménez, Moura) capable de faire la différence en un-contre-un. Mais le PSG prendrait alors le risque de casser des automatismes qui semblent se mettre en place à gauche (Lavezzi-Matuidi-Maxwell) aujourd'hui.
Dès lors, la solution extérieure semble la plus probable, alors que Jallet et Van der Wiel ne parviennent pas à convaincre. Annoncé régulièrement au PSG ces derniers mois, Daniel Alves serait à n'en pas douter un excellent complément à Cavani, en imaginant leur relation similaire à celle construite avec Maxi Pereira en sélection. En attendant qu'une telle opportunité se présente sur le marché des transferts, les deux spécialistes du poste de latéral droit dans la capitale vont avoir des responsabilités à prendre pour permettre à Cavani de peser réellement sur le jeu de son équipe.

edinson cavani, psg

Crédit: Reuters

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