FFF, le revers et la médaille ?

FFF, le revers et la médaille ?

Le 09/11/2012 à 17:40Mis à jour Le 09/11/2012 à 17:53

De notre partenaire Foot123

Les cinq fêtards qui s’étaient octroyé une sortie nocturne durant le rassemblement de l’équipe de France Espoirs entre deux matches de barrage de l’Euro face à la Norvège ont été sévèrement sanctionnés par la FFF. Il apparait nécessaire d’apporter un éclairage sur les raisons de cette mise au ban.

Le verdict a donc fini par tomber. Tel un couperet. Attendue par la France du foot – voire au-delà – la sanction parait lourde. Disproportionnée diront certains. Fort logique pour d’autres. Quoiqu’il en soit, cet épisode illustre en tous points une forme de malaise qui habite le foot français, qui continue de se débattre dans ses problèmes d’image et de discipline depuis Knysna.

M’Vila, l’exemple

Des cinq à avoir commis l’irréparable, Yann M’Vila apparait clairement comme le plus durement puni. Un an et demi de suspension, et le voilà d’ores et déjà privé d’un hypothétique Mondial-2014 avec les Bleus. Affaibli par un passé jonché d’affaires extra-sportives, Le Rennais paye au prix fort cette image ternie, ainsi que des performances déclinantes sur le pré qui l’auraient peut-être rendu plus ‘’indispensable’’ à la patrie. Instigateur de la virée Champs-Elysées, il a semble-t-il assumé ses responsabilités devant la commission de discipline de la FFF. Insuffisant pour s’attirer la compassion des juges. ‘’M’Vila, j’espère que ça le fera réfléchir, et que ça fera réfléchir les autres qui voudraient franchir la ligne jaune’’, réagissait Willy Sagnol sur RMC Sport en qualité de responsable des sélections nationales. ‘’Le fait qu’il soit récidiviste a certainement pesé dans la balance’’. Deux constats apparaissent donc nettement. Le premier, c’est que Yann M’Vila, 22 ans et autant de sélections en Bleu, a été ‘’sacrifié’’, surement définitivement, par mesure exemplaire. Car il convient de s’accorder qu’à l’avenir, et quel que soit le niveau qu’il pourrait retrouver, l’histoire qui le liera dorénavant à l’EDF ne sera plus jamais un long fleuve tranquille. Le deuxième enseignement, c’est que la notion de récidive apparait comme un terme plutôt…vague. Paye-t-il uniquement le fait de ne pas avoir serré la main de Giroud et Blanc à sa sortie du terrain contre l’Espagne pour être taxé de récidiviste ? Geste pour lequel il fut blanchi par cette même fédération, et semble-t-il par Blanc, si l’on se fie aux déclarations du joueur à la suite de cet épisode : ‘’J'étais meurtri. J'ai parlé ensuite avec le sélectionneur et ça s'est bien passé. Il ne m'en a pas tenu rigueur du tout. Il a compris toutes les circonstances’’. N’osons pas imaginer que le passif extra-sportif de l’individu (et non du joueur) est venu influer directement sur le verdict de la commission. Car si la FFF se risquait à vouloir ingérer dans l’éducation des joueurs, alors elle n’aurait qu’à se retourner pour voir la batterie de casseroles (affaire des quotas, condamnation de Claude Simonet) qu’elle traine depuis des années. Et à se retrousser les manches.

La fuite envisageable des binationaux

Car les dommages collatéraux pourraient vite apparaitre. En soi, qu’est ce qui empêcherait Antoine Griezmann, Mbaye Niang (Sénégal), Wissam Ben Yedder (Tunisie) ou Chris Mavinga (RDC) de choisir de porter les couleurs d’une autre sélection ? Tous d’origine étrangère (sauf Griezmann, mais qui vit en Espagne depuis suffisamment longtemps pour être naturalisé), ces joueurs feraient le bonheur de leur pays d’origine. Leur rapport désormais dégradé avec la maison bleue, il n’est pas à exclure que les intéressés choisissent de défendre une patrie qui les aura accueillis plutôt que réprimés. ‘’La Tunisie ou la France ? Pour l’instant, je suis avec les Espoirs français. Mon choix définitif n’est pas encore fait. Mais je ne préfère pas en parler pour l’instant‘’, confiait Ben Yedder il y a quelques semaines encore. Un peu plus d’un an après l’affaire des quotas, la 3F pourrait donc voir ses punis, ceux qu’elle a elle-même formés, choisir d’autres sélections. Tout ce qu’elle maudissait lors de cette fameuse réunion au départ de l’affaire des quotas. Le camouflet ultime.

FFF, quelles réelles motivations ?

En substance, la sanction qui touche les 5 fêtards n’a rien d’éducative. La FFF a certes opté pour l’exemplarité, mais elle a aussi cédé aux sirènes de la tendance sociétale du moment qui veut que le footballeur, individu riche et jalousé par ces temps de crise, n’a aucun droit à l’erreur sous peine d’être jeté en pâture sur la place publique pour être lynché médiatiquement. Noël Le Graët et ses acolytes ont voulu frapper un grand coup et tétaniser la nouvelle garde. Plus question de revivre Knysna, ni désormais Le Havre. En choisissant la répression plutôt que l’éducation, la fédération montre aussi qu’elle abdique devant cette génération qu’elle n’arrive plus à cerner. Car en soi, n’y aurait-il pas eu plus de bénéfices à imposer à ces jeunes des travaux d’intérêt généraux hebdomadaires dans les clubs amateurs (qui n’en auraient que trop besoin), assortis de sanctions financières peut-être plus pénalisantes à leurs yeux ? En s’opposant à eux comme une autorité intransigeante, elle continue de creuser le fossé entre ces jeunes joueurs et la notion qu’ils ont du maillot bleu. La position de la FFF face à cet épisode apparaît criante de parallélisme avec celle de la France et de sa jeunesse : un fossé semble les séparer, et les solutions manquent. Désespérément. En somme, cet amas de sanctions discutées et discutables apparaît comme le premier acte politique de la campagne du camp Le Graët en vue des prochaines élections de la présidence de la fédération le 15 décembre prochain. En faisant preuve de poigne, le candidat affirme son autorité, et définit son credo pour les années à venir. Il est dommageable que ce soit au détriment de 5 carrières. Et peut-être de l’équipe de France.

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