"Suite aux annonces du Président de la République afin de répondre à la crise sanitaire liée au Covid-19, le Conseil d’Administration de la LFP a décidé à l’unanimité ce vendredi 13 mars de suspendre immédiatement les championnats de Ligue 1 Conforama et de Domino’s Ligue 2 jusqu’à nouvel ordre." Voilà un extrait du communiqué de la LFP, le 13 mars 2020, au lendemain d’une allocution d’Emmanuel Macron sur la crise sanitaire. A l’époque, peu sont ceux qui pensaient que cette décision allait bouleverser le quotidien des fans de football pendant au moins un an. Et pourtant…
Depuis cette décision prise par la Ligue de football professionnel, les stades ont presque toujours été à huis clos. Entre les deux confinements, des jauges maximales de spectateurs, variables selon les régions et le taux de contamination, ont été mises en place dans différents stades en France. Mais jamais une rencontre du football français n’a pu se dérouler devant une enceinte pleine à craquer.

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Entre sensations et liens sociaux, un manque profond

Forcément, pour les supporters habituellement abonnés dans leur tribune, le temps commence à être long. "Ce qui me manque le plus, c’est l’euphorie que tu ressens dans un stade" avoue Hugo, abonné au stade Vélodrome. "L’entrée des joueurs, célébrer un but, ressentir la ferveur populaire, être ensemble… Par exemple, mercredi soir, quand j’ai vu le but de Cuisance à la 88e minute contre Rennes, j’ai pensé au stade qui aurait explosé…"
Mais au-delà des émotions liées au terrain, le lien social qui se crée dans les travées des stades manque aussi aux supporters. "Ce qui me manque, c’est le côté fraternel que tu retrouves en tribunes", confie Bastien, fan du FC Nantes et abonné à La Beaujoire. "Le lundi tu ne les connais pas, le vendredi tu ne les connais pas mais le samedi ces gars-là deviennent tes meilleurs potes. Et ça, ce n’est plus du tout possible depuis an, et ça manque."

Sans stade, la passion évolue

Privés de stade, les supporters sont donc contraints de suivre leur club de cœur chez eux, devant leur écran. Et regardent des rencontres qui, par définition, se déroulent à huis clos. Ce qui rend les rencontres encore moins intéressantes à suivre, tant l’ambiance des tribunes est une composante nécessaire pour un beau match de football. De quoi plomber le moral de nombreux fans…
Suivre son équipe à distance peut être agréable si l’équipe joue bien. C’est plus compliqué quand les prestations sont moyennes, voire médiocres. C’est le cas du Stade Malherbe de Caen. 12e de Ligue 2, le club normand ne propose pas un spectacle de qualité chaque week-end. "A Caen, on a un peu la double peine : on ne peut plus aller au stade et en plus les résultats et le jeu proposé sont catastrophiques" explique Sebastien, supporter du SMC et abonné à Michel d’Ornano.
Co-fondateur de We Are Malherbe, Sebastien décrypte et échange sur l’actualité du club caennais avec les 47 600 followers de son média sur Twitter. "Plus que le foot en tant que tel, ce qui nous plait c’est de partager nos émotions avec notre communauté" affirme-t-il. "Avec le huis clos et le spectacle proposé, c’est un peu tout ce qu’il nous reste. Ça ne remplacera jamais d’être avec les copains en tribune, mais ça comble un peu le vide."
Chers supporters, vous nous manquez
Aller au stade, ce petit bonheur d’ordinaire bimensuel, manque cruellement aux habitués des tribunes. Mais ce sentiment de vide est réciproque. Geoffroy Guichard, l’enceinte de l’AS Saint-Etienne, n’a pas pu accueillir tout son public depuis le 8 mars 2020. Lundi, à l’occasion de ce triste anniversaire, le club stéphanois a publié un message chaleureux destiné à ses supporters.
"Depuis (le 8 mars 2020, ndlr), Geoffroy-Guichard n'a pu accueillir le Peuple Vert sans restriction, les supporters n'ont pu encourager leur équipe et les joueurs n'ont pu célébrer les succès avec leur 12e homme, un atout pourtant considérable ici, dans la capitale du ballon rond. Chers supporters, vous nous manquez. Prenez soin de vous pour que l'on se retrouve dès que possible", peut-on lire sur le site de l’ASSE.
A Nantes, Marseille, Caen et partout en France, la pandémie de coronavirus prive les habitués des stades de leur passion. Aujourd’hui, nul ne sait quand les enceintes rouvriront leurs portes. A Lyon, Jean-Michel Aulas travaille avec le ministère des sports sur un retour progressif des supporters dans les stades. Nombreux sont ceux qui espèrent que ce dossier avance dans le bon sens…
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