"Depuis dix mois, je suis anéantie. Je vis un calvaire. Je me suis fait tabasser par des hommes cagoulés à coups de barre de fer et une semaine après on m’a fait passer pour la coupable. C’est cruel". Ce sont les yeux rougis par l’émotion que Kheira Hamraoui s’est présentée sur le plateau de BFM-TV jeudi après-midi pour raconter son histoire lors d’une interview diffusée ce vendredi après avoir passé de longs mois terrée dans le silence.
Devant l’air grave du présentateur Bruce Toussaint, la joueuse du Paris Saint-Germain s’est confiée pendant près de vingt minutes. Un exercice difficile, mais inévitable quelques jours après les révélations du journal Le Parisien sur ce qui semble être une agression orchestrée par sa coéquipière, Aminata Diallo, l’hiver dernier. Cette dernière, un temps mise en examen, a été libérée mercredi et placée sous contrôle judiciaire. En attendant la suite.
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Après avoir raconté sa version des faits et les conséquences dramatiques sur sa carrière et sa vie de femme qui ont découlé de cette agression, Kheira Hamraoui a fini par craquer. "Je suis avant tout une femme, un être humain, et on ne peut pas s’acharner comme ça sur un être humain (…) Je sais qu’il y a des gens qui ne sont pas accompagnés et qui auraient pu avoir des idées sombres. J’ai eu de la chance d’avoir tenu tout au long de ces dix mois de calvaire", a-t-elle avoué, des larmes plein les yeux.
Je mérite un peu plus de respect de la part de mon club
Mais c’est désormais "soulagée que la vérité ait éclaté" que l’internationale tricolore se projette vers le futur. Un futur pas si sombre, si l’on en croit les promesses du Paris Saint-Germain. Le club de la capitale a annoncé que sa joueuse serait réintégrée au groupe. Mais, avant d’en arriver là, le chemin a été long. "Du jour au lendemain, on m’a dit que j’allais m’entraîner toute seule. Après tout ce qui m’est arrivé, je me suis fait traîner dans la boue, tabasser puis humilier, on m’a juste dit que je ne faisais plus partie des plans sportifs. Ça a été une double peine pour moi".

Kheira Hamraoui sous le maillot des Bleues

Crédit: Getty Images

De retour dans la vie de groupe depuis ce mercredi, Kheira Hamraoui en a profité pour se rendre en tribunes afin d’assister à la rencontre de Ligue des champions opposant le PSG au club du BK Häcken. Et là, la surprise : "Quand je suis allée voir le match de mes coéquipières, j’étais hyper contente. Mais depuis les tribunes, j’ai remarqué qu’on avait donné mon numéro de maillot sans me consulter. Ma soirée a été détruite. Avec l’expérience et le palmarès que j’ai, je pense que je mérite un peu plus de respect de la part de mon club", a-t-elle déploré.

Objectif Mondial 2023

Celle qui n’a "absolument pas envie de parler d’Aminata Diallo" mais qui souhaite "la voir condamnée", a ensuite été interrogée sur ses objectifs professionnels à court et moyen terme. Là encore, difficile d’avoir les idées claires. "Je ne sais pas quand ce cauchemar se terminera. J’ai envie de rejouer au foot et que tout redevienne comme avant, même si je sais que c’est impossible. Pour l’instant je suis sous contrat. Mon seul objectif est que le monde entier sache que je suis une victime. Maintenant, je veux rejouer, disputer des matches. Je veux retourner en équipe de France, il y a une Coupe du monde en 2023. Je suis une compétitrice. Tout ce que je veux c’est rejouer au football". L'avenir ne peut qu'être plus radieux.
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