Après les critiques sur la Super Ligue, place à celles sur la réforme de la Ligue des champions et ses conséquences sur les calendriers. Interrogés sur le choix de l'UEFA de faire passer la compétition à 36 clubs à partir de 2024, ou plus tôt avec des modifications, Pep Guardiola et Jürgen Klopp ont fortement critiqué l'instance dirigeant du football européen vendredi, en conférence de presse.
L'entraîneur de Manchester City a suivi les pas de son joueur, İlkay Gündoğan, concernant la réforme proposée par l'UEFA. Selon lui, cela ne va en rien régler le rythme infernal que subissent les joueurs. "Il y aura plus de blessures. Là, les joueurs finissent une saison extrêmement difficile. Ensuite, ils auront juste six jours de repos et iront avec leurs sélections nationales. Là-bas, les sélectionneurs voudront les mettre au travail, pour faire une bonne compétition lors du Championnat d'Europe et c'est normal. Quand ils auront terminé, ils n'auront que 10 ou 15 jours de repos, avant d'aller faire les tournées de pré-saison à New York ou en Asie. En Angleterre, il y a le community Shield si vous êtes champion... ".
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L'ancien technicien du Barça a aussi preuve d'honnêteté concernant le pourquoi du comment de l'arrivée de la Super Ligue en début de semaine. La compétition est sortie de terre subitement à cause, entre autres, de l'annonce de la réforme de la Ligue des champions et de sa mauvaise répartition du magot. "Tous ceux qui font ce travail savent que c'est une symbiose. Le football est aussi un business. On ne peut pas le nier", a reconnu l'entraîneur des Citizens.

Guardiola suggère des années à "400 jours" à l'UEFA et la FIFA

Le Catalan a ensuite continué son laïus et abordé le problème de fond qui entoure les deux compétitions. Selon lui, l'UEFA se fiche complètement de la santé des joueurs. "Nous jouons parce que les fans l'exigent. Les joueurs aiment jouer au football, mais il arrive qu'ils se blessent. L'UEFA le sait, mais est-ce qu'ils s'en soucient ? Pas du tout. C’est plus de matches, plus de compétitions. C'est toujours pareil. Tous les managers et les joueurs réclament un football plus juste et les institutions leur offre de la quantité", a-t-il ajouté, lassé par la situation, avant de faire une rémarque surprenante vu son pedigre d'entraîneur avide de travail.
"Je ne peux pas entraîner les joueurs. Je gère juste mon équipe. A chaque fois que nous parlons du sujet à l'UEFA, ils nous répondent : ‘Nous en avons pris note’. Mais après, il y a plus de matches. Puis il y a une nouvelle compétition pour ceux qui ne sont pas en Ligue des champions ou en Ligue Europa (la Conference League, ndlr). C'est comme un comédien ou une comédienne qui joue trois fois par jour au théâtre. Ils aiment être bons sur scène, mais jouer trois par jour, c'est beaucoup trop." Caustique, le plus grand amateur de la possession de balle a lancé un petit missile envers les deux principales institutions. "Nous devons demander à l'UEFA et à la FIFA de prolonger l'année. Nous avons 365 jours, peut-être pouvons-nous trouver 400 jours par an."
J'ai passé une heure à comprendre cette nouvelle formule
Du côté de Klopp, la lassitude s'est faite ressentir à l'évocation de ces problèmes politiques. "Je ne suis plus impliqué là-dedans. Désormais, je suis concentré sur mon équipe. Mais de ce que j'ai entendu, la Super Ligue n'est pas encore morte. Il y a beaucoup de discussions sur différents sujets. Tout le monde connaît mon avis sur le calendrier. Je suis totalement d'accord avec ce que Pep (Guardiola) a dit. On ne peut pas rajouter sans cesse de nouvelles compétitions. Donc, c'est très bien que la Super Ligue ne soit plus d'actualité. Mais la Ligue des champions, ce n'est pas. 'Oh super ! Faisons ça'. J'ai passé une heure à comprendre cette nouvelle formule et j'ai dit que je ne l'aimais pas parce qu'il y a 10 matches au lieu de 6. Je n'ai aucune idée de quand on va commencer avec ce format."
Selon lui, la cause est entendue, les principaux acteurs ne seront jamais consultés sur les questions entourant les contours des compétitions. "Il faudra voir ce qu'il va se passer. Peut-être que l'UEFA va demander à supprimer les coupes nationales ou de passer à 18 équipes en championnat... Mais ça, la Premier League n'acceptera jamais. On ne demandera jamais l'avis des joueurs, des entraîneurs ou des fans."

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