Depuis maintenant quelques temps, voir années, Bruno Bini fait confiance au 4-2-3-1. Bien qu’ayant eu quelques difficultés à trouver une charnière centrale lors de la Coupe du Monde 2011, le sélectionneur français semble avoir trouvé les solutions. Le réel questionnement se posait au niveau de l’animation offensive. Avant ces deux matchs de préparation, mais surtout le tournoi de Chypre, la place de n°10 de Louisa Nécib semblait fragile. Bien qu’ayant un potentiel énorme, la Lyonnaise n’arrivait pas à jouer avec Gaëtane Thiney, plus enclin à repiquer dans l’axe, sa place fétiche à Juvisy rappelant quelque peu le problème de Zinédine Zidane et Youri Djorkaeff à l’époque en équipe de France masculine.
Face à la Roumanie (6-0) et mercredi soir la Russie (3-0), Louisa Nécib a prouvé que jouer avec Gaëtane Thiney ne posait pas de problème. Décrochant souvent pour avoir plus d’espace et orienter le jeu, la Lyonnaise a démontré son influence. Elle a pu sauter le milieu russe et le pressing constant de l’une des deux sentinelles. De plus, la titularisation de Marie-Laure Delie a apporté un véritable plus. Face à la Roumanie, les Bleues avaient surtout joué sur les ailes grâce à un jeu technique et rapide entre Louisa Nécib et ses ailières. Mercredi, les Françaises ont varié le jeu et chercher plus souvent l’axe. La Montpelliéraine a une palette multiple, capable de garder le ballon mais aussi de partir en profondeur avec sa vitesse de pointe. Le 4-2-3-1 offre ainsi de diverses possibilités à un Bruno Bini, souvent critiqué pour ses choix tactiques attentifs.
Le Japon, test grandeur nature
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Le match de la Russie a confirmé une chose. Les joueuses sont complémentaires. L’un des exemples notables est bel et bien Laura Georges et Wendie Renard. Après avoir été mis de côté pendant quelques temps, l’ancienne universitaire américaine a signé un grand match. Avec une attaquant russe seule en pointe et esseulée, Laura Georges a dû, sur chaque action, anticiper. Elle a finalement joué en stoppeur et Wendie Renard en libéro, un duo dont la complémentarité sautait aux yeux. Bien que peu titularisée par Bruno Bini préférant Ophélie Meilleroux, Laura Georges a prouvé une nouvelle fois qu’elle pouvait remplacer la montpelliéraine à tout moment et faire un duo efficace avec sa comparse de la défense rhodanienne.
Mais le duo le plus en vue est bien celui du milieu, Abily-Bussaglia. Profitant de l’absence de Sandrine Soubeyrand pour être titularisées, les deux Lyonnaises (Elise Bussaglia étant la grosse recrue estivale de l’OL) se sont imposées facilement et font preuve d’une complémentarité presque naturelle, que ce soit sur le terrain et en dehors. Camille Abily, l’excentrique, est plus n°8 que 6. Capable de récupérer et de monter rapidement vers l’avant, on pourrait facilement la comparer à une sorte de Steven Gerrard, une box-to-box féminine. De l’autre côté, Elise Bussaglia, la calme, est une sorte de n°6 à la Andrea Pirlo, une "quaterback" chez les Bleues. Dès qu’une joueuse la protège, ici Camille Abily ou bien Léa Rubio au PSG, l’ex-Parisienne offre des caviars millimétrés, donne le ton du jeu et est capable de monter sur certaines actions apportant le danger.
Face à une équipe russe mieux classée mais techniquement limitée, les coéquipières de Franco ont continué à soigner la confiance et leur jeu. Moins libre que face à la Roumanie mais offrant un jeu diversifié, les filles de Bini ont maintenant des certitudes tactiques et une palette plus importante. Bien que manquant d’une véritable " impact player", les filles confirment que leur force reste le collectif et une complémentarité notable. Maintenant, les Bleues et leurs supporters n’attendent plus que le vrai test face au Japon, sûrement décisif pour entrevoir une performance aux JO et le premier match face aux USA.
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