Il existe deux Real Madrid. Le premier est moyen. Le deuxième est irrésistible. Cette saison, les hommes de Carlo Ancelotti ont présenté deux visages dans des proportions surprenantes. En première période, ils ont inscrit six buts et en ont encaissé cinq. Lors des seconds actes, ils ont marqué seize buts et ont gardé leur cage inviolée. De 6-5 à 16-0, d’une équipe quelconque à un rouleau compresseur, pour un résultat impressionnant : huit victoires en huit matches.
Parfois, c’est en toute fin de rencontre que la Maison Blanche a fait la différence. Le doublé de Karim Benzema face à l’Espanyol en a été l’illustration, lors de la 3e journée de Liga, avant que le succès madrilène face à Leipzig, mercredi, ne s’inscrive dans cette veine. Parfois, c’est plus globalement la deuxième moitié de partition du Real qui a tutoyé la perfection. La large victoire sur la pelouse du Celtic (0-3), en ouverture de la campagne de C1 du tenant du titre, a été de cet acabit.
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"La deuxième période a été une exhibition"

Ancelotti s’est même dit bluffé par le deuxième pan de la prestation de son équipe, à Glasgow, le 6 septembre dernier. "La seconde période a été une exhibition. Nous n’avons pas pris de but mais je retiens surtout la façon dont nous avons joué. Nous avons gardé le ballon et quand nous avons eu de l’espace, nous l’avons utilisé avec brio", a savouré Il Mister. Un but a synthétisé cette maîtrise des débats. Le troisième du match, l’œuvre d’Eden Hazard. Ou plutôt celle d’un collectif.
Trente-trois passes ont abouti à la réalisation du Belge, qui a mis un terme au suspense à l’orée du dernier quart d’heure. Suspense que le Real a donc tendance à ménager. Après ce succès symbolique du début de saison de ses joueurs, Ancelotti ne leur a pas jeté la pierre concernant cette incapacité chronique à partir fort. Il l’a d’ailleurs analysée différemment : "Je ne peux pas être en colère, il faut savoir souffrir face au Celtic, dans cette atmosphère, et mon équipe sait le faire."

Insubmersible comme la saison passée

Derrière ce discours optimiste, persiste la question d’une différence de niveau entre le Real Madrid des quarante-cinq premières minutes et celui des suivantes. Alors que les "Merengue" n’avaient jamais bouclé un premier acte sans cadrer le moindre tir, à domicile en Ligue des champions, entre 2003-04 et 2022, ils viennent de le faire trois fois de rang. Face à Chelsea (quart de finale), Manchester City (demi-finale) et Leipzig (phase de groupes). Préoccupant, pour un géant d’Europe ?
Mais de l’impuissance à la tranquillité, il n’y a qu’un pas, que le Real franchit au gré de ses deuxièmes périodes réussies. Au point d’en faire une marque de fabrique. L’impression qu’il ne peut rien lui arriver, qu’il peut balbutier son football ou se contenter de résister avant de porter le coup de grâce, dans une répétition des scénarios qui balaie la thèse du heureux hasard. En 2022-23, il perpétue cette "magie" qui a entouré son chemin vers une quatorzième coupe aux grandes oreilles.

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Une première depuis 1987-88 ?

Dimanche sur le terrain de l’Atlético (21h), son ennemi intime au sein de la capitale espagnole, le Real cherchera à remporter son sixième match sur six en Liga. Un départ canon rarissime, comme il n’en a plus signé depuis 1987-88. Préserver cette entame immaculée revêt un enjeu d’autant plus important que le Barça s’est presque aussi bien mis en action (16 points sur 18). Pour cela, le leader provisoirement (?) supplanté pourra compter sur un Federico Valverde en ébullition et une confiance au beau fixe, qui ne doit pas virer à l’excès.
Parce que ce 16-0, affiché après la pause, est susceptible de donner aux joueurs du Real la conviction absolue qu’ils seront, toujours, en mesure de renverser une rencontre. Un sentiment cultivé dès la saison passée qui s’exprime peut-être plus encore face à leur rival de dimanche. Dans l’esprit des supporters "merengue", du moins, à l’aune du souvenir d’une finale de Ligue des champions 2014 que Sergio Ramos avait frappé du sceau de cette fantastique invulnérabilité, d’un coup de tête entré dans la légende.

Vinícius Jr. (Real Madrid)

Crédit: Getty Images

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