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Clásico, la Guerre des mondes: L'erreur historique du Barça

L'erreur historique du Barça
Par Eurosport

Le 28/02/2013 à 13:13Mis à jour Le 28/02/2013 à 17:52

Jusqu'à samedi, nous publions les bonnes feuilles de "Clàsico, la Guerre des mondes", de Thibaud Leplat (édition Hugo & Cie). Dans ce troisième récit, vivez comme si vous y étiez l'erreur historique du Barça qui, ne croyant pas à la réussite des coupes d'Europe, a laissé le Real Madrid tisser sa légende sur le continent dans les années 50.

Après la Coupe du monde de Football et les JO, la France invente la nouvelle compétition que les autres se chargeront de gagner : la Coupe d’Europe des clubs champions. La Fifa n’a rien contre, mais l’UEFA, à peine sortie du cerveau de quelques fonctionnaires, dit ne pas avoir les moyens d’organiser une telle compétition. Alors le journal se charge de s’adresser aux fédérations et aux clubs intéressés. La première édition est une forme de confrérie et s’organise par cooptation.

Le Real Madrid est champion d’Espagne mais ce n’est encore qu’un accident. La grande équipe des années 50, c’est Barcelone. Carlos Pardo, journaliste à Mundo Deportivo et correspondant de L’Équipe à Barcelone, raconte l’autre névrose catalane : "L’Équipe m’a demandé d’inviter le FC Barcelone à participer à la première Coupe d’Europe, en 1955, une initiative venue du journal pour l’hiver, une période où il vendait moins qu’à l’été, époque du Tour de France. La participation se faisait sur invitation. En Espagne, seuls Barcelone, Madrid, Valence et Bilbao remplissaient les conditions sportives et de prestige pour pouvoir s’y inscrire. Avant d’en parler avec le club, Samitier m’a averti : 'C’est n’importe quoi!' Cette réaction m’a surpris. Ensuite, le secrétaire du club, M. Domenech, m’a donné rendez-vous au siège du Barça. Le rendez-vous était fixé à 19 heures mais il ne m’a pas reçu avant 21 heures 30. Quand je lui raconte que je viens de la part de L’Équipe, il me répond : 'Lé quoi ?'. Il lit le règlement et me répond : 'Ça, c’est une utopie complète, ça ne se fera jamais'. Et alors il me raconte que c’est la Coupe de Catalogne par équipes qu’il faut ressusciter, comme avant la guerre. 'Désolé Pardo. Merci d’être venu'." Après l’affaire Di Stefano, le FC Barcelone perd sa seconde perle en un an, et cette fois-ci, Franco n’y est pour rien.

Après trois heures d’attente dans un couloir et quelques minutes de mépris dans le bureau d’un sous-quelque chose, Pardo rentre chez lui et parle à sa femme. "Pourquoi tu n’appelles pas ton ami du Real, Saporta? Elle avait raison, je n’avais rien à perdre, reprend Pardo. Saporta répond tout de suite : 'Allô, c’est pour la Coupe d’Europe ? C’est vous qui gérez ce truc ? Le Barça n’est pas intéressé ? Vous nous invitez ?' Saporta était très enthousiaste. Il m’a fait monter dans l’avion pour Madrid dès le lendemain matin."

L’histoire du Real Madrid peut remercier Madame Pardo et Raimundo Saporta, le "Huggy les Bons Tuyaux" de Santiago Bernabéu. "Arrivé à Madrid, la voiture de Bernabéu m’attend sur le tarmac de Barajas et m’emmène directement vers le bureau du club où m’attendaient Bernabéu, Saporta et Calderón, le gérant. Le jour suivant, nous nous envolons tous pour Paris et nous nous retrouvons dans un hôtel pour fonder la Coupe d’Europe." En avril 1955, à l’Hôtel Ambassador, à Paris, la compétition est créée en présence des quinze présidents qui prennent part à la première édition. Santiago Bernabéu est élu vice-président du comité d’organisation.

Thibaud Leplat, "Clàsico, la Guerre des Mondes", Editions Hugo Sport. 256 pages, 15,95 euros.

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