Le titre est un peu trompeur. J’aurais dû écrire : Real Sociedad, le vrai FC Nantes.
L’entraîneur tout d’abord. On ne présente plus Philippe Montanier en France. En Liga, il a acquis le respect après des débuts compliqués, à la suite desquels la pression populaire fut terrible. Mais vous l’avez sans doute remarqué, Montanier n’est pas un sanguin. Il est toujours resté calme dans la tempête, n’a jamais fait de vagues ni de provocations orales. Désormais, il est connu pour avoir donné un style à l’équipe basque, quatrième en Espagne, devenu en quelques mois une référence en beau jeu et en efficacité.
Montanier est la pierre angulaire de ce projet. C’est lui qui a lancé des jeunes inconnus, surveillés maintenant de près par les grosses cylindrées nationales et étrangères. Il ne s’est pas trompé à l’heure de mettre 4 millions d’euros (une somme actuellement) pour recruter à Arsenal le Mexicain Carlos Vela, absolument fantastique cette saison. Il a donné une âme à cette équipe en s’appuyant sur des cadres comme Xabi Prieto. Juste un mot sur le capitaine de la Real : esthète du ballon, Xabi Prieto a rajouté l’intensité et le sens du but qui lui a manqué dans sa carrière. Aujourd’hui, il est l’un des meilleurs joueurs en Liga. Seul son âge (30 ans) lui ferme les portes de la Roja.
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La règle du 8+3
La formation ensuite. C’est l’arme principale de la Real Sociedad. Comme son voisin de l’Athletic Bilbao (Llorente, Muniain, De Maroc, Iraola, etc…), San Sebastian récolte le fruit de plusieurs années de (bon) travail. Les joueurs se connaissent depuis plusieurs saisons, sont amis et partagent la même idée d’un football associatif. L’excellent arrière droit Carlos Martinez, Inigo Martinez (un défenseur central appelé aux plus hautes destinées un jour), Illaremendi à la récupération, Griezmann à la percussion et Ruben Pardo, l’homme qui joue juste au milieu de terrain. Je vous avais parlé de ce Pardo, que "cache" Montanier autant que possible. Mais une telle qualité ne peut plus passer inaperçue. Marca, dans son édition de samedi matin, le voit ainsi comme l’un des futurs remplaçants de Xabi Alonso au Real Madrid et dans la sélection espagnole…
Mais si j’ai osé la comparaison avec le FC Nantes, c’est que la Real Sociedad a recréé un système que l’on ne voit plus beaucoup dans le football, mais qui était l’essence du club français, époques Suaudeau et Denoueix. En raison de sa spécificité (la Real n’engage traditionnellement que des joueurs basques… et des étrangers), le club de San Sebastian mise souvent sur le 8+3 : autour de cette base de joueurs du cru, Montanier aligne trois étrangers à des postes clés. Trois Sud-Américains. Le gardien de l’équipe nationale du Chili, Claudio Bravo. Carlos Vela pour animer le jeu. Enfin, les Uruguayens Ifran ou Chory Castro pour se vider devant. L’an passé, le Kenyan Maringa (Inter Milan) était reparti au bout de six mois car il ne comprenait pas ses partenaires, tous formés dans le même moule et la même conception du football. On y revient toujours…

Claudio Bravo Real Sociedad FOTO: EFE

Crédit: Eurosport

Cette équipe me rappelle trois époques du FC Nantes : 1994-95, 1996-97 et 2000-01. Je parle à la fois de la composition de l’équipe et du profil des joueurs. Vitesse, disponibilité, intelligence tout y est. Regardez les buts de l’avant dernier match face à Valladolid (4-1). Du grand art. Si elle pouvait franchir la proche frontière, je pense sincèrement que la Real Sociedad serait dans les trois premiers du championnat de France.
François DAVID : Journaliste, François David vit à 'Barcelona', où il est spécialiste de la Liga pour RFI, France Info et Le Parisien. Il collabore aussi avec quelques stations de radio espagnole, notamment Cadena Ser et la "Cope", où il intervient régulièrement pour évoquer la Ligue 1 et les performances des joueurs français évoluant en Liga.
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