"Comptez sur nous !" En plein préparation de sa nouvelle saison, dans son nouveau club, Marco Silva opte pour un discours ambitieux. Le technicien de 37 ans qui vient de troquer Estoril pour le Sporting annonçait déjà, le jour de sa présentation, vouloir "gagner des titres". Le dernier (une Coupe du Portugal) remonte à 2008. Depuis, les Lions mangent leur pain noir… Dimanche soir, le SCP a remporté la Taça de Honra, une compétition de pré-saison, face à son très sérieux rival du Benfica (1-0). Pas de quoi calmer les effets d’annonce du président Bruno de Carvalho. Son équipe retrouve cette saison la C1 après cinq ans d’absence, grâce à une place de dauphin (du SLB) en Liga – jamais atteinte depuis 2009. Mais BdC la joue insatisfait : "La deuxième place est la première des dernières". Et selon lui, si son Sporting n’est plus champion depuis 2002 c’est à cause de "l’alliance entre le Benfica et le FC Porto". Une "bipolarisation du football portugais" qui "fonctionne comme "un anus d’où sortent un vent nauséabond ou des déjections". Depuis quelques mois, une sorte d’euphorie rageuse règne à Alvalade. Le Lion n’est pas mort et Carvalho envoie encore : "La saison prochaine nous devrons assumer ce qui est naturel pour nous : être candidat au titre".
Marco Silva en fleurs
Pour sa première expérience dans un grand club, Marco Silva a la pression. Celle de devoir faire au moins aussi bien que son prédécesseur, Leonardo Jardim. Le nouveau technicien de Monaco avait engrangé 74% des points possible au cours du dernier championnat. La meilleure perf depuis sept ans. Silva doit maintenant poursuivre ce que son latéral Cédric Soares définit comme la "violente évolution du Sporting". Et le Mister débarque avec des conditions inhabituelles. En le faisant signer un contrat de quatre ans, de Carvalho dénote avec les coutumes de son club et celles du foot portugais, en général. Un engagement longue durée qui inquiète les plus pessimistes. Et si ça ne colle pas ? Il faudra grassement dédommager Marco ou le payer à rien faire comme ce fut le cas avec les récents Domingos ou Vercauteren ? Oui, le volet financier inquiète toujours autant.
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07/12/2016 À 14:56
L’austérité reste de mise
Malgré les 8,6 millions assurés par sa participation à la phase de groupe de la Ligue des champions, le patron du Sporting a annoncé qu’il allait maintenir le même budget qu’en 2014 : 25 millions d’euros. L’austérité demeure la règle à Alvalade. Pour combler le passif de près de 300 millions d’euros et tenter d’honorer ses dettes, les socios ont voté en juin dernier un plan de restructuration financière du club qui comprend l’hypothèque du stade et l’ouverture du capital à des investisseurs étrangers. Le Sporting se serre, chaque jour, un peu plus la ceinture. Bruno de Carvalho rabote toutes les dépenses en fournitures ou en salaires… Les cinq journalistes du journal du club fondé en 1922 ont été renvoyés. Une "externalisation des services" qui, affirment les dirigeants, sera "obligatoirement" assurée "par des socios du Sporting". Ces derniers sont pleinement mis à contribution. Pour financier la construction d’une nouvelle salle omnisports, BdC en appelle à la générosité de ses adhérents qui s’ennuient depuis maintenant un moment. Alors, pour les occuper, il vient de leur offrir une chaine : Sporting tv…
Des supporters lassés
Si les rapports entre les groupes de supporters et les dirigeants se sont apaisés depuis l’élection de Bruno de Carvalho il y a un peu plus d’un an, une rechute sur le plan des résultats pourraient très vite renverser la tendance. BdC perçoit en plus, depuis septembre dernier, un bon salaire : 5000 euros par mois. Le président de l’AG du club assurait pourtant quatre mois auparavant que "tant qu’il sentirait des difficultés au Sporting et qu’il y aurait des problèmes comme le licenciement de personnes, le président ne voudrait rien recevoir". Le genre de changement de cap qui pourrait enflammer des sportinguistes affamés de trophées. Le dernier, une Coupe du Portugal, remonte à 2008. L’ultime Liga date de 2002… Plus qu’impatients, les fans des Verts et Blancs sont lassés, frustrés de voir leurs rivaux parader sous leurs yeux.
Avec quelle équipe ?
Pour rééquilibrer ses comptes et assurer sa survie, le Sporting doit vendre. Un vrai dilemme pour ses dirigeants. Slimani et Rojo qui se sont révélés mondialement au Brésil avec l’Algérie et l’Argentine figurent parmi les plus belles valeurs marchandes. Idem pour Capel. Mais leur départ impliquerait la fuite d’éléments d’expérience. Et le Sporting qui retrouve la C1 en manque autant qu’il manque… d’argent. Il va aussi devoir régler le destin – et les salaires – de ses nombreux joueurs prêtés (Miguel Lopes, Salim Cissé, Salomão, Nuno Reis, Zezinho, Viola…) Mais dans le même temps, le SCP recrute. Déjà une demi-douzaine d’arrivées. Hormis le Japonais Tanaka – belle prise pour attirer le marché asiatique - toutes ont, au plus, 23 ans (Paulo Oliveira, Rosell, Slavchev, Gerlades). Parmi elles, Ryan Gauld. Surnommé le "Messi écossais", ce joueur à peine majeur va toucher un salaire (45K€ mensuels) 30% plus élevé que celui d’un Slimani et huit fois supérieur aux jeunes du centre. Et ça aussi, Marco Silva va devoir le gérer…

Islam Slimani (Algérie) a ouvert le score face à la Corée du Sud

Crédit: Panoramic

Quid de la formation ?
Ce recrutement de jeunes mené par le patron du foot, Augusto Inacio, peut étonner. Plus de dix millions d’euros investis sur des joueurs d’avenir alors que le Sporting est LA référence portugaise en matière de formation. Leonardo Jardim avait su puiser dans l’Academia d’Alcochete. C’est grâce à ses pépites que le Sporting engrange les millions. Historiquement, avec les Figo, Simão, Nani, Cristiano. Plus récemment, avec les ventes d’Ilori et de Bruma. William Carvalho pourrait être le prochain. A moins que ce soit Dier, Cédric, Rui Patricio ou Adrien. La relève (Mané, Esgaio, Nuno Réis, Kikas) attend son heure, avec une certaine inquiétude. Car les actes de leurs patrons avaient été précédés de mots. En janvier dernier, de Carvalho qui avait élu en faisant de l’Alcochete la base de son programme se plaignait devant les caméras de RTP : "En termes économiques, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’est pas productif de miser sur la formation, compte tenu de la législation en vigueur. Le Sporting a un coût de neuf millions d’euros pour la formation". C’est pourtant moins que ce qu’il vient de miser (sans compter les salaires) pour des recrues du même âge…
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