"Le FC Porto, un modèle à suivre." Pas (encore) un slogan mais une idée (reçue ?) largement répandue. Voilà quelques décennies que les Dragons enfilent les trophées et brassent les millions. Un nom fait écho, inévitablement : Jorge Nuno Pinto da Costa. Elu président du FCP pour la première fois en 1982, le dirigeant de 75 ans collectionne, depuis, les mandats. En mai dernier, il brigua son treizième mandat consécutif, et l'obtint avec plus de 99% des voix. Sans opposition. Un score "bananier". Un de plus…
Démocrate ou despote ? Le FC Porto se veut être, avant tout, le club de ses sócios. Plus qu’un club, "Porto est une nation", martèle fièrement son président. Pinto da Costa a bâti son œuvre et sa réputation en adoptant un langage volontairement politisé. Son FCP était "méprisé", "oublié" par "ces gens" de la capitale, Lisbonne. Son discours détonnait et étonnait au début des années 80. Porto était alors mené par Américo de Sá, un pacifiste qui peinait à nourrir les ambitions de ses abonnés. En 1982, lorsqu’il annonce sa candidature aux élections présidentielles de 1982, PdC vient de quitter son poste de patron du foot. Il reproche à Américo de Sá sa connivence avec le pouvoir central lisboète. Pinto ira jusqu’à pousser une quinzaine de joueurs à la grève, lors du fameux Verão Quente ("Chaud Eté") du FC Porto. Et personne n’osera le défier face aux urnes. Presque une habitude. Mises à part les campagnes de 1988 et 1991, PdC n’aura pas de concurrent. En 1978, il est celui qui est allé débaucher Pedroto au voisin de Boavista pour remporter un titre de champion national qui échappait aux Dragons depuis dix-neuf ans. La première C1 de 1987 va assoir plus encore son pouvoir. Pinto est intouchable. Décoré, entre autres, du statut de Dirigeant du Siècle par l’Association de Football de Porto, il s’apprête à recevoir, pour les 120 piges de son club, un Dragon d’Or. Un de plus…
Bon ou mauvais gestionnaire ? Parmi les cent plus gros transferts de l’histoire, le FC Porto est le club qui a généré le plus de cash, devant Arsenal : 238,5 millions d’euros. Tout a commencé avec le transfert de Paulo Futre vers l’Atletico Madrid en 1987, pour 3 millions d’euros. "Seul Maradona a coûté plus cher à cette époque", se souvient le "vendu". L’année suivante, c’est Rui Barros qui file à la Juventus pour 5 millions d’euros. Le FCP sait vendre. Pinto da Costa est un maitre pour faire grimper les enchères. Son secret ? Coller une clause libératoire indécente, déclarer son joueur "intransférable" et laisser mijoter…  Mais Porto ce n’est pas que cette recette. Ce sont aussi des pertes. Beaucoup de pertes… Son passif avoisine les 210 millions d’euros. Et plus inquiétant, il ne cesse de croitre ces dernières années, alors même que Porto réalise ses plus grosses ventes. En dix ans, le passif a augmenté de 48%. Les profits réalisés par PdC ont servi à recruter de nouveaux, nombreux (près d’une centaine sont sous contrat) et chers joueurs – Porto est le club portugais ayant le plus investi sur le marché des transferts ; à les payer – les frais en personnel ont progressé de 28% en dix ans ; à  (ré)acquérir une partie des droits de joueurs lâchés à des fonds d’investissement – parfois à perte, comme pour James Rodriguez ; à rembourser les prêts. Le FCP doit de plus de 100 millions d’euros aux banques et, pour éponger ses dettes, il a recourt à des emprunts obligataires. Deux (de 10 et 25 millions d’euros chacun) sont en cours, à des taux d’intérêt de 8% et 8,25%. Et le presidente, combien gagne-t-il ? Lorsqu’il a été entendu lors de l’affaire du "Sifflet Doré" (lire plus bas), il aurait déclaré toucher 400 euros par mois. Ses émoluments se situent plutôt autour d’un 30.000 euros mensuel, hors primes de résultats. Et il y a eu beaucoup…
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Provocateur ou vicelard ? Bien qu’il s’en dédouane (parfois), Pinto est un belliqueux. Il alimente depuis des années la "guerre" Nord / Sud. Ses relations avec le Benfica et le Sporting ont rarement été bonnes, encore moins stables. Une rivalité banale et banalisée. Cet esprit accrocheur PdC le transpose dans ses rapports avec ses proches. Les embrouilles (et les réconciliations), il les amasse aussi avec ses joueurs (Domingos, Branco, Gomes…) Miki Féher était de ceux-là. Son transfert au Benfica n’a jamais été digéré par PdC. Le joueur s’est éteint à 24 ans, en plein match. Le foot portugais était sous le choc, à quelques mois de son Euro 2004. Le FCP envoya Mourinho, Jorge Costa et Reinaldo Teles aux funérailles du Hongrois mais l’absence de leur président fut remarquée et commentée.
Jorge Nuno Pinto da Costa, c’est l’histoire d’un gamin issu d’une famille nombreuse mais bientôt brisée. Ses parents divorcent peu après sa naissance. Pas courant dans un Portugal salazariste apathique. PdC en a-t-il gardé quelques séquelles ? Depuis 2012, JN (re)vit l’amour avec Fernanda Miranda – de 48 ans sa cadette. Joana, sa fille, n’approuve pas. Elle n’invitera pas sa belle-mère à son mariage. Elle n’ira pas au sien, non plus… Alexandre Magalhães fut son vice-président dans les années 80. "Un ami de trente ans", comme le qualifiait alors Jorge Nuno. En 1988, c’est la dispute. Les motifs restent flous. Alexandre n’aurait pas pardonné à son pote d’avoir troqué son épouse d’alors, Manuela Carmona, pour une secrétaire du club. De cette liaison naitra Joana en 1987, alors que Pinto état toujours marié. Le divorce ne sera effectif que dix ans plus tard. Une trahison aurait blessé Alexandre, ami d’enfance de Manuela, qui ne reconnait plus son vieil ami, élevé par des jésuites. Magalhães est aussi le parrain du fils de Jorge Nuno – qui porte son prénom - et qui va lui aussi longtemps reprocher à son père cette relation adultérine. Les deux hommes ne sont parleront pas pendant une décennie. Dans les années 2000, PdC s’amourache de l’écrivaine Carolina Salgado. Leur séparation sera douloureuse. Carolina écrit sa bio, en pleine affaire du "Sifflet Doré" (lire plus bas) dans laquelle elle accuse son ex de corruption et violences. Elle-même affirme avoir été agressée par Pinto.
Débrouillard ou magouilleur ? Pinto da Costa a été amené à comparaître dans l’affaire du "Sifflet Doré", le plus gros scandale de matches truqués jamais révélé à ce jour au Portugal. Il a écopé de deux ans de suspension, et son FC Porto fut condamné à six points de retrait pour tentative de corruption sur les rencontres face à l’Estrela da Amadora et le Beira-Mar (2003/04). Rien de bien grave. A l’issue de la saison 2007/08, sur laquelle la sanction fait effet, les Dragons-champions comptaient 12 points d’avance au classement. Les écoutes téléphoniques accablant PdC ont été jugées "inconstitutionnelles" par le Tribunal Administratif et Porto a échappé à une sanction de l’UEFA. La punition infligée à PdC serait même jugée "inexistante" et annulée en 2011.Un dossier de plus pour le boss portiste...
Après notamment, l’affaire Francisco Silva (1986) – arbitre de Liga qui avoue avoir reçu des fanions et des montres offerts par Pinto da Costa – le cas Calheiros (1996) – autre arbitre dont les billets de ses vacances au Brésil ont été facturés au nom du FC Porto. Barata, ex-président du Farense, envoie : "Pinto da Costa est l’homme qui gouverne le foot portugais." Il affirme avoir joué les intermédiaires entre le patron des Dragons et une équipe d’arbitrage pour des matches européens. Porto porte plainte (et est dédommagé) pour diffamation mais l’UEFA réclame des explications à la fédération portugaise. Sans suite… En 2003, alors que le scandale du Sifflet Doré s’apprête à éclater, PdC est carrément tout sourire. Il assiste à la remise du diplôme d’arbitre à Joana… Pinto da Costa. Sa fille dont le premier équipement est offert par Pinto de Sousa. Un ami d’enfance du paternel, qui dans les années 80, était président du Conseil d’Arbitrage. On lui reproche "d’ajuster" la nomination des arbitres avec son copain de Porto. Pinto de Sousa sera accusé de 144 crimes dans le cadre du "Sifflet Dorée" avant d’être… acquitté.
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