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Liga et les crampons dorés

La fin des "crampons dorés" en Liga ?
Par Eurosport

Le 04/11/2009 à 18:14Mis à jour

Quand les parachutes dorés sont dans le collimateur, les crampons dorés peuvent-ils subsister ? Frappée de plein fouet par la crise, l'Espagne veut modifier la "loi Beckham". La Liga réagit et menace d'une journée de grève contre un projet parlementaire d'abolition de ces privilèges fiscaux.

Le derby entre les néo-Galactiques du Real et les joueurs en quête de rachat de l'Atletico Madrid aura-t-il lieu ? La Liga va-t-elle connaître une journée de grève retentissante ? C'est possible. Les instances du football espagnol sont prêtes à tout pour défendre leurs "crampons dorés", soit des avantages fiscaux votés en 2003 qui leur ont permis d'attirer les plus grands joueurs de la planète. C'était ce que l'on a appelé la "loi Beckham". Depuis, le pays a été sérieusement touché par la crise financière. Les transferts mirobolants de l'été avaient déjà provoqué des réactions indignées. Les 258 millions dépensés par le Real Madrid (pour huit joueurs) paraissaient déraisonnables pour certains observateurs en comparaison à la montée du chômage.

Quelques mois plus tard, des parlementaires proposent de modifier la fameuse "loi Beckham" qui permet aux étrangers les mieux lotis de payer moins d'impôts que les contribuables nationaux à revenus équivalents. La Liga (Ligue de football professionnel espagnole) a décidé de s'y opposer farouchement. Elle a convoqué pour vendredi matin une assemblée générale extraordinaire "qui pourrait décider d'une journée de grève immédiate de la Liga", selon des précisions données à l'AFP par son vice-président, Javier Tebas. "La grande majorité des clubs avec qui nous avons parlé sont d'accord", a-t-il assuré. Les clubs sont en effet en première ligne : les joueurs, ou leurs agents, négocient souvent les salaires nets d'impôts. Et les clubs jouent de la marge offerte par la loi actuelle pour offrir de (très) gros salaires aux meilleurs étrangers.

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Grève contre raison économique

Une grève du championnat "serait une mesure qu'aucun contribuable ne pourrait comprendre, encore moins dans une situation de crise économique", a relevé de son côté la ministre socialiste de l'Economie, Elena Salgado. "Tout le monde doit se serrer la ceinture, y compris les footballeurs", a abondé le porte-parole parlementaire du PSOE, José Antonio Alonso.Le parti indépendantiste catalan ERC a estimé que cette réforme, à laquelle il est favorable, rapporterait 100 millions d'euros annuels à l'Etat. Autant d'argent en moins dans les caisses des clubs espagnols, ce qui fait craindre à la LFP une perte de compétitivité en Europe.

Réalisme économique ou prime au rêve sportif véhiculé par les locomotives de l'industrie sportive espagnole. Le choix est déjà fait par le gouvernement, qui avait pensé prendre ses précautions en précisant que que la nouvelle loi ne serait pas rétroactive. Les contrats des Zlatan Ibrahimovic ou Cristiano Ronaldo resteraient donc "en vigueur dans les mêmes conditions au cours des prochaines années, dans une limite de cinq ans". La Liga entend peser de tout son poids pour conserver ses stars en brandissant la menace de la grève. A moins que ce ne soit une façon d'habituer progressivement les spectateurs à ne plus contempler les plus riches joueurs de la planète...

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