. LE POIDS DE SON TRANSFERT

"Une erreur", "le plus mauvais joueur du Real", "hors-sujet"… Depuis samedi et la défaite du Real Madrid dans le Clasico (2-1), Gareth Bale concentre toutes les critiques de la presse espagnole. Après son transfert de Tottenham pour 91 millions d'euros, qui a fait de lui le deuxième joueur le plus cher de l'histoire derrière Cristiano Ronaldo (94 millions), le Gallois vit avec une pression énorme sur les épaules. Zidane lui-même avait jugé "incompréhensible aujourd'hui de payer aussi cher" pour un joueur. Johan Cruyff, l'ancien du Barça, n'a pas manqué d'appuyer là où ça fait mal : "Acheter un joueur à ce prix-là, c’est très cher tout d’abord, et ça pose en plus des problèmes au gamin parce qu’il ne sera jamais jugé normalement. Il aura beaucoup de difficultés et ce n’est pas juste". Aujourd'hui, Bale doit réussir à vivre avec ce poids. "Mettez la pression sur d'autres joueurs, laissez-le tranquille", demandait déjà Ronaldo la semaine dernière. Mais les comparaisons sont cruelles. Le bilan de Bale affiche seulement un but après dix journées de Liga (à Villarreal). A pareille époque, CR7 avait déjà signé cinq réalisations lors de sa première saison au Real Madrid en 2009/2010.

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. IL N'A PAS ENCORE JOUE 90 MINUTES

Si Gareth Bale n'a pas encore convaincu au Real Madrid, c'est aussi à cause d'un physique qui ne cesse de le trahir. Il y a d'abord eu cette blessure à la cuisse qui a perturbé sa présaison. "On a exagéré sur ma blessure. J’ai eu une petite douleur à la cuisse. J’ai raté une bonne partie de la présaison et j’ai eu quelques difficultés à rattraper ce retard", reconnaît-il. La rumeur, qui a été démentie depuis, voulait aussi qu'il souffre d'une hernie discale. Et Bale lui-même s'est mis en difficulté en rejoignant la sélection galloise malgré ses pépins physiques. Sans compter son refus de s'entraîner avec les Spurs pour forcer son transfert en Espagne. Aujourd'hui, le constat est sans appel : le Gallois n'est tout simplement pas prêt. Depuis son arrivée au Real, il n'a toujours pas disputé un match de 90 minutes en sept apparitions. Face au Barça, il débutait seulement son deuxième match de la saison. Il a été remplacé par Karim Benzema dès la 60e minute. Son plus gros temps de jeu cette saison. "Le Real a précipité son retour, explique notre confrère britannique d'Eurosport, Tom Adams. Une fois qu'il sera installé dans sa vie à Madrid et qu'il sera au sommet de sa forme, vous verrez le vrai Bale".

Crédit: AFP

. "SA POSITION NATURELLE EST A DROITE"

Pour voir le vrai Bale, encore faudra-t-il qu'il évolue à son vrai poste. Or, le Gallois représente un casse-tête tactique pour Carlo Ancelotti. Samedi, l'entraîneur italien a surpris tout le monde en le positionnant "avant-centre" aux côtés de Cristiano Ronaldo et Angel Di Maria. Un choix qui n'a franchement pas été payant. "Contre Barcelone, il pouvait changer de position avec Di Maria", s'est défendu Ancelotti. Car pour le Mister, "sa position naturelle est à droite". A Tottenham, on ne partageait visiblement pas cet avis. En 83 matches avec les Spurs, Bale a débuté seulement deux fois à droite (contre Everton lors de la 28e journée de la saison 2011-2012 puis contre Wigan lors de la 35e journée de la saison 2012-13). Le reste du temps, il a débuté toutes les rencontres au poste de milieu offensif gauche à l'exception de deux matches comme latéral et dix comme deuxième attaquant dans un 4-2-3-1 derrière Adebayor ou Defoe. Mais, à cette époque, il possédait une grande liberté dans le jeu. Liberté qui revient aujourd'hui à Ronaldo au Real. Face à Séville, Ancelotti a déjà annoncé que Benzema serait titulaire. Selon toute vraisemblance, Bale devrait donc avoir l'occasion de prouver que sa place "naturelle" est bien sur le côté droit…

. DEJA UN DEPART ?

En Espagne, on a vite fait de tirer des conclusions. Certains n'hésitent pas à parler déjà de Bale comme l'un des plus gros échecs du Real Madrid. Après seulement quelques matches, il n'en fallait pas plus pour susciter la première rumeur de départ. Celle-ci est venue d'Angleterre. Selon le Sunday Times, Manchester United aurait mis de côté une enveloppe de 100 millions d'euros pour rapatrier Bale dès le mercato d'hiver. Mais comment imaginer le Real Madrid renoncer aussi vite ? Jorge Ordas, notre confrère d'Eurosport Espagne, rappelle le précédent Kaka : "Il a joué en-dessous son niveau pendant quatre ou cinq ans et Florentino Perez n'a jamais voulu le transférer. Pourquoi le ferait-il avec Bale ?". Au sein de la Maison Blanche, on préfère en effet prôner la patience. "Il est vrai qu'il n'a pas fait de choses extraordinaires lors des derniers matches mais les joueurs qui arrivent dans un nouveau club et une nouvelle culture doivent s'adapter, l'a défendu Ancelotti. Son problème, c'est un problème d'adaptation. Jouer en Espagne, ce n'est pas la même chose que jouer en Angleterre". Pour le moment, Bale a au moins le bénéfice du doute. S'il ne s'est toujours pas imposé en fin de saison, il sera alors temps de parler d'erreur de casting.

Crédit: AFP

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