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Bienvenue dans la jungle d'une Liga sens dessus dessous

Bienvenue dans la jungle d'une Liga sens dessus dessous

Le 09/11/2018 à 15:05Mis à jour Le 10/11/2018 à 15:39

LIGA - Perçue depuis une petite dizaine d’années comme un monstre à trois têtes avec le FC Barcelone et les deux cadors madrilènes du Real et de l’Atlético, cette Liga 2018-2019 réserve déjà bien des surprises au tiers de son championnat. De fait, la rébellion des soi-disant plus faibles est-elle vraiment en marche ?

"Je mettrais bien dix ou douze équipes dans les équipes susceptibles de descendre à la fin de la saison. Certains seront huitièmes, d’autres seront derniers. Mais je suis catégorique : à la fin, les effectifs larges finissent toujours pas prendre le dessus. Luis Aragonés disait toujours que la Liga se jouait dans les dix dernières journées, et il avait raison." Le crâne chauve mais le cerveau bien frais, Abelardo Hernández fait le débrief d’une situation à laquelle son équipe du Deportivo Alavés ne s’attendait sans doute pas en début de saison. Il y a de cela deux semaines, El Glorioso s’imposait à domicile contre Villareal pour être dauphin du Barça après… dix journées. Un rêve temporaire mais bien réel à Vitoria-Gasteiz.

Chassé-croisé inhabituel

En Liga, voir une équipe habituée à la lutte pour le maintien intégrer le top 5 après bientôt un tiers de championnat constitue un fait rarissime. Après onze journées la saison dernière, le Barça, Valence, le Real et l’Atlético Madrid squattaient déjà les quatre premières places, accompagnés par Villarreal pour boucler le premier quart du classement. En 2016-2017, le Barça, le Real, Villarreal, l’Atlético et Séville monopolisaient l’attention dans le haut du panier. Et en 2015-2016 ? Le Barça, le Real, l’Atlético, le Celta Vigo et Villarreal. Bref, les années passent et l’élite espagnol laisse à chaque fois très peu de place aux outsiders. Mais en ce début de saison, la course aux premières places s’est lancée sur un faux rythme.

Leader malgré ces secousses en interne, le FC Barcelone n’a perdu qu’une seule rencontre en championnat, lors d’un déplacement à Leganés (2-1). Sur leur pelouse, les Pepineros s’étaient pourtant inclinés contre Villarreal dix jours auparavant (0-1). Et en déplacement, le sous-marin jaune s’est incliné contre le fameux Deportivo Alavés dans les arrêts de jeu (2-1). Une semaine plus tard, Alavés subissait pourtant pareille sentence contre Eibar, vainqueur au buzzer (2-1). Résultat : tout le monde s’affronte mais aucun écart de niveau ne saute aux yeux. Et voilà comment l’Espanyol Barcelone, vainqueur de tous ses matchs à domicile en Liga, siège en nouveau dauphin du Barça, devant Séville, l’Atlético et donc Alavés. Un constat une nouvelle fois surréaliste, mais qui peut s’expliquer par des défaillances en interne.

Le but de Manu Garcia (Alavés) contre le Real Madrid

Le but de Manu Garcia (Alavés) contre le Real MadridEurosport

Les errances de Valence et du Real

Voir le Real Madrid absent du top 5 après autant de matchs écoulés en championnat, cela remonte à la saison… 2001-2002. Un exercice au cours duquel les Blancos finiront tout de même par remporter la C1 sur une reprise de volée magistrale du pied gauche de Zinedine Zidane contre le Bayer Leverkusen (2-1). Un autre temps que les Madrilènes souhaiteraient sans doute reproduire aujourd’hui, même si les signes actuels semblent avant tout indiquer les prémices d’un transfert de pouvoir entre anciens comme Keylor Navas, Sergio Ramos, Gareth Bale ou Karim Benzema et relève avec Courtois, Varane, Isco ou Asensio. Mais au moment de passer le flambeau, se brûler reste un danger et le vestiaire du Real vient (trop tard ?) de s’en rendre compte avec les départs de CR7, meilleur buteur de l’histoire du Real, et le récent limogeage de Julen Lopetegui.

Et pendant que le Real se signale par son absence, les Chauve-souris ne dansent pas, bien au contraire. Qualifié pour la C1 l’an passé après sa remarquable saison, le FC Valence peine à imprimer un rythme de croisière calqué sur des victoires. Avant cette douzième journée, les Murciélagos sont englués au quinzième rang du championnat avec une victoire, huit nuls et deux défaites. "Le pire de tout ça, c’est que même en jouant bien de façon générale, nous n’arrivons pas à gagner, expliquait l’entraîneur Marcelino García Toral après sa dernière rencontre en Liga, à domicile contre Gérone (0-1). Il faut continuer, ne pas se plaindre et travailler pour le prochain match. Nous n’avons pas gagné, mais que faut-il faire de plus dans ce but ? Il faut insister jusqu’à ce que la tendance change."

Des mots simples au premier abord, mais qui révèlent un état de fait : avoir Guedes, Gameiro, Rodrigo, Cheryshev ou Kondogbia dans l’équipe est une bonne chose ; les faire jouer de manière efficace entre eux en est une autre. La clé, c’est donc celle d’un travail quotidien acharné qui coûte de plus en plus d’énergie.

Denis Cheryshev, Valencia

Denis Cheryshev, ValenciaGetty Images

Un championnat plus dur, donc une C1 en péril ?

Si Aragonés évoquait des résultats finaux au cours d’un sprint décisif obligatoire, c’est bien en fin d’exercice que l’Espagne saura si le trophée de la Ligue des champions restera chez elle, pour une sixième année consécutive. Une hégémonie qui pourrait toucher à sa fin après ce début de championnat rocambolesque digne de… la Premier League. Régulièrement considéré comme très difficile à remporter du fait de sa haute compétitivité entre les différents clubs londoniens, les deux Manchester et Liverpool, le championnat anglais monopolise l’attention des grosses écuries qui prétextent un manque de jus pour remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Ce phénomène s’étendrait-il actuellement au rival hispanique ? En tout cas, le doute est permis. Et c’est déjà une belle aubaine pour le Bayern Munich, la Juventus ou le Paris Saint-Germain de pouvoir observer le Real Madrid poussé dans ses derniers retranchements contre Alavés.

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