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Il n'y a pas que l'âge qui compte : pourquoi l'Atlético n'a pas hésité à payer Félix au prix fort

Il n'y a pas que l'âge qui compte : pourquoi l'Atlético n'a pas hésité à payer Félix au prix fort

Le 03/07/2019 à 20:23Mis à jour Le 03/07/2019 à 20:36

MERCATO - L'Atlético de Madrid a officialisé mercredi le cinquième transfert le plus cher de l'histoire en s'offrant pour les sept prochaines années le jeune milieu de terrain portugais du Benfica Lisbonne João Félix (19 ans) contre un chèque de 126 millions d'euros (montent dévoilé par le club lisboète). Une folie ? Peut-être. Mais un investissement réfléchi, surtout.

Sur le marché des transferts, les sommes astronomiques n'effraient plus personne. Mais quelques cas particuliers interrogent encore sur la dérégulation des montants. Ainsi, alors qu'Antoine Griezmann s'apprête à quitter l'Atlético de Madrid suite au paiement par son nouveau club (le FC Barcelone ?) de sa clause de 120 millions d'euros, la formation madrilène a décidé de dépenser une somme équivalente pour s'offrir João Félix (19 ans). Mercredi, le vice-champion d'Espagne a en effet officialisé l'arrivée pour les sept prochaines années du jeune milieu de terrain portugais du Benfica Lisbonne contre un chèque de 126 millions d'euros (un montant dévoilé par le club lisboète).

Au mercato, un joueur dont l'expérience se limite à une saison complète en professionnel peut valoir autant qu'un champion du monde. Libre à chacun de se forger une opinion autour de cette comparaison qui demeure, tout de même, incomplète.

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Avec un tel montant, le club madrilène aurait pu recruter plusieurs joueurs internationaux, et ainsi renforcer plusieurs postes clés, comme l'avait intelligemment fait Liverpool, par exemple, après le transfert de Philippe Coutinho au FC Barcelone. En misant sur un potentiel, et non sur un produit fini, les Colchoneros ont préféré s'attacher à la tendance actuelle, elle aussi responsable de l'envolée des prix. Et ils n'ont certainement pas choisi le prodige du Benfica au hasard.

Griezmann, de toute façon irremplaçable

L'Atlético est un club à part qui, au début de la décennie, a bâti son retour au premier plan du niveau européen autour de l'idéologie de son entraîneur, Diego Simeone. Antoine Griezmann a brillamment incarné les valeurs de rigueur et de dépassement de soi et le "cholismo" le lui a bien rendu. Le leader de l'équipe de France est devenu l'un des meilleurs joueurs du monde, au point de devenir irremplaçable. Son départ a posé un problème insoluble.

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Pour combler le trou, béant, l'entité madrilène n'a pas cherché le sosie de "Grizi". Elle ne l'aurait pas trouvé. Sous les ordres Simeone, l'international tricolore est devenu un joueur complet, capable d'orienter le jeu, de donner le tempo et, bien sûr, de marquer. L'Atlético a donc ciblé un potentiel qui à l'avenir, pourrait lui ressembler. Techniquement, elle a visé juste : João Félix a été formé dans l'entrejeu. Son adresse et son appétence pour la surface adverse l'ont rapproché du but.

"Ses caractéristiques et sa gestuelle le rapprochent de Kaká, disait récemment Carlos Carvalhal, l'un des ambassadeurs de la formation portugaise, à la BBC. Pourquoi est-il si spécial ? Il est un mélange d'un numéro 9 et d'un numéro 10. Il peut parfaitement faire le lien entre le milieu et l'attaque. Il sait trouver les espaces et marquer des buts". Pour le joueur rejeté par Porto durant sa jeunesse, l'évolution s'est effectuée "de manière naturelle", comme il le confiait lui-même à Marca.

João Félix, l'âge et la réflexion

Sa marge de progression est immense. Elle doit maintenant être exploitée au contact de l'entraîneur argentin, comme l'avait été celle de Griezmann lorsqu'il avait débarqué de la Real Sociedad, en 2014. "L'Atlético est une équipe qui, historiquement, achète des jeunes pour qu'ils se développent, a expliqué Diego Simeone sur Fox Sports. Quand il est arrivé, Oblak n'était pas celui qu'il est aujourd'hui. Le constat est le même pour Giménez, Lucas Hernandez ou Griezmann."

Antoine Griezmann sous le maillot de l'Atlético Madrid, en février 2015

Antoine Griezmann sous le maillot de l'Atlético Madrid, en février 2015AFP

"Nous voulons un joueur talentueux, qui puisse absorber nos idées", a ajouté El Cholo, conscient qu'un élément en post-formation dispose de capacités d'apprentissage supérieures à celles d'un joueur dans la fleur de l'âge. Encore faut-il qu'il ait la maturité pour accepter les idées de l'Argentin, se plier à ses séances d'entraînement "à vomir".

Felix est justement "intelligent" – c'est lui qui le dit – et connait parfaitement le projet dans lequel il s'apprête à mettre les pieds. Il l'a même choisi, séduit par les efforts fournis par Simeone par le recruter alors que Manchester City souhaitait l'empiler sur sa pléiade de joueurs offensifs. Les doutes ne concernent donc pas son mental.

Au début du mois, il avait cependant souffert face aux exigences du très haut niveau, lors de la demi-finale de la Ligue des Nations qui a opposé le Portugal à la Suisse. Le futur cinquième joueur le plus cher de l'histoire est encore frêle et il est encore difficile de l'imaginer supporter les consignes du Cholo. Sa condition physique est son point faible. Et ça aussi, c'est lui qui le dit.

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