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Liga - Le Barça s'habille en bleu blanc rouge

Le Barça s'habille en bleu blanc rouge

Le 14/09/2018 à 11:39Mis à jour Le 14/09/2018 à 12:24

LIGA - En quête d'une nouvelle Ligue des champions, que le club n'a plus remportée depuis trois campagnes européennes, le FC Barcelone est en train de replanifier sa politique de recrutement. L'ère des pépites catalanes sorties tout droit de La Masia apparaît révolue et le Barça s'oriente désormais vers un horizon nouveau : le marché français.

C'est l'histoire de deux hommes manifestant leur envie de reprendre plus vite que prévu le chemin des terrains d'entraînement avec leur club. Et pourtant, Ousmane Dembélé et Samuel Umtiti pouvaient avoir une raison valable pour aller jusqu'au bout de leurs congés : une Coupe du monde en Russie, bouclée par une victoire en finale contre la Croatie (4-2) et une deuxième étoile accrochée au maillot de l'équipe de France. Il y a de quoi avoir le droit de se reposer, mais non. Premier de cordée, Dembouz reprenait du service… dix jours avant la date prévue. Umtiti (comme Ivan Rakitic) suivait sa démarche trois jours plus tard. Des signes qui ne trompent pas.

Umtiti - Dembélé - Lenglet, le coup triple

Si Dembélé était rentré de vacances à la date initiale convenue avec son club, l'ancien Rennais n'aurait sans doute pas participé à la Supercoupe d'Espagne contre le FC Séville, délocalisée à Tanger. Au lieu de ça, le numéro 11 blaugrana était non seulement titulaire mais surtout décisif, puisque son missile sous la barre de Thomas Vaclik offre le trophée au Barça (2-1). En revanche, Samuel Umtiti passe l'intégralité de la rencontre sur le banc de touche. Son remplaçant du soir ? Clément Lenglet, ancien sevillista non convoqué par Didier Deschamps au Mondial russe, mais heureux de faire partie de cette équipe catalane à la sauce française.

C'est bien simple : depuis trois étés, le Barça acquiert au minimum une recrue tricolore. D'abord, Lucas Digne via le PSG et Umtiti en provenance de l'OL, juste avant de disputer l'Euro 2016. Ensuite, le prodige Ousmane Dembélé chipé au Borussia Dortmund en 2017 pour combler le départ de Neymar à Paris. Enfin, l'intégration de Clément Lenglet, énorme durant une saison sévillane 2017-2018 marquée par la victoire contre Manchester United en huitième de C1 (0-0, 2-1) et l'élimination avec les honneurs face au Bayern Munich en quart de finale (1-2, 0-0). Deux doubles confrontations où Lenglet aura mis dans la poche arrière de son short les buteurs Romelu Lukaku et Robert Lewandowski.

Clément Lenglet lors de sa présentation par le FC Barcelone le 13 juillet 2018

La nomination d'Abidal et le coup de Bigot

En partant de cet acquis, le recrutement "cocorico" du Barça sur ces dernières années doit-il être perçu comme une simple coïncidence ou, tout au plus, une drague éphémère ? Aucun élément ne semble accréditer cette hypothèse, bien au contraire. Légende du Barça et ancien international français avec 67 sélections au compteur, Éric Abidal est apparu à une place de choix dans l'organigramme du FC Barcelone en juin dernier. Nommé directeur sportif à la place de Robert Fernández qui occupait le poste depuis 2015, l'ancien latéral gauche a œuvré dans les recrutements de Lenglet mais aussi de Malcom, international brésilien issu… des Girondins de Bordeaux. La France et la Ligue 1, encore et toujours.

Dans l'optique de se rapprocher du championnat de France, Abidal, ancien consultant au sein du groupe beIN Sports pendant trois années, souhaite s'entourer d'experts du championnat de France pour développer davantage son réseau hexagonal. En conséquence, l'émission catalane El Club de la Mitjanit sur TV3 dévoile que le journaliste Jérôme Bigot est embauché par le Barça depuis début septembre pour être recruteur chez les Culés jusqu'en 2021. De quoi donner de l'espoir aux talents français confirmés comme Nabil Fekir ou ceux de demain comme Houssem Aouar, également pisté l'an passé par le Barça afin de construire l'avenir.

Eric Abidal, directeur sportif du FC Barcelone.

L'exercice du contre-pouvoir

Voir toute cette colonie française débarquer au Barça, cela rappelle l'époque dorée des « Frenchies » d'Arsenal, quand Arsène Wenger, Emmanuel Petit, Patrick Vieira, Robert Pirès et Thierry Henry dominaient la Premier League de la tête et des épaules. Si le Barça n'a pas encore une densité française aussi fournie que celle des Gunners, le « Més que un club » démontre par les faits que son axe principal de recrutement ne se situe plus principalement dans la formation. L'époque des Victor Valdés, Carles Puyol, Xavi Hernández ou Andrés Iniesta touche à sa fin, et les vestiges Gerard Piqué, Jordi Alba, Sergio Busquets et Lionel Messi doivent se trouver de nouveaux partenaires pour briller.

Au centre de l'Espagne, le Real Madrid semble quant à lui démarrer un nouveau cycle inspiré du terroir espagnol. Lors de leur démonstration contre la Croatie ce mardi à Elche (6-0), six titulaires sur onze faisaient partie de l'effectif du Real : Ramos, Nacho, Carvajal, Ceballos, Isco et Asensio. Et quel était le seul joueur issu de La Masia ? L'indispensable Busquets. Voilà donc la preuve que le futur proche de l'Espagne sera à forte tendance madrilène, tandis que le Barça va s'appuyer sur un savoir-faire étranger issu en partie de la France, championne du monde en titre. Ou comment alimenter l'éternelle rivalité Real-Barça entre pouvoir central et contre-pouvoir.

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