On peut n’afficher que 20 années au compteur et donner l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies. C’est particulièrement vrai dans le cas d’un homme : Martin Odegaard. Catapulté dans l’éblouissante lumière de la scène médiatico-footballistique à 16 ans à peine, âge de son transfert au Real Madrid en janvier 2015 en provenance de Stromsgodset, le milieu de terrain norvégien a vite été rangé dans la catégorie des petits prodiges de pacotille. Une impression alimentée par les prêts du joueur dans le championnat néerlandais, à Heerenveen puis au Vitesse Arnhem la saison dernière. Mais voilà, ce jugement initial semble aujourd’hui bien hâtif à la vue du rendement du bonhomme depuis de longs mois maintenant.
Dans l’anonymat relatif de l’Eredivisie, Odegaard a poursuivi son développement sereinement. Auteur d’un exercice 2018-2019 à 11 buts et 12 passes décisives toutes compétitions confondues, il est allé jusqu’à prendre place dans l’équipe de la saison au milieu des vedettes de l’inévitable duo Ajax - PSV, loin des attentes démesurées qui l’entouraient dans la capitale espagnole. Il y était devenu un soir de mai 2015 le plus jeune joueur de l’histoire à porter la mythique tunique blanche, en remplaçant Cristiano Ronaldo face à Getafe. Un symbole ? Peut-être. Un poids supplémentaire sur les frêles épaules du Scandinave ? Assurément. Car ce baptême du feu est resté sans lendemain au sein de la Maison Blanche. Le gamin n’était pas prêt et il n’y a rien d’illogique à cela.

Martin Odegaard remplace Cristiano Ronaldo lors de Real Madrid - Getafe, le 23 mai 2015.

Crédit: Eurosport

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Ødegaard débarque à Arsenal
27/01/2021 À 11:39
Quatre ans et quelques mois plus tard, Odegaard est de retour en Liga. Pas par la grande porte madrilène mais sous le maillot de la Real Sociedad. "Lorsque j’ai su qu’il arrivait au club, j’étais un peu sceptique car Odegaard à Madrid, c’est le jeune qui n’a jamais percé donc je ne savais pas vraiment ce qu’il valait", se souvient Paul, administrateur du compte Twitter @RealSociedad_FR et observateur avisé de la formation basque. "Au final, il est en train de surprendre tout le monde car en ce début de saison, il réussit de belles choses dans l’un des meilleurs championnats du monde."
A 20 ans, Odegaard peut en effet se féliciter d’avoir retrouvé la Liga auréolé d’un autre statut : celui de titulaire dans une formation qui tourne plus que bien depuis le début de la saison. Le deuxième élément est de toute évidence lié au premier. Le natif de Brammen a de quoi être heureux : avant la 7e journée, son employeur mène la danse et les Txuri-urdin suivent à une petite longueur, bien aidés par l’apport de l’international norvégien aux vingt sélections, conscient d’être maintenant "plus mature, plus grand et plus costaud" qu’à son arrivée dans le royaume.

Odegaard ne fait plus rire grand monde

Relayeur droit dans le 4-3-3 mis en place par Imanol Alguacil à Donostia, Odegaard "apporte beaucoup de vitesse et de dynamisme dans le jeu", souligne Paul, sous le charme de la capacité du numéro 21 donostien à "provoquer, dribbler et déséquilibrer". Le Norvégien joue les chefs d’orchestre et, plus surprenant, ne rechigne pas aux tâches défensives. Bref, il régale depuis l’entame de cet exercice 2019-2020.
Buteur et homme du match lors des victoires décrochées aux dépens de Majorque (0-1) et de l’Atlético de Madrid (2-0), le Norvégien a carrément crevé l’écran, jeudi dans un derby basque face à Alavés. Comment ? Avec un nouveau match plein sublimé par une action géniale : un combo petit pont - passe décisive lumineuse, de ceux qui tournent en boucle aux quatre coins de la toile, pour lancer son équipe vers le succès (3-0) avec une classe folle.
Odegaard interroge du coup, non plus sur ses qualités réelles mais sur son choix d’avoir opté pour le club de Saint-Sébastien, privé d’Europe cette saison. "J’ai eu des possibilités avec des clubs jouant la Ligue des champions et la Ligue Europa mais le plus important pour moi était de me sentir à l’aise dans ma nouvelle équipe, avec le coach et le projet. C’est pourquoi j’ai choisi de venir ici", confiait-il à Marca fin juillet. "J’aime le football espagnol et j’aime le style de jeu de la Real Sociedad, la façon dont elle presse et contrôle le ballon."
Dans le Pays basque, Odegaard s’est aussi rapproché d’un Real - avec qui il est sous contrat jusqu’en 2023 - désormais aux premières loges pour admirer l'irrésistible montée en puissance d’un espoir jadis moqué. Aujourd’hui, le blondinet à la patte gauche soyeuse ne fait plus rire grand monde. Avec un Modric sur le déclin et des milieux de terrain pas toujours souverains, l’idée de voir la Maison Blanche rapatrier plus vite que prévu un joueur censé faire le bonheur de la Real jusqu’en 2021 n’a, en l'état, rien de saugrenue. "Mon objectif final est clair : jouer un jour au Real", rappelait-il à Voetbal International en novembre 2018. "Je fais tout pour." Indéniablement.

Martin Odegaard lors du derby entre l'Athletic Bilbao et la Real Sociedad, le 30 août 2019.

Crédit: Getty Images

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