On peut croire au hasard. Ou alors le questionner. S’interroger. Le 26 janvier dernier, Mundo Deportivo dévoilait l'ampleur de la dette du Barça. Elle dépasse désormais plus d'un milliard d'euros et fragilise à court, moyen et long terme la compétitivité d'un club qui manque déjà d'oxygène. Ce 31 janvier, le quotidien madrilène El Mundo détaille le salaire de Lionel Messi, un bail à 555 millions d'euros qui "ruine", selon les mots du quotidien, le club catalan.
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Dès lors, le raccourci est vite fait : le Barça va droit dans le mur parce qu'il a offert un salaire démesurément élevé, pour ne pas dire irrationnel, à la star argentine. CQFD. En moins d'une semaine, le Barça a trouvé la solution à ses problèmes : ne pas prolonger Messi, dont le contrat arrive à son terme en juin, pour ne pas couler.
Voilà pour l'évidence. Sauf que derrière elle, se trame une partie bien plus insidieuse. Un bras de fer, une guerre souterraine, entre deux courants : ceux qui veulent faire porter à Messi le chapeau du grand coupable et convaincre l'opinion que son départ serait un soulagement, et ceux qui veulent le prolonger. Avec en toile de fond, bien évidemment, les élections à la présidence du Barça le 7 mars prochain. Dans un peu plus d'un mois. Curieux hasard, on y revient.

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La vengeance de Bartomeu ?

Des proches de l'ancien président Josep Maria Bartomeu seraient à l'origine de la fuite du contrat de Messi, selon certains en Espagne. Les deux hommes se livrent une guerre depuis plusieurs semaines qui a fini par coûter sa place à Bartomeu. Dès lors, l’ancien boss du club catalan ne veut pas porter seul le fardeau de la dette colossale d'un club qu'il a laissé en lambeaux.

Josep Bartomeu et Lionel Messi

Crédit: Eurosport

Cette fuite fait aussi les affaires de Toni Freixa, candidat de la continuité à la présidence : "Nous ferons une offre à Messi qui, bien sûr, ne correspondra pas aux conditions qu’il a eues jusqu’à présent", confiait-il en brisant un tabou et en s'attaquant à l'icône. Ce à quoi Joan Laporta, favori de l'élection et fervent adepte d'une rupture totale avec les anciens dirigeants, répondait sur notre site : "On doit prolonger Messi, ce n’est pas négociable. Messi est une priorité et nous allons essayer de le convaincre de continuer à écrire cette belle histoire entre lui et le Barça." Les révélations de ce dimanche servent à convaincre l'opinion catalane du contraire.

Le Barça nie être à l'origine de la fuite, pas les chiffres

Dans un communiqué publié ce dimanche, le Barça a défendu publiquement son joueur, mais peut-il seulement faire autrement, sans contester les chiffres publiés par El Mundo. Ne pas nier, c'est avouer. Le Barça réfute simplement être à l'origine de la fuite. On imagine assez mal Messi ou son clan fournir à la presse les détails du pharaonique contrat dans un tel contexte d'austérité. Alors d'où vient la fuite ?
Devenu l'enjeu principale de l'élection présidentielle, devenu l'ennemi numéro 1 d'une ancienne direction qui compte encore des soutiens dans le club, Messi n'est plus intouchable en Catalogne. Les fuites organisées dans son dos veulent rendre inéluctable un départ, qui fut longtemps inenvisageable, et le rendre acceptable par une opinion publique qui a toujours soutenu le sextuple Ballon d'Or.
Mais elles pourraient aussi le décourager à rester. "Je suis fatigué d'être le problème de tout dans ce club", soufflait le 18 novembre dernier l'Argentin lassé d'être la cible d'attaques régulières. "Il n'y a point de hasard", disait Voltaire. Quelques siècles plus tard, le Barça le prouve jour après jour.

Lionel Messi

Crédit: Getty Images

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