Au moment de se pencher sur la page d’accueil du site de la Real Sociedad, le premier paragraphe pose le décor. "Nous sommes ce que nous sommes grâce à la manière dont nous sommes. Un club qui aime ses membres, ses terres et ses valeurs. Un club qui fait confiance à son centre de formation qui, au fur et à mesure des années, fait ressortir des joueurs d’un niveau remarquable et issus du fruit d’un travail bien fait à partir du moment où l’enfant arrive à Zubieta. (…) Dans les semaines comme celles que nous vivons, rester fidèles à nous-mêmes nous rend plus fiers car cela provient de notre for intérieur, de notre philosophie."

Au milieu d’une crise sanitaire complexe, garder une ligne de conduite saine devient un phare face au brouillard. La preuve : avec quatre victoires, deux matchs nuls et une défaite en sept journées, les Txuri-Urdin figurent en tête de la Liga 2020-2021 grâce à la meilleure attaque (14 buts) et la deuxième meilleure défense derrière l’Atlético de Madrid (3 buts).

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Messi ne conviendrait pas à la Real Sociedad

Certes, tous les clubs du championnat ne possèdent pas le même nombre de matchs au compteur étant donné le caractère exceptionnel de cette saison démarrée dans la foulée de la précédente. Mais dans les faits, la Real Sociedad dégage un esprit à contre-courant d’une Liga devenue frileuse voire ennuyeuse. Dans l’enceinte d’Anoeta ou en déplacement, l’image renvoyée par les hommes d’Imanol Alguacil est celle d’un club tourné vers le plaisir d’un jeu à produire avant tout pour honorer sa communauté. "Quand j’ai du temps, je lis les commentaires de nos socios sur l’équipe car j’ai un grand respect pour leurs opinions, explique en décembre 2019 l’entraîneur originaire d’Orio, petite commune située dans la province de Guipuscoa au Pays Basque. Lorsque les critiques sont à mon encontre ou envers le collectif, je ne me sens pas affecté. Je suis passé de joueur à entraîneur mais la vérité, c’est que je n’ai pas changé ma manière de voir les choses."

David Silva y Mikel Oyarzabal (Real Sociedad)

Crédit: Getty Images

Formé à Zubieta puis passé dans l’équipe professionnelle de la Real entre 1990 et 1998, Alguacil célèbre ses victoires avec une sincérité apparente sur le bord de la pelouse et entretient avec tous les joueurs de son effectif un rapport émotionnel fort, un cas suffisamment rare pour être souligné dans ce monde du football de plus en plus formaté. Aussi, une autre caractéristique originale le distingue de la majorité de ses confrères : quand certains seraient prêts à tout plaquer pour avoir sous leurs ordres Leo Messi, le technicien de 49 ans ne partage pas du tout la même opinion sur le sextuple Ballon d’or. "Mon rêve ne serait pas Messi, tranche Alguacil dans l'émission radio Faktoria sur les ondes de Euskadi Irratia. C'est un joueur incroyable qui fait des choses incroyables, mais j'ai l'impression que dans la Real, avec nos valeurs et pour notre façon d'être, il ne nous conviendrait sûrement pas. Il ne parviendrait pas à rester valeureux, humble et se comporter avec normalité au sein du club." Au moins, la prise de position est claire.

À la faveur de l’automne

Est-ce donc une surprise de voir la Real Sociedad au sommet du classement ? Pas tant que cela si l’on se fie à la saison précédente. À la même période de l’année, les Basques occupaient la quatrième place avec six victoires, trois matchs nuls et une défaite en dix journées, le tout dans un calendrier allégé de toute compétition européenne. Pour 2020-2021, les résultats continuent d’être satisfaisants en championnat et le parcours de l’équipe en Ligue Europa ne semble pas perturber cette excellente dynamique pour l’instant.

Par rapport à 2019-2020, l’effectif professionnel ne s’est pourtant pas étoffé en quantité (32 joueurs contre 27), mais il se voit bonifié d’un supplément qualitatif avec la signature de David Silva arrivé libre de Manchester City. Lors de la dernière rencontre de Liga face à Huesca (4-1), le champion du monde 2010 s’est offert deux passes décisives pour donner du relief à des statistiques individuelles légèrement timides depuis le début de saison.

Stadio Anoeta, Real Sociedad

Crédit: Getty Images

Toutefois, il ne faut pas se méprendre : le cœur du succès de cette Real figure majoritairement dans sa qualité de formation et sa détection de jeunes talents. Les trois meilleurs exemples ? D’abord, le défenseur central français Robin Le Normand, non conservé par le Stade brestois à l’été 2016 et désormais indéboulonnable en charnière centrale. Ensuite, sa pépite du milieu de terrain Martin Zubimendi, déjà apparue durant la saison dernière dans un 3-4-2-1 aux côtés de l’international espagnol Mikel Merino. Enfin, son capitaine Mikel Oyarzábal en feu depuis le début du mois d’octobre avec quatre buts et deux passes décisives en trois matchs de Liga, mais aussi régulièrement titulaire en sélection nationale espagnole.

"Ici, j’ai toute ma vie, décrit l’attaquant de 23 ans en mai dernier dans une interview pour futbolmania. Mes amis, mes parents, ma famille, tout est là. C’est vrai que j’aime être à Saint-Sébastien pour mon travail, mais au moment de me relaxer quand j’ai un moment de libre, j’essaie de revenir à la vie que je menais avant d’être un footballeur professionnel. À vrai dire, je n’ai jamais pensé à partir. Je sens que je suis aimé et c’est vraiment un facteur fondamental pour porter les couleurs de la Real Sociedad." Et si l’amour du maillot n’était pas mort ?

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