La dernière fois que l'affiche fut si alléchante, Cristiano ne vivait pas en Italie et l'avenir de Leo n'était pas un sujet. Mais ce samedi, le Clasico sera de nouveau ce qu'il doit être : un match capital pour le titre entre deux mastodontes espagnols en pleine forme. Franchement inquiétants à l'automne, le Real Madrid et le FC Barcelone ont repris de belles couleurs au printemps. Et pour remettre leurs équipes à l'endroit, Zinedine Zidane et Ronald Koeman ont fait des choix opposés... Et imposés.
Madrilènes comme Catalans ne sont pas (encore) les mieux placés pour coiffer la couronne. Mais leurs dynamiques ont largement mis la pression sur l'Atlético de Madrid, qui avait bien profité des malheurs de ses deux grands rivaux pour faire le trou en tête, avec 11 points de marge en hiver. Le Real n'a perdu aucun de ses douze derniers matches toutes compétitions confondues. Le Barça n'a plus connu la défaite depuis dix-neuf rencontres en Liga. Les cadors vont bien, merci pour eux.
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Voilà pourquoi Zinedine Zidane et Ronald Koeman, menacés en novembre, sont aujourd'hui bien moins discutés. Les deux ont trouvé la bonne formule. Le Français n'a pas eu à chercher bien loin. Même lorsque le bateau tanguait, ZZ a conservé toute sa confiance en ses cadres : Karim Benzema, irréprochable et intouchable, mais aussi et surtout son trio fétiche formé par Casemiro, Luka Modric et Toni Kroos. Ces joueurs qu'il qualifiait "d'exceptionnels" et de "puta madre" - on vous épargne la traduction - lorsque la presse espagnole s'attardait déjà sur leur succession.

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Koeman, lui, a dû se remuer les méninges. Au Alfredo-Di-Stéfano, son onze devrait être sensiblement différent de celui qui avait débuté au Camp Nou, au match aller. La colonne vertébrale est toute neuve. Et bien plus solide. Frenkie de Jong, si important pour l'ADN du Barça, a reculé d'un cran. Au milieu, Pedri a pris de l'épaisseur. La preuve : lorsque les journalistes demandent à Koeman si le prodige espagnol peut être comparé à Xavi ou Iniesta, l'entraîneur néerlandais interroge : "Où étaient-ils à son âge ?" En attaque, Messi est toujours indispensable mais il n'est plus le seul à l'être. Ces dernières semaines, Ousmane Dembélé a largement contribué à faire basculer des rencontres. "Le Clasico est un match pour les joueurs importants et Dembélé en est un", a justement souligné le coach en conférence de presse.

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L'attaquant tricolore évolue désormais en pointe du trident offensif. Et s'y plaît. Ce repositionnement est un autre des paris que Koeman a tentés... parce qu'il n'avait pas vraiment le choix. Le Barça a vécu durant six mois au rythme de son élection présidentielle et, pour le technicien oranje, l'enjeu est de démontrer qu'il peut-être le coach du futur, après avoir été celui du passé et de l'honni Bartomeu. Pas question, donc, d'insister avec Miralem Pjanic, joueur brillant mais débarqué en Catalogne grâce à un transfert uniquement destiné à renflouer les caisses.
Ces derniers temps, la confiance est plutôt accordée aux jeunes joueurs autour desquels le Barça compte se reconstruire : Trincão, Araujo mais aussi Mingueza ou Moriba, issus de la Masia, que le nouveau président Juan Laporta avait mis au cœur de son programme. Le but ? Démontrer que l'ADN du Barça n'est pas mort et qu'un retour à un modèle plus sain est possible. En toile de fond, l'objectif est aussi de séduire Lionel Messi, dont l'avenir est toujours incertain même si la balance penche de plus en plus en faveur de son club de toujours.

Au Real, la cure d'austérité a eu du bon

Au Real Madrid, la cure de jouvence attendra, même si son dernier succès en C1 a été empoché grâce à deux joueurs d'avenir. Ces dernières années, la Casa Blanca a bien tenté de se tourner vers la nouvelle génération, dépensant des centaines de millions d'euros pour mettre la main sur quelques-uns des plus grands talents de la planète (Hernandez, Brahim Diaz, Reinier, Rodrygo, Jovic...).

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Mais après plusieurs mois d'échecs, au cours desquels ni Zidane ni ses deux prédécesseurs (Lopetegui et Solari) n'ont réussi à les installer durablement, le technicien français s'en est remis à l'ossature de tous ses grands succès. Quitte à en laisser certains sur le bord de la route. Cette saison, sur les quarante matches officiels disputés par le Real, ZZ a effectué ses cinq remplacements à seulement six reprises. Et a perdu la moitié d'entre elles. Preuve qu'il se décide à remanier son onze type qu'en cas d'urgence absolue.
Le technicien fait du neuf avec du vieux. Et répétera à l'envi qu'il le fait par choix. On peut le croire. On peut aussi noter que ses alternatives ne sont pas aussi nombreuses qu'elles devraient l'être dans un club de la dimension du Real Madrid. L'effectif merengue a rarement été si peu profond. Et en 2020 comme en 2021, le club madrilène n'a pas dépensé le moindre sou sur le marché des transferts. Pour frapper très fort l'été prochain ? Peut-être. En attendant, le Real continue de tirer le fil là où le Barça a déjà entamé une nouvelle pelote. Pourtant, avant ce Clasico, impossible de savoir si l'un est plus avancé que l'autre.

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