Une fois n'est pas coutume, la Liga pourrait bien échapper au Real ou au Barça. Le phénomène est rare. Sur les 16 dernières saisons, les deux géants de la péninsule ibérique n'ont laissé passer qu'un titre de champion d'Espagne. Cette exception qui confirme la règle, c'est l'œuvre de l'Atlético de Madrid, sacré en 2014. Sept ans plus tard, la formation de Diego Simeone est bien partie pour rééditer son exploit. Avant de recevoir le FC Saville mardi (21h30), elle compte non seulement un point d'avance sur son premier poursuivant, le Real Madrid, mais aussi trois matches de plus à disputer.
Potentiellement, l'écart entre l'Atlético et son voisin madrilène pourrait grimper jusqu'à dix points. Ce serait déjà conséquent même si le cap de la mi-championnat n'a pas encore été atteint. Mais si la route est encore longue vers un 11e trophée de champion d'Espagne dans l'histoire du club, les Colchoneros ont montré des arguments qui ont de quoi leur donner confiance dans l'optique d'un sacre en fin de saison. Et qui expliquent pourquoi la formation de Simeone apparaît aujourd'hui comme le véritable favori pour le titre.
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Une défense de fer et un Oblak de feu

C'est le chiffre qui attire immanquablement l'attention : 6. L'Atlético n'a pris que 6 petits buts en 15 matches de championnat cette saison. La solidité défensive des Colchoneros n'est pas une nouveauté. Mais sa capacité à rester aussi imperméable au fil des ans n'en est pas moins remarquable. Les hommes ont pu changer par rapport aux saisons passés avec les départs de Diego Godin, Juanfran ou Filipe Luis. Mais la recette est la même. "C'est grâce à leur intensité dans le travail défensif et la forme étincelante de Jan Oblak", résume Felix Martin, notre confrère d'eurosport.es.
Le portier madrilène continue d'empiler les "clean-sheets". Il en a réussi 10 en 15 matches de Liga cette saison, portant son total à… 151 sur 278 rencontres toutes compétitons confondues disputées sous les couleurs des Colchoneros. Il a signé des parades déterminantes. Mais la qualité défensive de l'Atlético reste une œuvre collective. "La distance entre la défense et les milieux est si réduite qu'il est très difficile de les mettre en danger, explique Felix Martin. Il n'y pas d'espace entre les lignes." Une discipline tactique, couplée à une agressivité dans tous les instants, qui explique en grande partie pourquoi il est si difficile de marquer face aux Madrilènes.

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La clé, c'est Suarez

L'Atlético peut vraiment se féliciter d'avoir attiré Luis Suarez l'été dernier. Arrivé à la fin de son contrat avec le Barça, El Pistolero n'a pas tardé à s'imposer comme l'homme fort de l'attaque des Colchoneros. Avec 9 buts, en seulement 12 matches, il partage d'ailleurs le classement des buteurs de la Liga. Il a apporté cette qualité dans la finition qui faisait défaut depuis le départ d'Antoine Griezmann au Barça. C'était criant la saison passée, avec le manque d'efficacité d'Alvaro Morata et l'inconstance d'un João Felix encore en phase d'adaptation.

Luis Suárez (Atlético)

Crédit: Getty Images

L'arrivée de Suarez n'est d'ailleurs pas étrangère à l'éclosion du Portugais depuis la reprise. "Il a non seulement une plus grande liberté de mouvement mais aussi moins de pression pour marquer, car elle est désormais sur Suarez", souligne Felix Martin. L'expérience et le talent du buteur uruguayen de 33 ans ont fait un bien fou à l'attaque de l'Atlético. Et son état d'esprit combatif colle parfaitement à celui de la formation de Simeone. Surtout, les Colchoneros affichent des statistiques comparables avec deux géants de la Liga en attaque (1,93 but par match pour l'Atlético contre 2,06 pour le Barça et 1,67 pour le Real). C'est tout ce qui leur manquait pour rivaliser avec eux.

La réussite du champion ?

Si l'Atlético est l'actuel favori pour le titre, c'est aussi parce que le Barça et le Real n'ont pas suffisamment assumé ce statut cette saison. Les deux cadors de la Liga ont connu quelques trous d'air quand les Colchoneros sont restés d'une régularité remarquable. Ils ont d'ailleurs remporté 12 de leurs 13 derniers matches, ne concédant leur seule défaite en championnat jusqu'ici que dans le derby perdu face au club merengue (2-0). Normalement, ce sont plutôt le Real ou le Barça qui affichent un tel tableau de marche. Cette saison, seule l'Atlético parvient à tenir ce rythme.
Cela ne s'est pas fait sans une certaine réussite. A l'image de la victoire sur la pelouse d'Alavés lors de la dernière sortie des hommes de Simeone en championnat, avec un but de dernière minute de l'inévitable Suarez (1-2). "C'est la combinaison de ces deux facteurs, la régularité et ce petit brin de réussite, qui permet à une équipe de gagner le championnat", rappelle Felix Martin. Elle a propulsé l'Atlético sur la voie royale pour le sacre de champion d'Espagne. Car ils se sont donné les moyens d'avoir leur destin en main dans cette course au titre.

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