En cette année 2021, le Barça achève plus de trois quarts de ses matches en ayant marqué au moins deux buts. La réussite de Messi retrouvée, le FC Barcelone a réintégré le top 3 des équipes les plus prolifiques des cinq grands championnats. À ce stade de la saison, le FC Barcelone compte par exemple 20 buts de plus que l'Atlético et 19 de plus que le Real en Liga. En revanche, ses largesses défensives sont en train de lui coûter le titre. Malheureusement pour Ronald Koeman, il n'existe pas de solution simple à ce problème aux causes multiples.

Une question de qualité individuelle

Le cas de Clément Lenglet est paradigmatique. Les deux premières saisons du Français en Catalogne avaient été de bonne facture. Sans faire de bruit, le club avait trouvé le remplaçant parfait à Samuel Umtiti. Moins doué que l'ancien Lyonnais avec le ballon, Lenglet pouvait toutefois compter sur une boîte à outil défensive bien remplie. "Piqué et Lenglet forment une charnière défensive avec laquelle Pep Guardiola et Tony Pulis pourraient faire des folies" avait parfaitement résumé à l'époque Albert Moren, un analyste catalan. Comprenez par là que les deux brillaient aussi bien à 60 mètres de leur but que dans leur propre surface. La jeunesse et la progression constante du Beauvaisien contrastaient avec l'aspect déclinant de plusieurs de ses coéquipiers.
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En 2021, ce Lenglet-là n'est plus qu'un lointain souvenir. Si dans le jeu ses statistiques défensives n'ont rien d'alarmant (il a même progressé dans les interceptions et les duels gagnés face aux attaquants), le nombre d'erreurs commises est nettement à la hausse : plus de fautes, plus de pénalties concédés et plus d'inattentions dans la surface débouchant sur des buts. À ses côtés, Gerard Piqué est aussi dans le dur. Naviguant entre les blessures, le trentenaire est capable de sortir une exhibition de fondamentaux face à Iñaki Williams en finale de Coupe avant de rater magnifiquement ses sorties suivantes. À ce stade de sa carrière, le champion du monde ne constitue plus une garantie.

Clement Lenglet (FC Barcelona - Valladolid)

Crédit: Getty Images

"La défense du Barça me fait pleurer. Il y a un manque de concentration, d'attention de tous types. Avec l'expérience que Piqué a… Ce qu'il se passe est que Piqué est dans le mal. Ça me peine beaucoup mais il n'est vraiment pas bon" regrettait mercredi soir le Ballon d'Or Luis Suárez Miramontes sur les ondes de la Cadena Ser. Avec Piqué sur le terrain, le Barça tourne à 43% de victoires en Liga. Sans lui… à 83% ! À l'heure d'interpréter cette statistique, il faut prendre en compte les dynamiques collectives, la fatigue due à cette fin de saison étrange ou encore l'apparition stellaire de Ronald Araújo en l'absence de Piqué puis la blessure de l'Uruguayen au moment du retour d'El Presidente. Toujours est-il que cette différence est trop abyssale pour absoudre Piqué de toute responsabilité.
En défense, l'effectif azulgrana manque tout simplement de qualité. Mingueza est encore trop jeune et impétueux pour masquer à lui seul les carences d'un duo Lenglet-Piqué en perdition. Dans le réservoir de ces deux-là, il ne reste plus une seule goutte de confiance. Chaque intervention sur le fil constitue une opportunité supplémentaire de l'illustrer négativement (mais aussi de susciter de l'empathie chez les spectateurs neutres tant ces internationaux sont devenus méconnaissables). De loin le meilleur défenseur barcelonais de l'exercice, Araújo se démène avec les blessures depuis février. Sans parler des retours défensifs d'Alba et Dest, pas toujours ponctuels et d'un Sergi Roberto dont les performances rendent fou ses propres supporters. Mais quand bien même les noms qui composent l'arrière-garde culé font figure de coupables tous trouvés, la responsabilité du fiasco défensif de leur équipe ne leur incombe pas entièrement…

Un Barça qui ne presse plus

Pep Guardiola le disait encore récemment, "l'attaque et la défense sont la même chose. Vous défendez bien, vous attaquez mieux. Quand vous attaquez mieux, vous êtes plus agressifs sans ballon". Contrairement à Valverde, Koeman n'est pas un grand amant de la rigidité. Dès son arrivée, le Néerlandais a compris une chose : pour redonner vie à ce Barça, il fallait consentir à prendre quelques risques. Résultat, ce groupe joue de façon plus verticale, plus spontanée, moins ordonnée. Revers de la médaille, ce désordre rempli de créativité rend toute tentative de pressing bien compliquée. Déjà loin d'être brillants dans ce domaine lors des dernières saisons, les pensionnaires du Camp Nou offrent encore plus de temps cette saison à leurs adversaires pour ressortir le ballon.
Dès lors, il n'est pas rare de voir la première ligne de pression balayée en une passe, laissant ainsi la ligne défensive livrée à elle-même avec 60 mètres à protéger dans son dos. Et s'il faut défendre en reculant, inutile de compter sur Busquets pour court-circuiter les attaques rivales à la manière d'un Casemiro, Fernando ou Renato Tapia. Les équipes de Liga le savent, il existe une multiplicité de portes d'entrées dans le camp blaugrana. Pour les ouvrir, il suffit d'un bon passeur et d'un joueur capable de gagner des mètres balle au pied. De Levante à Alavés en passant par Grenade, quasiment tous les clubs possèdent un duo pareil.

Sergio Busquets

Crédit: Getty Images

Des fins de matches apocalyptiques

Souvent, le Barça craque lors de la seconde période. Les coéquipiers de Messi terminent leurs rencontres dans un état de décomposition avancé. Tout le travail de la première période se voit sali par les bévues de la seconde. "On répète ça comme si c'était une histoire : Cadiz, Villarreal, Getafe, Granada, Levante. Pourquoi l'équipe lâche-t-elle mentalement ? Quelqu'un peut expliquer pourquoi l'équipe se déconnecte, est imprécise, a les jambes qui tremblent ?" s'interrogeait le journaliste Jordi Martí dans la semaine.
Comme beaucoup de grandes formations engagées sur les trois tableaux, Barcelone est à bout physiquement. À titre d'exemple, Pedri a cessé de flotter sur le terrain et a pris des allures de mort-vivant depuis quelques semaines déjà. Pour ne rien arranger, le collectif peine à se protéger avec ballon durant les minutes finales, gaspillant son énergie à courir après les joueurs d'en face. Privé du cuir, ce Barça souffre. L'équipe n'est pas assez polyvalente pour passer de longues minutes à défendre proche de ses buts sans suer à grosses gouttes (à la différence de Séville par exemple).

Pedri et Messi

Crédit: Eurosport

De l'autre côté des Pyrénées, on considère que cet abandon de la possession est dû à l'incapacité de Koeman à lire les rencontres. Les matches passent et El Mister a toujours autant de mal à opérer des changements concluants en cours de match. Ses empilements de défenseurs ou d'attaquants selon qu'il faut protéger ou remonter un score font grincer des dents. Les signaux envoyés depuis le banc de touche sont systématiquement mauvais.
Enfin, toutes les raisons évoquées sont influencées par la fragilité mentale d'une escadrille encore marquée au fer rouge par ses récents traumatismes. Longtemps irréprochable, même Ter Stegen montre des signaux évidents de doute cette saison. C'est particulièrement le cas lors de ses sorties (aériennes ou non). De même, les joueurs de champ perdent des ballons faciles. Chaque transition adverse enfonce encore un peu plus le Barça dans le doute, chaque erreur mine encore un peu plus le moral de l'unité défensive.
Seul le temps permettra à cette équipe de se remettre de ses émotions passées. Car on a tendance à l'oublier, mais ce Barça est encore au début de sa reconstruction. Se retrouver à lutter pour le titre à la 36e journée, pas grand-monde ne l'aurait imaginé en début de saison. Dans quelques années, on accordera à Koeman le crédit qu'il mérite vraiment. Lui et ses hommes ont réussi à sortir le Barça de sa léthargie offensive, il leur reste désormais à régler les difficultés à l'autre bout du terrain. Ce sera leur mission principale en 2021/2022. Pour autant que Koeman soit encore aux commandes, évidemment…

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