Des charnières centrales expérimentales

Avant le match contre Liverpool, Éder Militão avait joué 560 minutes cette saison, soit l'équivalent de six matches. Parmi ses rares apparitions, on comptait une performance désastreuse contre le Shaktar remplie de manquements aux fondamentaux défensifs les plus basiques, une élimination en coupe face à une équipe de troisième division, ainsi qu'une expulsion contre Levante après seulement neuf minutes de jeu. Après ce dernier épisode, personne ne pensait le revoir sous les ordres de Zidane. Et puis voilà qu'au-devant des absences de Ramos et Varane, son entraîneur a été contraint d'aligner le central Brésilien contre Liverpool. Le résultat fut… parfaitement satisfaisant. Pourtant, l'issue aurait pu être tout autre.
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Militão flirte en permanence avec la limite. Ses sorties agressives sur le porteur peuvent aussi bien se solder par une brillante interception que par une faute grossière, tant ce dernier est impétueux. Il y a dans son jeu une part d'aléatoire omniprésente. Face à un Messi aux décrochages constants, le défenseur madrilène sera plus que jamais sur le fil du rasoir. En plus de son manque de maîtrise, Militão n'est pas particulièrement doué à l'heure de faire des choix. À l'aise lorsqu'il peut dominer son vis-à-vis avec sa vitesse et sa détente dans les airs, il l'est moins dans les situations qui exigent de la réflexion. Sortir sur Messi ? Rester en place pour défendre son but ? Il peine à résoudre ce genre de difficultés.

Diogo Jota face à Eder Militao lors de Real Madrid - Liverpool

Crédit: Getty Images

En face, le Barça a aussi des problèmes de centraux cette saison. Frenkie de Jong a même dû dépanner à ce poste et tout porte à croire qu'il sera titulaire ce soir en défense. L'ex-ajacide sera flanqué d'un Clément Lenglet au cœur de l'exercice le plus difficile de sa carrière. Le Français n'est plus une garantie de fiabilité. À titre d'exemple, il a concédé quatre pénalties (terriblement évitables) cette saison, dont un contre le Real. Gerard Piqué est pressenti pour épauler ce duo. L'Espagnol est en train de faire le forcing pour être prêt à temps. "Tout joueur doit être en condition physique et mentale parfaites. Mais il y a des joueurs - pour des raisons de personnalité et parce qu'il est capitaine –, c'est important qu'ils soient là", concédait le mister des Culés en avant-match. Revenir de blessure lors d'un Clásico, on a connu des retours plus tranquilles… D'un coté comme de l'autre, les charnières centrales sont peu rodées.

Faut-il presser le Real ?

Le Real n'a perdu aucun de ses grands matches cette saison. Pour expliquer cette impressionnante série, on mentionne souvent les qualités mentales de ce groupe de champions, capable de se transcender quand l'occasion le demande. Toutefois, il y a aussi une raison tactique à ces succès. Les équipes cotées tentent systématiquement de venir presser le Real. En vain. La sortie de balle est le point fort indiscutable des Merengues. Quand ils le veulent, ils sont capables de surpasser n'importe quel pressing à coup de crochets, passes aériennes et autres talonnades. "Le trio Casemiro, Modric, Kroos est omnipotent, inoxidable. Ils ont beaucoup d'expérience. Plus le match est compliqué, meilleurs ils sont", dixit Zidane lui-même.
En parallèle, le coach introduit à chaque match certaines variations sur ces phases de jeu dans le but d'aider les siens. Contre Liverpool, le technicien marseillais a fait redescendre ses latéraux très bas, placé Casemiro entre les lignes et insisté sur la recherche de la profondeur dès que possible. Réputée pour être une machine à presser, Liverpool a mordu la poussière, tout comme l'Atalanta un mois plus tôt. La sortie de balle réussie, l'équipe peut ensuite contrôler le ballon en imposant un rythme bas à la rencontre.
À contrario, les équipes renonçant au pressing et s'enfermant dans leur camp posent des problèmes insolubles à un Real déficient de créativité dans le dernier tiers. La recette pour battre la Maison Blanche cette saison consiste à se barricader. Le Shaktar, Cadiz, Valence, Alavés, Alcoyano, ils l'ont tous appliquée avec succès. Dès lors, que doivent faire les Blaugrana ? Le Barça de Koeman est le Barça avec le pressing le moins agressif des dernières années. Pour autant, difficile de l'imaginer se poser en bloc jusqu'à forcer l'erreur adverse. Mais sans pressing, difficile de disputer la possession aux Madrilènes… Et il ne faut surtout pas laisser Kroos et Modric jouer dans un fauteuil.

Zinédine Zidane, sur le bord du terrain

Crédit: Getty Images

Vinicius et Dembélé, le facteur imprévisible

Des kilomètres de papier ont été noircis cette année dans la presse espagnole au sujet de la relation entre Karim Benzema et Vinicius Junior. "Parfois je monte un peu la voix avec lui, mais c’est pour son bien. Je sais qu’il peut donner encore plus. C’est un vrai phénomène quand il veut", s'est expliqué le Lyonnais récemment. Ici, le "quand il veut" revêt une importance capitale. Vinicius a beau aimer le dribble, celui-ci ne lui sourit pas dans toutes les circonstances. Parmi les 12 joueurs du championnat avec le plus de dribbles tentés, il se classe dernier quant au taux de réussite : seulement 38%. Sans espaces, le Brésilien est à la peine. En revanche, offrez-lui des mètres à attaquer et il devient difficile à arrêter. Finalement, l'ailier est à l'image de son équipe : meilleur dans les grands matches, autant pour des questions mentales que tactiques. Les affrontements contre le Barça lui conviennent d'ailleurs particulièrement bien. En attaque, il est le seul Madrilène a ne pas devoir constamment recevoir le ballon dans les pieds.
Côté catalan, la caution imprévisibilité s'appelle Ousmane Dembélé. Le Français est dans sa meilleure période. Pour la première fois depuis son arrivée à Barcelone il enchaîne les matches sans blessure aucune. "La trajectoire d'Ousmane cette saison est très bonne. Physiquement il a beaucoup progressé, c'est la clé de sa régularité", se félicitait encore cette semaine son entraîneur. Mieux encore, le jeu du champion du monde est devenu plus mature, plus efficace. Oublié le joueur qui cherchait le dribble sur chaque prise de balle. Désormais, il choisit avec soin les zones dans lesquelles provoquer. Aussi, depuis l'instauration du 3-5-2, El Mosquito a dû apprendre à jouer en pointe. S'il est encore difficile pour lui d'évoluer dos au jeu, ses mouvements en profondeur sont bienvenus. Pour la première fois depuis des années, le Barça compte de l'amplitude et de la profondeur. Dembélé n'y est pas étranger ! Exhibant quelques carences lors de ses replis défensifs, Lucas Vázquez aura fort à faire face au natif de Vernon.

Ousmane Dembele, Ronald Koeman

Crédit: Getty Images

La lecture en cours de match des entraîneurs

Zidane et Koeman doivent encore progresser sur un aspect : la lecture des matches. Là où Nagelsmann, Guardiola ou encore Klopp brillent par au cours du match par leur interventionnisme couplé à leur génie tactique, le Néerlandais et le Français sont en retrait. Leurs équipes sont souvent pénalisées par une interprétation ratée du déroulé de la partie. Le Batave tendance a tendance à être très conservateur dans ses changements. S'il perd, ne cherchez pas plus loin, il fera rentrer un attaquant. Conséquence, on a souvent vu une accumulation peu productive d'éléments offensifs en fin de partie, faisant du milieu de terrain un no man's land.
Pour sa part, Zidane pêche par lenteur au moment de faire rentrer du sang neuf. Tardifs, ses changements ont un air désespéré. Faire rentrer Mariano à dix minutes du terme, ou laisser Ramos monter aux avant-postes est une réaction classique de sa part ; elle porte rarement ses fruits. En outre, le respect des statuts se retrouve également dans les remplacements effectués par Zidane. Même s'il est dans un bon match, Vinicius sera le premier homme substitué tandis qu'Asensio bénéficiera d'une clémence supérieure indépendamment de sa prestation.
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