Pour une fois qu’un jeu de mots devient réalité… Un côté gauche merengue Alaba-Bale, c’était trop beau pour le Laurent Ruquier qui sommeille en nous ! Las, l’Autrichien a évolué en défense centrale quand le Gallois a oscillé entre le banc, la tribune et l’infirmerie. Genou, mollet, coronavirus, dos : cette saison, sa dernière à Madrid, s’est réduite à une partie de Docteur Maboul et à la portion (in)crongrue avec 5 matches de Liga (4 titularisations dont 3 lors des trois premières journées) et 2 de Ligue des champions (7 minutes en tout !).

Précieuses ridicules et malade imaginaire

Une misère. Voire une farce. Le 24 mars dernier, alors qu’il a été écarté de la liste pour le Clásico, perdu 4-0 à Santiago-Bernabéu, pour une gêne au dos, il plante un doublé avec le Pays de Galles contre l’Autriche au premier tour de barrage du Mondial. La veille, Marca lui avait accordé sa une : Bale apparaît tout sourire à l’entraînement avec sa sélection. Le titre est empreint d’ironie : "il n’a déjà plus mal". Le quotidien sportif madrilène (et madridiste) a également frisé l’insulte en le surnommant "le parasite gallois" (dessin à l’appui), accusé de pomper l’argent de son club. Énième épisode d’une guerre larvée que Bale a soigneusement entretenue pendant plusieurs années.
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L’histoire de Gareth Bale avec le Real Madrid a bifurqué avec l’arrivée de Zinedine Zidane sur le banc. D’emblée, les entraînements concoctés par le Marseillais et son staff ne lui conviennent pas. Pour l’Express de Cardiff, ils seraient responsables de ses blessures récurrentes. Jusqu’en septembre 2015, le Gallois est rarement blessé. Sous les ordres de Rafa Benítez, une blessure musculaire suivie d’une rechute polluent son début de saison pendant 6 semaines. Il revient fort pour clôturer le bref mandat de l’ancien coach de Valencia et célébrer le grand retour de ZZ à la Casa Blanca avec un triplé contre le Deportivo de La Coruña.

Darwin Nunez vaut-il toutes ces folies ?

Tout semble aller pour le mieux mais juste avant la mi-temps contre le Sporting de Gijón (1 but et 1 passe en 12 minutes), il est touché au mollet. Il ne le sait pas encore mais, malgré 19 buts et 11 passes décisives en 23 matches de Liga, il est monté dans le taxi pour Tobrouk. Dès lors, il ne disputera plus une seule saison sans un souci physique. Hormis 2018-2019 (5 matches de championnat manqués pour des soucis à la malléole et encore au mollet), précisément celle où Zidane n’était plus au club.
Le point de non-retour est certainement arrivé en novembre 2019 lorsque, après la qualification des Dragons à l’Euro, lui et ses coéquipiers ont exhibé le désormais célèbre drapeau "Wales. Golf. Madrid. In that order". Précision : il venait de manquer un mois de compétition après une nouvelle blessure au mollet… En 2020, il joue les utilités. La conquête du titre post-confinement se fait sans lui : à peine 2 matches pour 90 minutes en tout. Et après un transfert mirobolant en Chine avorté in extremis en 2019, le Real Madrid consent le paiement de la moitié de son salaire pourvu qu’il quitte Valdebebas et retrouve le Nord de Londres l’espace d’une saison. 2020-2021, un exercice sans titre pour le Real Madrid au demeurant…

Gareth Bale et le fameux drapeau "Wales, Golf, Madrid, dans cet ordre"

Crédit: Eurosport

Contesté mais incontestable

Quelle sera la place de Gareth Bale au panthéon vikingo ? À son arrivée, il a été catalogué pour le montant exorbitant de son transfert qui a franchi la barre des 100 millions d’euros. À son départ en fin contrat, ce sont ses blessures et sa mauvaise volonté qui obstruent la vue. Le Gallois a été une pierre essentielle de la reconstruction des Galactiques, principalement avec Carlo Ancelotti qui a d’ailleurs tenté de le relancer en cette fin de saison. Cette BBC a été la grande rivale de la MSN du Barça, ce qui n’est pas rien. Ces deux trios ont été des produits d’appel pour la Liga qui ne s’est jamais remise de cet éclatement. A une époque, il en fallait beaucoup pour courir plus vite que le Bale !
De manière certaine, Bale est le meilleur joueur britannique de l’histoire du championnat espagnol. Historiquement, les sujets footballistiques de Sa Majesté ont eu des réussites très contrastées en Espagne. Les plus illustres sont Gary Lineker au FC Barcelone et Steve McManaman au Real Madrid. Vinny Samways est resté 6 saisons à l’UD Las Palmas et a disputé quelques matches avec le Séville FC mais rien d’indélébile, hormis sur l’île de Gran Canaria. Le plus connu est assurément Michael Robinson, international irlandais mais né à Leicester, qui a porté les maillots d’Osasuna et Cádiz, avant d’embrasser une grande carrière de consultant à la télévision.

"Il y a une part de victimisation dans le discours de Guardiola"

Statistiquement, les 8 saisons du Gallois Calle Cocha Espina feraient baver n’importe quel attaquant : 106 buts et 67 passes décisives en 258 matches toutes compétitions confondues. Au-delà de ces chiffres, il a su être décisif dans les grands moments. Par exemple, c’est lui qui inscrit le but du 2-1 en prolongation de la finale de la Ligue des Champions 2014 contre l’Atlético de Madrid, celui qui a guidé les Vikingos vers la Décima. En 2016, il offre une passe décisive à Cristiano Ronaldo pour égaliser contre les Colchoneros en finale. En 2017, sa chilena catapultée quelques minutes après son entrée en jeu contre Liverpool a permis au Real Madrid de prendre l’avantage, avant que Loris Karius ne lui offre un doublé sur un plateau. En 2014, il inscrit le but de la victoire en Copa del Rey contre le Barça à la 85e minute.
Malgré plusieurs années presque aussi blanches que le maillot merengue, Bale a soulevé 14 titres, en attendant un potentiel 15e, une cinquième C1. Faut-il être régulier et avoir un comportement parfait pour devenir une légende ? Gareth Bale n’a pas emprunté ce chemin-là. En revanche, il a bel et bien sa place dans les livres d’histoire du Real Madrid. Et ça, c’est incontestable.

Gareth Bale (Real Madrid) face à Villarreal

Crédit: Getty Images

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