Il aurait pu partir lors du mercato. Il a choisi de rester pour s'imposer enfin au Real Madrid. Et pour l'instant, ça semble franchement mal parti. Marco Asensio n'en finit plus de ronger son frein depuis le début de la saison. La lecture de son temps de jeu suffirait presque à résumer la situation : aucune titularisation et seulement 68 minutes passées sur le terrain lors des six matches disputés par le club madrilène jusqu'ici en 2021-22, toutes compétitions confondues. Cela ressemble furieusement à une impasse.
La semaine écoulée en a été la plus parfaite illustration. Parce que c'était la première durant laquelle le Real avait trois matches à disputer depuis la reprise, avec un rendez-vous en Ligue des champions face à l'Inter entre la réception du Celta Vigo et le déplacement à Valence en championnat. Asensio pouvait légitimement caresser l'espoir d'obtenir un peu de temps de jeu dans la perspective d'une rotation d'effectif plus importante. Au total, il n'a eu droit qu'à 11 minutes sur l'ensemble de ces trois rencontres. Dimanche, il n'est même pas sorti du banc à Valence. Une première pour lui cette saison.

Des perspectives bouchées en attaque…

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Pour l'instant, le joueur de 25 ans est l'un des grands perdants de l'arrivée de Carlo Ancelotti. Après un exercice 2018-19 gâché par une grave blessure au genou, il s'était bien relancé la saison passée. Zinedine Zidane l'utilisait régulièrement (2 614 minutes, soit le 11e temps de jeu de l'effectif madrilène toutes compétitions confondues) et, s'il était resté assez discret sur le plan des statistiques (7 buts au total), Asensio retrouvait petit à petit ses sensations. Cela appelait une confirmation sous les ordres du technicien italien.

Marco Asensio (Real Madrid) remplace Luka Modric face au Celta Vigo

Crédit: Getty Images

Mais l'Espagnol ne semble pas vraiment faire partie des plans de l'ancien entraîneur du PSG. Il est bien sûr confronté à une forte concurrence en attaque. Malgré l'échec du transfert de Kylian Mbappé dans la dernière ligne droite du mercato, le Real a gardé une ligne offensive compétitive avec Karim Benzema, Eden Hazard, Vinicius Jr., Rodrygo et le retour de prêt de Gareth Bale. Même avec la blessure du Gallois, Asensio n'a pas trouvé plus de grâce aux yeux de "Carletto". A Valence, Rodrygo et même Luka Jovic sont entrés en jeu pendant qu'il se morfondait sur le banc.

… comme au milieu

Cela rend déjà sa situation inquiétante. Ce qui la complique encore davantage, c'est que l'hypothèse de trouver du temps de jeu au milieu prend elle aussi du plomb dans l'aile. Elle était pourtant envisagée par Ancelotti. "Je teste Asensio en tant que milieu à gauche ou à droite, avait expliqué l'entraîneur du Real avant la rencontre face à Levante (3-3). Je pense qu'il peut bien le faire et qu'il aime ça." L'ailier avait des raisons de croire en cette perspective. Durant son premier mandat madrilène, Ancelotti avait aligné Angel Di Maria dans un rôle similaire au milieu, avec un certain succès.

Marco Asensio et Carlo Ancelotti (Real Madrid)

Crédit: Getty Images

Mais l'expérience semble avoir tourné court. Utilisé dans l'entrejeu face à Alavés, Levante et contre le Betis, Asensio n'a plus été aligné dans ce secteur depuis. L'absence sur blessure de Toni Kroos n'y a rien changé. Et l'arrivée d'Eduardo Camavinga pour renforcer le milieu madrilène n'est pas la seule raison de penser qu'Ancelotti a changé son fusil d'épaule. Face à Valence, le coach transalpin a ainsi préféré faire entrer Isco plutôt qu'Asensio pour suppléer Luka Modric en fin de match. Peut-être pour une question de profil. Mais ce choix confirme néanmoins la situation complexe d'Asensio.

"Si Asensio n'est pas heureux, c'est très bien"

L'Espagnol a de quoi être déçu, même s'il ne devait pas attendre un statut de titulaire indiscutable. Il n'a pas suffisamment confirmé les promesses nées de son éclosion au plus haut niveau en 2016 et 2017 pour cela. Mais Ancelotti lui avait donné des raisons de croire qu'il pourrait se relancer cette saison. "On a eu une conversation, il m'a transmis des choses très positives et je sais que je peux beaucoup apprendre de lui car il a une grande expérience dans le monde du football", disait-il dans un entretien au quotidien Marca début juillet.
Des discussions qui ont probablement pesé dans la décision d'Asensio de rester au Real cette saison, alors qu'il était convoité par l'AC Milan et Tottenham cet été. Mais si la situation de l'Espagnol est délicate, elle n'est pas figée pour autant. "Il me semblerait anormal qu'un joueur qui ne joue pas soit heureux, a déclaré Ancelotti mardi en conférence de presse. Si Asensio, Isco ou Jovic ne sont pas heureux, c'est très bien. Ils n'ont pas à l'être. Ils s'entraînent bien, j'aime ça. Si tout le monde est connecté, ils auront des minutes." De quoi garder un petit espoir de sortir de l'impasse…

Marco Asensio (Real Madrid)

Crédit: Getty Images

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