Ils ont perdu en un été ceux qui incarnaient le mieux leur gloire passée. Leurs deux capitaines et un peu plus que ça, leurs deux icônes. En quelques semaines, Sergio Ramos et Lionel Messi, quatre Ligues des champions chacun, ont fini par quitter le Real Madrid et le FC Barcelone. Pendant des années, les deux plus grands clubs du XXIe siècle attiraient les meilleurs, désormais, les stars quittent le navire catalan et le paquebot madrilène a bien du mal à convaincre les plus grands joueurs du monde. C'était pourtant l'été pour ferrailler du gros poisson.

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Non seulement Antoine Griezmann, Lionel Messi, Sergio Ramos et Raphaël Varane ont déserté les rangs mais Cristiano Ronaldo, Romelu Lukaku, Georginio Wijnaldum ou Jadon Sancho, qui ont éveillé les désirs du Barça ou du Real ces derniers mois, ont choisi d'autres clubs pour nourrir leurs ambitions. Ce marché, comme ceux qui les ont précédés, marquent un déclassement certain du Barça et du Real dans la hiérarchie mondiale.
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Loin de Paris et Manchester

Quand Manchester United et le PSG offrent des contrats pharaoniques pour attirer les meilleurs joueurs du monde, quand Manchester City ou Chelsea dépassent la barre symbolique des 100 millions d'euros d'indemnités pour s'offrir leurs premiers choix, les deux géants, aux ambitions riquiqui sur le marché des transferts, se sont contentés de fins de contrats (David Alaba, Sergio Aguero, Memphis Depay) et le Real a simplement déboursé 30 millions d'euros pour Eduardo Camavinga en toute fin d'été.

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Depuis trois mercatos, l'été 2019 et les arrivées d'Antoine Griezmann et Eden Hazard, leurs derniers gros investissements, le Barça et le Real n'ont jamais mis plus de 30 millions d'euros sur un joueur, si on excepte le tour de passe-passe réalisé sur l'échange Arthur-Pjanic, quand les clubs anglais (les deux de Manchester, Chelsea, Liverpool et même Arsenal), Paris et le Bayern se renforçaient de façon significative. Comment expliquer une telle tiédeur des investissements ?

Depuis Suarez, un milliard pour rien

D'abord parce que le Real comme le Barça ont fini par payer des années de recrutements ratés et de dérapages financiers. Depuis 2014 et la signature de Luis Suarez, aucune recrue du Barça, à l'exception peut-être de De Jong, n'a véritablement pesé sur le destin du club blaugrana. Et les échecs (Pjanic, Malcolm, Arthur, Dembélé, Turan, Alcacer) ont succédé aux fiascos (Coutinho, Griezmann). Depuis sept ans, l'investissement a dépassé le milliard d'euros pour un rendement catastrophique. Le Real, lui, continue de traîner comme un boulet le changement de cap de sa politique de recrutement : moins de stars à des prix exorbitants, plus de jeunes à très gros potentiel.

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Refroidi par les dossiers James Rodriguez et Gareth Bale, dont les retours sur investissement furent décevants, contraint par un marché des transferts devenu fou en 2017, le Real s'est détourné de son ADN : Luka Jovic, Militao, Rodrygo, Vinicius ont débarqué contre 203 millions d'euros tout de même et ont tous eu du mal, à des degrés différents tout de même, à s'affirmer dans la capitale espagnole. Ajoutez à cela l'accident industriel Eden Hazard et vous comprendrez facilement la timidité actuelle des Merengues. Au fond, seul Thibaut Courtois s'est durablement imposé comme un incontournable et un indiscutable parmi les recrues madrilènes depuis 2014.

Le Barça ne peut plus mentir, le Real donne encore le change

La crise du COVID-19 a, elle, fragilisé des finances (300 millions d'euros de pertes pour le Real, 500 pour le Barça) bien moins solides que celles des clubs adossés à des actionnaires aux fonds illimités (PSG, City) et depuis un an, voilà le Real et, surtout, le Barça davantage soucieux de se séparer des salaires qui creusent leurs déficits que d'attirer des stars qui redorent leur blason. D'autres en ont profité pour les dépouiller (Messi, Griezmann, Ramos, Varane). Le Barça a donc fini par imploser au cœur de l'été au bout d'un feuilleton Messi. Le départ du meilleur joueur de son histoire a définitivement étalé les faiblesses d'un club qui ne peut plus mentir. Le Real a encore donné le change en communiquant des offres pharaoniques au PSG pour Kylian Mbappé.

Lionel Messi pendant sa conférence de presse d'adieu au Barça

Crédit: Getty Images

Mais on peut questionner la stratégie des Madrilènes qui ont attendu les derniers instants du mercato pour s'attaquer à un joueur qu'il savait inattaquable. Le Real a-t-il bluffé ? Avait-il vraiment les moyens d'arracher Mbappé cet été ? Au fond, peu importe. La conclusion reste la même : Madrid ne pourra s'offrir le champion du monde que s'il ne prolonge pas son contrat. Même le grand Real, celui des Galactiques, en est là aujourd'hui…
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