La FFF a tranché. Comme elle tranche depuis le début de cette crise. Le football professionnel français n'a qu'un patron, Noël Le Graët. Après tout, pourquoi pas. Au mois cette séquence aura permis d'identifier qui sont les ou plutôt qui est le vrai (et le seul) boss du foot français. C'est lui qui, en officialisant la fin de la L1, a sonné la fin de la récréation quand de trop nombreux présidents se battaient pour leur pré carré. Et il n'a pas attendu bien longtemps.
L'exécutif décrétait la fin des saisons professionnelles le 28 avril, le soir même NLG annonçait que la L1 et la L2 étaient définitivement arrêtées, quitte à court-circuiter la LFP. Mais personne ne s'en est ému publiquement. Et, dans la foulée, la Ligue a choisi de figer les positions après la 28e journée de Ligue 1 en reprenant le mode de calcul… de la Fédération pour ses championnats amateurs. Ce mercredi, en retoquant la décision de la LFP de passer la L2 à 22 clubs, la FFF s'évite un sévère vent de révolte en L1 et dans les divisions inférieures.

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L2 à 22 : Quand la LFP s'offre une bonne conscience à peu de frais

Pas question de faire une exception pour Le Mans et Orléans, chacun sera logé à la même enseigne. La 3F préserve ses intérêts, se protège aux yeux du monde amateur quitte à faire passer la LFP pour une marionnette bien docile. Cette décision attendue et la gouvernance forte et incarnée de la FFF renvoie en miroir la question de la crédibilité de la LFP qui n'a jamais été autant discutée.

Noël Le Graët aux côtés de Jean-Michel Aulas.

Crédit: Getty Images

Lorsqu'elle prend enfin des décisions, celles-ci sont nécessairement soumises à la FFF dont le comité exécutif "peut se saisir (…) pour éventuellement les réformer" en vertu de l'article 5 de la convention liant à la LFP à la FFF. Mais cette décision absurde de la LFP de jouer la L2 à 22 alors que la L1 restait à 20 clubs fragilisait toutes les décisions prises jusqu'ici et ne semblait répondre à aucune logique si ce n'est à une forme de générosité qui ne cadrait pas avec le cap fixé par le football français jusqu'ici.

Présidents trop bavards et Ligue trop silencieuse

De là à penser que la LFP s'est achetée à peu de frais une bonne conscience en sachant pertinemment que cette décision n'avait aucune chance d'aboutir… Elle n'a en tout cas pas manqué une nouvelle occasion de se ridiculiser et d'étaler ses incohérences. Le Graët en a nécessairement profité. Entre des présidents trop bavards et une ligue trop silencieuse, entre des présidents guidés par l'égo et une LFP désincarnée, il a trouvé sa place : celle du chef. Dans les médias, il ne s'est ainsi pas gêné pour faire la leçon à Jean-Michel Aulas, opposé à l'arrêt définitif.

Aulas l'espère : La LFP pourrait-elle revenir sur sa décision ?

Le président de l'OL, homme fort de la L1, est lui aussi sorti affaibli d'une séquence au cours de laquelle, à force de défendre tous les scenarios imaginables pour sauver son club, sa crédibilité en a pris un coup. Le Graët, lui, a très peu parlé mais a fait passer ses messages avec efficacité. Il a défendu une ligne claire, notamment pour bloquer le projet d'emprunt à grande échelle à des fonds d'investissement étrangers. Même si son entêtement à vouloir jouer la finale de la Coupe de France, compétition de la… FFF, plutôt que les barrages de Ligue 1 et Ligue 2 ne va pas dans le sens d'une synthèse et d'un intérêt supérieur du football français. Mais, sans contre-pouvoir efficace…
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