Imago

Decourrière: "Un Grenelle du foot français"

Decourrière: "Un Grenelle du foot français"
Par Eurosport

Le 27/11/2007 à 17:54Mis à jour

Le président du club de Valenciennes, Francis Decourrière, lance un appel à l'organisation "d'un Grenelle du football français" pour remettre les choses à plat. Principal opposant au FAP, il souhaiterait plus d'équité. Ceci ne ferait que "favoriser le cha

FRANCIS DECOURRIERE, vous avez été l'un des plus virulents opposants au FAP (Football avenir professionnel). Pensez-vous avoir gagné ?

F.D. : Nous sommes en paix armée. Deux sujets comptent: le maximum d'argent des télés et la répartition. Lors de l'AG de la Ligue, c'était très dur. Jusqu'au dernier moment, les gens du FAP ont refusé de voter sur l'utilisation des droits après les matches et Jean-Michel Aulas (président de Lyon et du FAP) a essayé de négocier une répartition des droits télés plus avantageuse alors qu'elle était déjà très déséquilibrée.

Que reprochez-vous à cette répartition ?

F.D. : Le barème prévoit 50 % de part fixe, 30 % sur le classement, ensuite la notoriété basée sur les retransmissions des trois dernières années. Cela concerne surtout 6 à 8 clubs. Cela veut dire qu'un club qui monte n'aura rien. C'est pour cette raison que les anciens du Club Europe sont souvent télévisés parce qu'on sait qu'on en tiendra compte l'an prochain. On joue Nancy dans 15 jours. On est 6e, Nancy est 2e et nous ne sommes pas télévisés. Il y a beaucoup de choses inéquitables. C'est un système très nébuleux. Comme en Angleterre, il faudrait que la différence, au niveau de la répartition, aille du simple au double alors que, chez nous, c'est actuellement de 1 à 4.

Comment comptez-vous vous opposer ?

F.D. : Avec mes amis, qui ne sont pas dans le FAP, nous sommes complètement décidés à renégocier en employant tous les moyens. Même légaux ! Il faut une équité qui ne peut que favoriser le championnat. Et pas nous faire spolier!

Une autre source de revenus envisagée vient des projets autour des stades...

F.D. : Le sportif doit être la priorité. L'économique vient derrière. Je ne pense pas qu'un club de foot doive faire de la promotion immobilière ou commerciale. A chacun son métier.

N'est-ce pas dans l'ère du temps ?

F.D. : Il y a des projets mais aucune réalisation. Il y a des instances politiques. Je ne vois pas pourquoi une communauté urbaine se désisterait de ses droits. Un stade, c'est un parcours du combattant. Dans la ville, il y a les riverains. A l'extérieur, les écolos et la nécessité pour la ville de faire des travaux annexes qui coûtent les yeux de la tête.

A l'étranger, c'est possible...

F.D. : En France, par exemple, vous ne pouvez pas vendre d'alcool dans les stades mais on en vend autour et tant mieux. Le côté convivial qu'on peut amener ne peut exister chez nous.

Faut-il changer ces règles ?

F.D. : On est dans l'hypocrisie totale. Les sites de paris en ligne ou l'alcool sont interdits mais les équipes étrangères qui viennent en Coupe d'Europe portent leurs noms et sont télévisées en prime-time. On n'applique pas la réglementation européenne et on est déjà dans la mondialisation.

Cela mérite-t-il une grande remise à plat de tout ?

F.D. : Oui. Je pense à un Grenelle du football. On est arrivé à un tournant. Il faut y associer les services publics comme les clubs mais aussi les instances européennes avec Michel Platini, qui a été un grand joueur et sera un grand président de l'UEFA. Il nous aidera.

Sur quels sujets ?

F.D. : Une redistribution équitable des droits télés et le choix des matches, la protection et la mutualisation de la formation refusée par la DTN, les contraintes sur les jeux et l'alcool -pour laquelle j'ai une position réservée-, la gouvernance de la Ligue de football professionnel, où paradoxalement les clubs ne sont majoritaires.

0
0