JEAN-MARC NOBILO, commencez-vous à sentir le parfum de la Ligue 1 ?

J-M. N. : On a trois semaines de préparation qu'on a décomposées en trois gros blocs : deux semaines de foncier, trois semaines de puissance et d'intensité et deux semaines de fraîcheur et de vivacité. On fait une série de cinq matches contre des équipes de configuration Ligue 1 donc ça commence à venir. On espère y apprendre beaucoup et très vite car le championnat approche et il faudra être prêt tout de suite.

Ligue 1
Le Havre veut s'installer
25/07/2008 À 07:20

Votre effectif est-il au complet ? Avez-vous bouclé votre recrutement ?

J-M. N. : On est dans les cordes de ce que l'on avait défini en tant que projet avec le président Jean-Pierre Louvel. La première chose, c'était de conserver nos forces en Ligue 1. On a réussi à garder tous nos cadres, tous nos meilleurs joueurs de la saison dernière. On a également réussi à valoriser nos meilleurs jeunes pour qu'ils se sentent considérés et prêts à évoluer en Ligue 1. On a renforcé l'encadrement technique. Pour l'instant, tout cela me correspond par rapport à mes souhaits techniques et à mes demandes.

Avec Dieuze, Noro ou Fauré, cherchiez-vous des joueurs d'expérience ?

J-M. N. : Les joueurs d'expérience ont les avait déjà avec Christophe Revault, Nicolas Gillet, Jérémy Hénin, Abasse Ba. L'objectif, c'était peut-être de recruter un leader au milieu de terrain. C'est pour cela que l'on avait défini un profil qui correspond à Nicolas Dieuze. On voulait aussi tenter des coups, des paris sur des joueurs qui avaient un passé de 60 ou 70 matches en L1, qui approchaient de la trentaine et qui cherchaient un dernier challenge sportif pour se prouver à eux-mêmes qu'ils pouvaient encore évoluer en L1.

Il va tout de même falloir combler le départ de Guillaume Hoarau...

J-M. N. : Guillaume, il n'est plus utile de le présenter à travers les grosses performances qu'il a faites la saison dernière (28 buts en L2, ndlr). Aujourd'hui, il faut malheureusement passer à autre chose. Je dis "malheureusement" car c'est un garçon qui est issu de notre centre de formation. Les garçons qui le remplaceront joueront avec leurs qualités, à leur poste et dans le profil de ce qu'ils savent faire.

La plus grosse difficulté pour Le Havre, c'est justement de conserver ces joueurs ?

J-M. N. : Si vous voulez, on a cycle qui est : je détecte, je forme, je fais jouer dans notre équipe professionnelle et je revends. C'est une philosophie sportive très axée sur la formation. Moi, j'y prends beaucoup de plaisir. Quand vous avez des Steve Mandanda qui sont en équipe de France ou des Guillaume Hoarau qui signent dans de grands clubs français, c'est la reconnaissance de tout le travail d'un club, de l'école de football à l'équipe professionnelle.

Cette saison, l'objectif du HAC sera le maintien ?

J-M. N. : Oui, oui. Je crois qu'on va transpirer cette saison (Il rit) ! Je vois une saison entre la 20e et la 15e place. En espérant être lors de la 38e journée à la 17e place et plus si possible.

A quels changements vous attendez-vous par rapport à la Ligue 2 ?

J-M. N. : Le principal changement, je pense qu'il est surtout dans l'environnement médiatique. J'ai le sentiment que nous sommes tous un peu plus sollicités. Ce qui est normal parce que la Ligue 1 est un peu la vitrine du football français. En termes d'attentes, c'est aussi différent. Le public ainsi que tous les partenaires du club et toute la région sont énormément derrière nous. Ensuite, sur un plan technique, on sent quand même qu'il y a une grosse marge en termes de qualité individuelle et collective.

Pour préparer la montée, vous aviez déjà fait des études sur plusieurs clubs de L1 la saison dernière...

J-M. N. : Oui. Quand vous êtes dans une configuration club avec une philosophie, vous devez toujours avoir un regard sur le haut. Nous, on regarde vers Nancy, Le Mans, Valenciennes ou Lorient. Il faut essayer de s'ancrer en Ligue 1 et de voir pourquoi et comment certains clubs y parviennent aujourd'hui. En termes de référence, si on arrive à faire aussi bien que ces clubs sur les trois, quatre ou cinq prochaines années, on aura peut-être passer un cap.

En quoi ces clubs sont des références ?

J-M. N. : Je peux vous citer deux ou trois éléments qui me viennent à l'esprit. Ce sont des clubs, comme par exemple Nancy ou Le Mans, qui ont une politique très axée sur la formation. Il y a quand même une grosse stabilité en termes de dirigeants, président et staff. Que ce soit les président ou l'entraîneur, ce sont des choses qui n'ont pas changé sur les dernières années. Ils ont marqué leur club soit d'une empreinte technique, soit d'une empreinte administrative.

Pourtant, l'an passé, vous aviez signé un contrat de seulement un an. Vous êtes-vous engagé sur du plus long terme cette fois ?

J-M. N. : Oui, sur deux ans. Mais l'année dernière, ça me paraissait logique. Je ne vais pas défendre la corporation mais, la saison dernière, j'avais un président qui me laissait la chance de m'exprimer au niveau professionnel. Donc j'ai dit banco pour une année avec une reconduction s'il y avait des résultats sportifs qui, au départ, étaient d'atteindre au moins le premier tiers du classement et un objectif de deux saisons pour monter en L1. Il faut être un peu joueur dans la vie parce que c'est le métier qui le veut. Aujourd'hui, vous ne pouvez plus signer des contrats de trois, quatre ou cinq ans. Il y a des exigences de résultats à tous les niveaux : dirigeants, président, partenaire, coach. C'est quelque chose qui me convient bien. Depuis une quinzaine d'années, je suis sur des contrats courts avec des missions à court terme. Là, c'est vrai que le président m'a refait confiance pour deux saisons supplémentaires. Ca me paraît très cohérent et très logique.

Votre première expérience à la tête d'un effectif professionnel a été couronnée de succès. Avez-vous été courtisé ?

J-M. N. : Non. Comme je vous le dit, j'aime les missions courtes. Le Havre m'avait proposé une mission courte sur la formation pendant deux ou trois ans pour ré-instaurer quelques exigences, surtout sur l'étage des 18-20 ans, et faire remonter la CFA 2 en CFA 1. Ca a été ma mission, qui a d'ailleurs été réussie, sur mes premières années. Maintenant, il y a cette mission sur un an pour la 17e place ou plus. Et si j'avais envie de réussir un jour à un endroit, c'était bien au Havre. C'est le club professionnel qui m'a permis de me révéler. Je voulais redonner aux gens la confiance qu'ils m'ont accordée.

En Ligue 1, allez-vous toujours fonctionner avec un adjoint dédié aux jeunes joueurs ?

J-M. N. : Comme je vous le disais, on est un club à philosophie formation. On fait jouer nos gosses en Ligue 1 et Ligue 2 non pas par obligation mais conviction et par choix de politique sportive. Donc ça demande un aménagement un peu différent. Cette année, il y a dans mon staff Patrice Montel qui est responsable des 24 à 32 ans de part son cv de joueur et sa personnalité. Il y a Nicolas Dehon qui est responsable des quatre gardiens. Et il y a Johan Louvel qui est un cadre qu'on a mis en place l'année dernière. Il est responsable de tous les joueurs de 18 à 24 ans parce que je pense qu'il faut un profil de coach formateur. Sur les sept dernières années, il a tous ces gosses là sous ses ordres chez les 16 ans, 18 ans, etc. Aujourd'hui, alors que l'on parle beaucoup de cession de vestiaire et de différence de mentalités entre les générations, voir de conflit entre les générations, je pense qu'il faut tout simplement avoir un référent qui soit en mesure de cadrer ses jeunes et de leur apprendre le métier.

A votre avis, vos jeunes sont-ils armés pour la Ligue 1 ?

J-M. N. : L'année dernière, on s'interrogeait déjà pour savoir s'ils étaient armés pour faire le passage de la CFA 2 à la Ligue 2. Dans l'ensemble, ils ont très bien répondu puisque, non seulement ils ont délogé quelques titulaires à un certain moment de la saison, mais ils ont également apporté de la fraîcheur et de la performance. Aujourd'hui, c'est vrai que j'ai le sentiment que, entre la CFA 2 et la Ligue 2, le fossé est moins important qu'entre la Ligue 2 et la Ligue 1. Mais on a choisi la formation par conviction et pas par obligation donc je pense qu'il y a encore quelques jeunes qui intégreront l'équipe en cours de compétition cette année.

L'avenir, c'est aussi le projet de nouveau stade au Havre...

J-M. N. : Ça, c'est le président Jean-Pierre Louvel et son directoire qui s'en occupent. Mais c'est vrai que, pour un groupe de joueurs et un staff, ça doit être vraiment très exaltant de jouer dans un nouveau stade. Un peu à l'image de ce qu'a fait Grenoble en fin de saison dernière.

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