Dassier et les plumitifs

Samedi, 10H00. Place au traditionnel tournoi de foot de fin de saison des journalistes. Quatre équipes s’affrontent à l’OM Foot Village, une enceinte de plusieurs terrains synthétiques en plein air et en plein Marseille. L’OM propose deux équipes (OM TV et les administratifs) face à deux autres formations de plumitifs locaux. Les échanges sont corrects mais parfois virils. Le goût de la gagne se cultive aussi dans la presse sportive. Les administratifs de l’OM s’imposent finalement malgré une belle résistance des "journaleux" (4-3). Un rosé estampillé OM vient tout de même récompenser les perdants. En homme de média qu’il a su rester, Jean-Claude Dassier ne manque pas l’événement. Il revient sur la saison doublement titrée de l’OM et en profite pour glisser un tacle à la presse nationale. Plus précisément à l’Equipe Magazine pour son article sur la supposée toute puissance de Jean-Pierre Bernès au sein du club. Le président marseillais ne restera pas déjeuner avec ses hôtes. Et ne goûtera pas au rosé OM. Certains n’ont pas eu cette chance…

Ligue 1
Marseille fête son OM
15/05/2010 À 20:58

Ljuboja, Paga et les autres

En cette fin d’après-midi, la foule des grands jours a pris le Vieux Port d’assaut. Le Mistral fait pencher les têtes mais les drapeaux bleu et blanc flottent bien haut dans le ciel azur de Marseille. Peut-être pour profiter du spectacle, le GF 38 a pris ses quartiers dans un hôtel de luxe, les pieds dans l’eau poissonneuse du port. Les joueurs grenoblois s’apprêtent à monter dans le bus les conduisant au stade quand un supporter interpelle Danijel Ljuboja : "Oh, l’ancien Parisien, faut pas gâcher la fête ce soir !" L’attaquant isérois sourit et baisse la tête avant de s’engouffrer dans son car. Une petite demi-heure plus tard, les Grenoblois arrivent au Vélodrome, suivis de près par leurs homologues marseillais. Mais le bus de l’OM connaît de frayeurs. Les supporters craquent des fumigènes sur la route et gênent la progression du bus. Les motards encadrant le convoi arrivent tout de même à mener à bien l’expédition jusqu’au stade. "Paga" est déjà là depuis longtemps. L’homme de terrain de Canal+ pour la rencontre plaisante dans la guitoune réservée aux journalistes. "Arles en Ligue 1, quelle merde", éclate de rire l’Avignonnais. Fier de "son" club, Paganelli souhaite que "l’OM se déplace à Avignon pour le deuxième match de la saison. Et pas pour le premier, car on n’aura pas fini de rénover le stade", s’empresse-t-il d’ajouter.

Thiriez et le plus beau tifo

Tandis que les "ohé, ohé, ohé, champion, champion" résonnent dans le stade, les joueurs en finissent avec l’échauffement. Une trentaine d’enfants prennent alors place pour former une haie d’honneur aux champions 2010. Ils arborent fièrement le tee-shirt spécialement confectionné pour le titre. Le traditionnel "Jump" retentit et un tifo géant –le plus beau de la saison dixit Thiriez- barre les virages nord et sud mais aussi la tribune Ganay, habituellement plus discrète. On peut lire "OM, champion, 11". Malicieusement, le chiffre 11 fait référence aux 9 titres de l’OM auxquels les supporters ajoutent ceux non attribués de 1929 et 1993. Une minute d’applaudissement pour le décès d’un membre du staff finit de planter le décor. Il faut patienter jusqu’à la fin de la première période pour voir Niang libérer les 55 000 spectateurs. Son penalty victorieux allume aussitôt les virages du rouge-orangé des fumigènes. Dans sa loge, Jean-Claude Dassier applaudit le but tout en goûtant peu à ces artifices pyrotechniques. Le président de l’OM a fait de la lutte contre les fumigènes l’une des priorités de son mandat.

Agents secrets

La mi-temps sifflée, les pensionnaires de la tribune présidentielle regagnent les salons pour s’y réchauffer. Le Mistral a glacé le sang de plus d’un des convives. La famille Niang au grand complet quitte les tribunes pour monter dans une loge. Les filles de Mamadou ne supportent plus le vent glacial. Nathalie Simon, elle, semble perdue. Elle finit par retrouver la personne recherchée : une journaliste de la chaîne Orange TV. Elle convient de la revoir en fin de match pour une interview. Un peu plus loin, c’est un rassemblement d’agents de joueurs qui s’organise. On y retrouve notamment les conseillers de Ben Arfa et de Diawara. Le conciliabule semble s’éterniser alors que le match va reprendre. La seconde période voit Lucho sortir sous une ovation monstre et Ben Arfa marquer en fin de match sous le regard de Margarita Louis-Dreyfus, présente sur le banc de touche depuis cinq minutes. Elle a fait la bise à Didier Deschamps, synonyme de remerciement pour tout ce qu’il a fait au club en un an.

Souleymane Diarra…

Le coup de sifflet de M. Viléo libère tout le monde. Place aux festivités. Si le Mistral a eu raison du feu d’artifice, Taiwo, Mbia, Valbuena se chargent de mettre le feu sur la pelouse. Pendant ce temps-là, la tribune des champions est montée à la hâte. Thiriez y prend place et récompense d’abord Lucho pour son titre de meilleur passeur (11 réalisations) puis Niang, meilleur buteur (17 buts). Chaque joueur est ensuite appelé par le speaker du stade pour recevoir son trophée miniature. Dans la ferveur d’une soirée pas comme les autres, André Fournel annonce Souleymane Diarra et Andre Ayew. On aura rectifié avec Souleymane Diawara et Jordan Ayew. Deschamps passe en dernier, le public se chargeant de lui réserver une standing-ovation rare. A chacun son style sur la pelouse. Mbia et Taiwo savourent en dansant. Valbuena, lui, pense à son père, présent en tribune Jean Bouin. Il lui offre son maillot. A peine le temps d’expliquer qu’il recevra "au moins 50 SMS de félicitations", Kaboré rejoint vite les vestiaires pour un discours de Margarita Louis-Dreyfus. Une heure après, les Marseillais quittent le stade. Mbia a mis ses lunettes de soleil et remonté ses chaussettes jusqu’au genou. Il promet que "ça va être le bordel dimanche ".

Une fête mouvementée

Ils sont 60 000 à faire honneur à leurs champions ce dimanche. Deux trophées sont présentés : la Coupe de la Ligue et l’Hexagoal pour le championnat. Partant à 15H00 de la place aux Huiles, les deux bus à impériale -grimés pour l’occasion aux couleurs des champions de France- vont faire le tour du Vieux-Port en moins d’une heure. Les fans marseillais sont hystériques au passage de leurs idoles. Et les mouvements de foule deviennent dangereux. Une vingtaine de personnes doivent être évacués au total, victimes de malaises. Les débordements restent tout de même contenus jusqu’à l’arrivée des joueurs à la mairie. Ils accèdent alors au balcon en compagnie de Margarita Louis-Dreyfus et Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. Un énorme maillot avec les inscriptions "La victoire de tout un peuple" habille l’hôtel de ville. Et c’est Valbuena qui joue les chefs d’orchestre et égrène les noms de se coéquipiers, acclamés par les supporters amassés au pied de la mairie. Lucho et son look de corsaire ont le plus de succès. Tous les chants du Vélodrome sont ensuite repris pour une vraie communion entre les joueurs et leurs fans. La fête touche à sa fin et les Marseillais ne s’attardent pas en zone mixte pour répondre aux questions des journalistes. Pendant ce temps-là, quelques bouteilles de bières volent en direction des CRS. Ceux-ci répliquent avec du gaz lacrymogène. Les joueurs et le staff de l’OM sont priés d’évacuer les lieux. Quelques boutiques incendiées viennent ensuite noircir de leur fumée le ciel marseillais. La parade vire alors à l’affrontement entre pseudo-supporters et forces de l’ordre. Il faudra près de trois heures pour que tout redevienne calme…

Ligue 1
Deschamps : "Tout ce qu'on peut gagner..."
15/05/2010 À 19:46
Ligue des champions
Payet, excuse collective et responsabilité individuelle
IL Y A 8 HEURES