Dure la vie de supporter..

Supporter le PSG, c'est dur...
Par Eurosport

Le 08/03/2010 à 15:48Mis à jour

Supporter du Paris Saint-Germain aussi anonyme qu'occasionnel, Cédric Montuire, fonctionnaire hospitalier dans le civil, a vécu samedi un calvaire puisqu'au lieu d'assister au match à Lens avec son cousin nordiste, il a passé trois heures en cellule au commissariat.

Inconnu de la police avant de se rendre à Lens, Cédric Montuire, jeune homme de 24 ans, qui n'est ni abonné, ni encarté dans l'une des deux tribunes honnies Auteuil ou Boulogne, se souviendra de son voyage dans le Nord, à Lens. Aujourd'hui, il en redoute les conséquences et témoigne donc à découvert de sa soirée de cauchemar... qui devait être son 1er match de l'année dans un stade !

"Je n'ai jamais été mêlé à aucune histoire. Comme je suis fonctionnaire, on a même vérifié que mon casier judiciaire était vierge. J'ai peur car je ne sais pas les conséquences que cela peut avoir. S'il m'arrive quoi que ce soit, je peux perdre mon travail et ma vie est foutue", tremble ce technicien de recherche à l'Institut Cochin. Samedi, il devait se rendre avec son beau-frère -supporteur bordelais- à Lens pour y assister au match dans la tribune sang et or en compagnie de son cousin qui réside à Liévin et avait acheté les billets depuis longtemps.

L'arrêté préfectoral du 5 mars stipulant que "le stationnement et la circulation sur la voie publique de personnes se prévalant de supporter le PSG ou connues" comme tel étant "interdit", M. Montuire n'arborait donc aucune couleur. "On n'avait aucun signe distinctif, pas de maillot, d'écharpe ou de fanion. On ne voulait pas provoquer, on est resté exemplaire et il n'y a eu aucune insulte. Au contraire, on avait même le maillot de Lens dans la voiture. Le seul truc qu'on me reprochait, c'était de venir de la région parisienne", raconte cet habitant de Cachan "trahi" par sa plaque d'immatriculation.

"Les Parisiens n'ont rien à faire ici "

Comment pourtant affirmer que cet anonyme parmi les anonymes supporte le PSG et non un autre club ? "Les barrages s'étaient bien passés, mais au 5e, le policier nous a dit: "les Parisiens n'ont rien à faire ici, retournez dans vos kebabs à Paris !" Et il nous a emmené dans le fourgon, soit disant pour un autre contrôle d'identité. Une fois dedans, le camion est parti puis on nous a placés en cellule après nous avoir dit qu'on avait enfreint deux décrets", poursuit-il en précisant que la police, qui a gardé les billets, n'a pas été en mesure de les lui fournir quand il a demandé à les voir.

Au commissariat central de Lens, traînent pêle-mêle plusieurs dizaines de personnes, parmi lesquelles effectivement certains qui se revendiquent comme "hooligans" et ont été interpellés avec des battes de base-ball, mais aussi des supporters... lensois venus de la région parisienne ou encore de Dunkerque ! Menotté quelques secondes pour un simple transfert entre le fourgon et la cellule, M. Montuire est également empêché de boire. "C'est de la discrimination qui rappelle le temps où des catégories de citoyens ne pouvaient pas entrer dans les lieux publics", continue-t-il, "écoeuré et toujours choqué" après "deux nuits sans dormir". Emmenés vers 18h00, les supporters, malgré l'intervention de leur famille venue de Liévin parlementer en vain avec la police, sortent finalement après 21H00 en ayant signé un PV et une fiche d'interpellation. "J'ai envoyé un mail à la sous-préfète et un au maire de Paris pour expliquer ma situation. Si ça continue, je serai obligé de prendre un avocat", conclut-il, pas sûr de se rendre au Parc le 10 avril pour voir contre Bordeaux son 2e match de l'année.

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