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OM-PSG, c'est leur Super Bowl

OM-PSG, c'est leur Super Bowl
Par Eurosport

Le 28/11/2011 à 15:23Mis à jour Le 29/11/2011 à 12:50

Il sont français, vivent aux Etats-Unis et aiment l'OM ou le PSG. Comme plus de deux millions d'Hexagonaux, ces supporters du bout du monde se sont passionnés dimanche pour le choc entre les deux meilleurs ennemis de Ligue 1, dimanche. Plongée au coeur de New York avec des fans du bout du monde.

Vu de France, l’OM-PSG de dimanche aura été un choc conforme à sa sulfureuse légende : match à hauts risques, sous étroit contrôle policier, ambiance tendue et insultes traditionnelles. Et, cerise sur un gâteau qui fait autant saliver avant qu’il s’avère indigeste après, même si celui de dimanche fut "moins pire" que bien d’autres, l’absence des meilleurs ennemis des supporters marseillais, leurs homologues parisiens, puisqu’il a été décrété qu’il était impossible de mettre les uns en présence des autres. Et cela en dépit de la théorique liberté de circuler pour tous les citoyens européens…

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Vu de New York, la ville la plus cosmopolite du monde, gigantesque melting pot où toutes les communautés, toutes les religions, toutes les opinions, cohabitent ensemble, c’est un peu ça, un OM-PSG : un match de foot dans une ambiance rugby. Beaucoup de folklore dans les mots, pas mal de mousse dans les verres, et ce qu’il faut de respect dans les actes. A l’exemple de celui que se vouent Xavier Thibaud et Julian Stein.

Un accent made in Canebière

Le premier, 43 ans, premier maître d’hôtel au consulat de France à New York, est depuis 2003 président du club des supporters de l’OM dans la "Grosse Pomme". Des années de résidence américaine n’ont pas altéré cet accent "made in Canebière". Quand Xavier dit : "J’ai 35 ans d’OM derrière moi, j’y ai joué avant de devenir dirigeant de la section amateurs", on entend le chant des cigales. Le second, 26 ans, père américain et mère française, s’est passionné pour le ballon rond lors du Mondial 98. "En 1999, lors d’un séjour en France, j’ai vu deux matches du PSG avec mes cousins. Deux 0-0, contre Bastia et Lille, mais j’ai trop apprécié l’ambiance du Parc des Princes. Je suis devenu supporter."

En France, leur différence sportive leur vaudrait les foudres de leurs congénères. A New York, Xavier et Julian déjeunent ensemble à 48 heures d’un Clasico ! Au menu : hamburger arrosé d’un ginger ale… et débat d’avant-match. "C’est notre Super Bowl, résume joliment Xavier. Enfin, ça devrait l’être… Parce que l’OM ne va pas fort alors que le PSG va mieux : belle équipe sur le terrain, belle ambiance au Parc. C’est simple, j’ai vu plus de matches de Paris que de l’OM cette saison !" Echange de bons sentiments : Julian ose avouer que par le passé, il a apprécié les matches de l’OM. "J’ai suivi l’épopée 2004 en Coupe de l’UEFA, jusqu’à la finale perdue contre Valence", sourit-il. Un aveu qui lui vaudrait en France un procès pour haute trahison footballistique, mais qu’il justifie : "A l’époque, j’étais étudiant à l’université, à deux blocs de là, venir au Nevada, c’était un moyen sympa de rencontrer des gens de la communauté française."

"Certains soirs, il y a eu ici 500 et même 600 personnes !"

La fréquentation de ses amis marseillais dans un antre qu’ils avaient surnommé "Nevadrome", lui a donné des idées : "Début 2006, j’ai créé le PSG Club New York City. Aujourd’hui, nous sommes 600 sur notre page Facebook." Clic-clac, une photo à Times Square et les deux amis se donnent rendez-vous à dimanche, pour LE match, qu’ils vont suivre au Nevada Smith’s, incroyable pub irlandais où sont diffusés sur des écrans géants tout ce que la planète foot compte de matches télévisés. "Nous vivons au rythme des matches européens qui sont disputés avec cinq à six heures de décalage", explique Paddy, le maître des lieux. La salle se remplit peu à peu de supporters français qui commencent à se chambrer gentiment. "Mais ça reste toujours bon enfant", expliquent d’une même voix Xavier et Julian. 15 heures, la salle est pleine. "Ils doivent être 300", estime Paddy en assurant que c’est loin d’être un record : "Certains soirs, il y a eu ici 500 et même 600 personnes !"

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"Oh non, soyez sympa, ne l’écrivez pas !"

Thierry, fan de l’OM, ne l’entend pas ainsi : empoignant un haut-parleur, il hurle : "Nous sommes les Marseillais, et nous allons gagner ! Allez l’OM !" Comme s’il l’avait entendu par-delà l’Atlantique, Loïc Rémy ouvre le score. Pourtant dominateur en première période, le PSG se fait doucement laminer. Franck, sculpteur marseillais, 37 ans, ne regrette pas d’avoir fait une heure de train depuis le Connecticut voisin. "Même si je connais à peine les règles du foot", rigole-t-il.

Et 1, et 2, et 3-0… Pour ponctuer la démonstration de l’OM, Claude, 39 ans, prend à son tour le haut-parleur, l’euphorie débordante : "Les Marseillais montent à Paris pour enc… le PSG !" Me voyant prendre des notes, il me supplie : "Oh non, soyez sympa, ne l’écrivez pas !" Fin de match sans commentaires : un Marseillais fait couper le son des reporters et branche le "Jump" de Van Halen, puis "Seven Nation Army" des White Stripes, le fameux "Poporo poporo…" des supporters triomphants. Les fans du PSG s’évanouissent discrètement dans les rues de New York, ceux de l’OM s’attardent au comptoir. Il y a des matches qu’on a plus envie de refaire que d’autres…

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