Montpellier ne change pas

"Jamais le club ne paiera un joueur 400 000 euros"
Par Eurosport

Le 23/05/2012 à 19:02Mis à jour Le 24/05/2012 à 15:51

Le titre de champion ne fera pas dévier Montpellier d'un iota : sagesse financière et formation resteront les valeurs cardinales.

Montpellier va faire du Montpellier. La couronne ne changera rien. Elle donnera une marge de manœuvre conséquente, mettra pas mal de beurre dans les épinards et adoucira sans doute les nuits de Louis Nicollin mais le MHSC ne va pas renier ce qui a fait son succès. Le titre et les droits télés qui en découlent ainsi que la qualification directe en Ligue des champions ont rapporté de l'argent, beaucoup d'argent. Près de 55 millions d'euros. "On va avoir beaucoup d'argent, il va falloir en donner à des associations", s'amusait Louis Nicollin après la victoire face à Lille (1-0) qui lui assurait de terminer à l'une des deux premières place de L1. Mais Montpellier ne refera pas les erreurs du passé. Celles du début des années 1990 lorsque Valderrama, Cantona ou Paille avaient atterri dans l'Hérault.

Nicollin fera confiance à ses jeunes et tentera des coups de poker sur des joueurs aux CV encore timides. "J'ai des copains, surtout un qui s'appelle Gervais Martel à Lens. Il a été champion de France, il a fait la Ligue des champions et maintenant se trouve dans une situation... Maison hypothéquée, tout hypothéqué : il est très, très mal. Cela n'arrivera pas à la famille Nicollin. Jamais le club ne paiera un joueur 400 000, 300 000 ou 200 000 euros par mois. Cela n'existera jamais au club !", a déjà prévenu Loulou.

Recrutement made in Ligue 2 ?

Les noms annoncés dans l'Hérault ne sont de fait pas ronflants. Congré ou Montano sont de bons joueurs de Ligue 1. Pour le reste, Nicollin et Mézy flaireront les bonnes affaires en Ligue 2 à la recherche du nouveau Giroud. Anthony Knockaert (11 buts, 4 passes décisives avec Guingamp cette saison) ou l’Angevin Gaétan Charbonnier (12 buts en L2) pourraient être celui-là. Le Brésilien Lima, du club portugais de Braga, est aussi sur les tablettes tout comme Abdelmoumen Djabou (Setif), selon le Midi Libre. Pas de folie, Montpellier ne se verra pas plus gros qu'il ne l'est et cherchera simplement à renforcer par petites touches un effectif qui devra affronter les cadences infernales de la Ligue des Champions. "Financièrement, si on fait pas les cons, on est tranquille pour trois ans", poursuit Nicollin. "Il faudrait de continuer avec l’intégralité de cette équipe, en y apportant quelques retouches. Ce serait l’idéal pour progresser encore", espère René Girard.

Montpellier a deux objectifs majeurs : investir dans ses installations de Grammont et tenter de conserver sa colonne vertébrale à savoir Yanga-Mbiwa (convoité par Lille, Marseille, Bayern Munich, Tottenham), Belhanda (PSG, Atlético) et Giroud (Bayern Munich, Tottenham). Ce ne sera pas chose aisée, le trio est très courtisé. Pour les retenir, Montpellier compte sur l'attachement des deux plus jeunes pour leur club formateur et sur l'euphorie du titre. Pour remplir les comptes en banque, c'est une autre histoire : Nicollin ne dérogerait pas à la règle et ne versera pas des salaires au-dessus de 150 000 euros quand certaines grosses écuries pourraient proposer au moins le double aux trois hommes forts du MHSC.

Montpellier ne se saignera pas pour ses stars

Yanga-Mbiwa a un bon de sortie autour des 16 millions d'euros et une offre alléchante pour Belhanda (au-dessus de 20 millions d'euros) fera forcément craquer Nicollin. "Pour retenir ceux qui pourraient partir, on verra si on peut leur verser des primes de talent pour rivaliser. Mais sur un an, pas plus. Car si on n'est pas en Ligue des champions la saison d'après, comment on fait ?", prévient le boss de Montpellier dans les colonnes de l'Equipe.

L'exemple d'Auxerre, qualifié en C1 en 2010 et descendu en L2 cette saison, a marqué les dirigeants de Montpellier. Flamber, ce n'est plus le genre de la maison surtout si c’est pour terminer dans l’antichambre. Et si certaines stars du onze doivent s'en aller, Nicollin fera appel à la jeune garde. Lille a perdu Gervinho, Rami, Cabaye et Sow en six mois mais a accroché le podium en fin de saison. L'avenir du MHSC ne dépend pas seulement de l'avenir de Belhanda ou Giroud. L'identité du club pailladin leur survivra. Nicollin le dit autrement : "On va se faire dépouiller. J'en ai rien à branler. Des jeunes monteront, remplaceront. L'essentiel est de toujours finir dans les dix ou douze premiers en L1." Le titre n'a rien changé. Montpellier restera Montpellier.

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