La Corse revit en Ligue 1

Au sein de l'élite, la Corse revit
Par Eurosport

Le 24/08/2012 à 17:09Mis à jour Le 24/08/2012 à 22:26

La Corse attendait ça depuis 8 ans. Avec la montée de Bastia et le maintien d’Ajaccio, l’île de Beauté voit ses deux clubs phares jouer côte à côte en Ligue 1. Et vu leurs dynamiques actuelles, rien ne prédit à ces deux équipes une saison galère. Mais que peuvent-ils réellement espérer?

Le football corse va bien ! En réalité, il va mieux. Après une décennie compliquée, marquée par les déboires du Gazélec, le yoyo Ligue 1 - Ligue 2 de l’ACA et la léthargie du SC Bastia, les supporters peuvent désormais espérer un avenir plus radieux, et pour cause. La saison 2011-2012 a marqué un tournant pour ces trois clubs. Le Gazélec a retrouvé une place en Ligue 2, l’ACA s’est maintenu au terme d’une deuxième partie de saison brillante, et cerise sur le brocciu, Bastia fut sacré champion de Ligue 2. Rien de tel pour relancer l’attraction autour de ces clubs à l’identité irréfutable.

Bastia : la fin des années galères ?

Auteur de deux remontées consécutives, le Sporting Club de Bastia revient de loin, de très loin. Menacé de devoir évoluer en CFA il y a 3 ans, le club a su relever la tête sous l’impulsion d’un Frédéric Hantz qui a lui aussi su rebondir après des échecs à Sochaux et au Havre. Adoubé par tous depuis son arrivée au club en 2010, Hantz fait aujourd’hui partie de la famille bastiaise et apporte un succès que le club n’avait plus vraiment connu depuis la période Antonetti. Sans véritable star, l’ancien coach du Mans a pris le pari de s’appuyer sur des joueurs revanchards afin de gravir palier après palier et enfin retrouver l’élite, que le club n’avait plus connu depuis la saison 2004-2005.

Aujourd’hui encore, pas de nom clinquant dans l’effectif, seulement une belle homogénéité entre des anciens tel que Sylvain Marchal, Jérôme Rothen, Ilan ou encore Toifilou Maoulida, et des jeunes aux dents longues comme Anthony Modeste (prêté par Bordeaux), Sambou Yatabaré ou encore la petite perle du club Wahbi Khazri, grand artisan du titre de champion de Ligue 2. Pour son retour parmi l’élite, le club a choisi de garder son ossature et sa cohésion en ne se séparant pas de ses hommes de bases. Seuls David Suarez (deuxième meilleur buteur de National il y a deux ans) et Sadio Diallo, parti à Rennes, ont quitté le club. A l’inverse, et pour remplacer numériquement ces deux attaquants, c’est le jeune et peu connu Gaetan Varenne qui est arrivé en provenance du FC Cournon (CFA2).

Alors oui, sur le papier, Bastia fait clairement figure de favori dans la course à la relégation, l’effectif reposant clairement sur une ou deux individualités en terme de football. Mais ce serait utopique de réduire le foot a la simple dimension technique. La grande arme de ce Bastia cru 2012-2013 est sans conteste son mental. Son mental, et son public, si tant est qu’on puisse dissocier les deux. En effet, c’est un Furiani encore plus bouillant qu’à l’accoutumée qui a poussé samedi dernier son équipe à renverser la vapeur contre une malheureuse équipe de Reims. Très longtemps mené, le SCB s’est finalement imposé 2-1 grâce à un but d’Ilan dans les arrêts de jeu. A la suite de cette victoire, les coéquipiers de Jérôme Rothen ont 6 points au compteur. Pas mal après deux journées ! Si l’on en croit le célèbre adage de Guy Roux, il ne manquerait donc plus à Bastia que 36 points pour se sauver, soit un point par match jusqu’à la fin de championnat. Plus que jouable pour une équipe qui devra quand même trouver en son sein un réel buteur et une assise défensive plus imperméable si elle ne souhaite pas connaître une nouvelle descente en mai prochain.

Ajaccio : une forteresse devenue imprenable ?

De l’autre côté de l’île, en Corse du Sud, Ajaccio vit sa deuxième saison parmi l’élite. Pourtant, en décembre dernier, personne sauf une poignée d’irréductibles n’aurait misé un euro sur le maintien du club du président Orsoni. Mais magie du football, suite à une belle deuxième partie de saison, l’ACA s’est sauvé sur le fil lors de la 38ème journée, grâce à un doublé de l’enfant du pays, Johan Cavalli, face à Toulouse. Au final, le club ajaccien a terminé 16e d’un championnat dont il aura longtemps été lanterne rouge, la faute surtout à un Stade François Coty où les hommes d’Olivier Pantaloni n’arrivaient pas à l’emporter durant la première moitié du championnat. Depuis le début 2012, à l’inverse, Ajaccio est quasi imprenable sur ses terres. Fort d’un moral retrouvé, et de quelques beaux coups au mercato, le club désormais entraîné par "Sir Alex" Dupont se positionne clairement comme un trouble fête. Alors bien sur, il y a peu de chances pour que l’ACA se retrouve européen en fin de saison, mais il y a fort à parier que de nombreuses équipes du haut de tableau viendront se casser les dents chez les Corses, en atteste le match nul (heureux?) du PSG zéro à zéro dimanche soir.

Mais encore plus que son voisin bastiais, les coéquipiers de Carl Medjani possèdent des joueurs "bandiera", des joueurs porte drapeau et porte valeurs de tout un club. Jean Baptiste Pierazzi, Johan Cavalli, Benjamin André, autant de titulaires revendiquant fièrement leur appartenance à l’île de Beauté. Ajouté à cela un mercato toujours ambitieux et judicieux (Ochoa la saison passée, Faty cette saison) et vous obtenez un cocktail détonant à faire pâlir ses concurrents pour le maintien. Oui Ajaccio grandit, oui Ajaccio se développe et pourrait même s’installer durablement en Ligue 1 si le club arrive à garder ce collectif et cet état d’esprit. Alors oui, on pourra toujours reprocher aux rouge et blanc d’être parfois borderline, violent, un brin truqueur et belliqueux, mais il ne s’agit pas là d’un leitmotiv, d’une envie de casser de l’ennemi, plus une envie de montrer à l’adversaire que le club n’abdiquera pas.

Au vu de l’effectif actuel et de ce qu’ont montré les Ajacciens durant les deux premières journées, personne ne pourra dire que l’ACA est promis à une saison plus difficile que durant l’exercice précédent. Fort d’une assise défensive composée d’un axe Medjani-Ochoa costaud, et de milieux sachant taquiner le ballon, les hommes de Dupont sont capables de développer du jeu. Avec 2 points (2 points de pénalité en début de saison), Ajaccio est installé dans le ventre mou du championnat, place qu’elle pourrait bien garder si l’équipe évite les errements défensifs et qu’elle réussit quelques jolis coups à l’extérieur.

Le ventre mou, une utopie ?

Au final, il est évidemment trop tôt pour se prononcer sur les réelles chances de maintien de ces deux clubs. Trop tôt car le mercato n’est pas terminé, trop tôt car Dupont vient d’arriver à la tête de l’ACA, trop tôt car Bastia est encore sous l’impulsion de ses deux montées consécutives. Malgré tout, ces deux équipes offrent des garanties à leurs supporters et aux amoureux de la Ligue 1 en général, en terme de jeu notamment, car Hantz et Dupont ne sont pas hommes à jouer à 11 derrière mais aussi en terme de combativité et d’abnégation sur le terrain, ainsi que des garanties de fêtes lors des rencontres à domicile. Certains diront que les bombes agricoles et que l’ambiance quelque peu hostile de François Coty et de Furiani ne sont pas synonymes de fête, d’autres se féliciteront d’avoir retrouvé des équipes où le public joue son rôle de douzième homme et où le football est vécu comme instigateur d’allégresse et de fierté.

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