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OM : Vincent Labrune, la pédagogie de la rigueur

OM : Labrune, la pédagogie de la rigueur
Par Eurosport

Le 09/03/2013 à 13:09Mis à jour Le 09/03/2013 à 13:36

Secoué par une vague de critiques, Vincent Labrune explique ce samedi dans L’Equipe qu’il vient de passer huit mois à sauver le club de la faillite.

Tel un chef d’Etat devant faire face aux doléances d’une population soumise à un plan de rigueur, Vincent Labrune, contesté par une partie des supporters, défend longuement sa gestion à l’OM, dans L’Équipe de samedi. Le président olympien défend un message fort, affirmant qu'il avait tout simplement sauvé le club de la faillite. La fin de saison cauchemardesque de l’an passé avait menacé la survie financière de l’OM. Et là où il parle de comptes assainis et de situation sportive satisfaisante, Vincent Labrune a de plus en plus de mal à accepter le torrent de critiques qui s’abat sur le club. Voici son message et l’analyse que nous en faisons.

CE QU'IL N'AVAIT JAMAIS DIT

"Tout ce qui se passe à l'extérieur du club, ça commence à bien faire. Qu'on nous laisse tranquilles ! Les derniers mouvements de contestation nous interpellent. Sans vouloir nous jeter des fleurs, nous sommes troisièmes sans jamais avoir quitté le podium alors que, cette saison, nous avions vraiment mis l'accent sur les aspects financiers. Il se passe quelque chose en périphérie que l'on a du mal à s'expliquer. Un certain nombre d'éléments participent à perturber le fonctionnement de l'entreprise" affirme le président du club.

LES PHRASES A RETENIR

- "A un moment, il faut quand même regarder la réalité en face. On a connu un accident industriel la saison passée en terminant dixièmes. On s'est retrouvés exsangue financièrement à un point inimaginable. Notre priorité c'était de sauver ni plus ni moins le club de la faillite. On a finalement fait en huit mois ce que nous avions prévu de faire en deux ans". En réponse au mécontement des supporters marseillais sur le manque d'ambition sportive , Vincent Labrune se pose clairement en sauveur. Traduisez : "Si je n'avais pas été là, si je n’avais pas convaincu l’actionnaire de l’action à mener, vous n’auriez plus d’équipe à supporter". Cette déclaration a le mérite de correspondre à la réalité économique du club marseillais aujourd'hui. Il n’est pas certain qu’elle rebooste sa côte de popularité dans les virages. Au moins dessine-t-elle de lui le portrait d’un homme actif, qui embellit la vie de son club, plutôt que celui d’un homme passif, qui subit la crise sans broncher. "Les problèmes financiers sont réglés", clame le dirigeant.

- "Nous n'avons pas dit non plus que cette stratégie durerait dix ans. Le rattrapage des pertes n'est pas un modèle économique sur le long terme. Cette saison, c'était vital". Vincent Labrune sous-entend clairement que Marseille n'est pas condamné à une cure d'austérité, quitte à susciter l’impatience lors du prochain marché des transferts.

- "Les grandes stars internationales, je suis désolé, nous n'avons plus les moyens. Nous pourrons investir la saison prochaine sur un marché de jeunes joueurs français, entre vingt et vingt-cinq ans, qui nous permettent en L1, de rester à minima dans le haut du tableau et d'exister sur la scène européenne, ce qui ne sera sans doute pas le cas de nos principaux concurrents en France. C'est ça aussi la réalité. On doit renforcer la formation". Alors que la formation n'a jamais été un point fort de l'OM, chose que Labrune confirme à demi-mots en employant le terme ''renforcer", c’est une nouvelle proclamation sur le virage que pourrait prendre le club dans les années à venir, même s’il a connu peu de succès pour l’instant. On s’oriente vers un OM avec un mélange entre des joueurs confirmés de Ligue 1 et des produits du centre de formation. Un OM version OL.

L'INSTANT DRÔLE

Echaudé par la grogne des supporters, et les multiples attaques, de Pape Diouf notamment, Vincent Labrune a tout de même su placer un tacle envers l'ancien président olympien, dont il a été le président du conseil de surveillance, non sans une pointe d'humour. "Gérer l'OM, c'est très dur. C'est la plus grosse caisse de résonance médiatique en France. Si en plus, des gens passent leur temps à te cartonner... Là on a un ancien salarié (NDLR : Pape Diouf) qui s'est reconverti en talent littéraire et fait la tournée des popotes et des plateaux..."

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