Un match comme un autre ce second Paris-Marseille de la saison ? Si l'affiche fait et fera toujours vendre, ce nouveau choc entre les deux équipes n'aura pas la même saveur que le match aller. A l'époque, l'OM était au contact de la paire milliardaire en tête du championnat. Avec un point de retard, les Marseillais avaient ce jour-là l'occasion de passer devant le rival en cas de victoire. Il n'en a rien été. Une occasion manquée qui ne se représentera pas de sitôt a priori, l'OM pointant désormais à 18 longueurs du club de la capitale.
Les Phocéens auront tout de même quelque chose à jouer ce dimanche soir : revenus dans la course à la troisième place ces dernières semaines, ils se déplacent au Parc des Princes dans l'optique de faire au moins aussi bien que Lille ou Saint-Etienne, seuls concurrents directs de l'OM qui ont réussi à prendre un point contre l'armada parisienne. Reste à savoir comment faire ?
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25/04/2015 À 05:10
Au match aller, les Phocéens avaient fait bonne impression en début de partie (voir ici). Organisés dans l'inamovible 4-2-3-1 d'Elie Baup, ils avaient su contrecarrer le 4-3-3 parisien en bloquant l'axe, coupant les transmissions entre la relance et Ibrahimovic. A l'époque, les joueurs de la capitale manquaient de créativité dès qu'il s'agissait de passer par les côtés, et l'OM en avait profité pour ouvrir la marque et même se retrouver dans une situation idéale suite à l'expulsion de Thiago Motta. Paradoxalement, c'est après ce fait de jeu que les joueurs ont laissé filer la rencontre. Incapables de répondre à la réorganisation tactique de Laurent Blanc, et notamment l'entrée de Rabiot dans l'entrejeu, ils ont laissé trop de libertés aux Parisiens qui s'en sont tirés avec les trois points.
Beaucoup de choses ont changé depuis cette opposition. A Paris tout d'abord, l'équipe a poursuivi sa progression si bien que ces dernières semaines, ce sont justement les couloirs qui ont brillé. Lavezzi, Maxwell ou Lucas Moura ont chacun apporté leur pierre à l'édifice en février, en Ligue 1 comme en Ligue des Champions. Autant dire que c'est une tâche difficile qui attend les Phocéens au Parc des Princes, face à une formation qui semble ne jamais avoir aussi bien joué. Pour ne rien arranger à l'affaire, l'OM se cherche encore. Depuis qu'il a repris les rênes de l'équipe, José Anigo n'a pas encore défini de système principal. Abandonnant assez rapidement le 4-2-3-1 d'Elie Baup, il a alterné entre le 4-4-2 en losange, le 4-1-4-1 et même le 3-5-2 à l'occasion du dernier déplacement à Saint-Etienne. Mais quelle formule va-t-il sortir de sa manche au Parc ?

FOOTBALL Marseille - PSG (Valbuena, Matuidi)

Crédit: Panoramic

Ralentir la relance parisienne
Cette saison, les équipes qui ont "réussi" contre le PSG sont celles qui ont su ralentir sa relance. Pour cela, rien de mieux qu'une première ligne active défensivement ou, faute de mieux, renforcée de manière à pouvoir s'opposer à la fois à Thiago Silva, Thiago Motta et Marco Verratti. Dans le Forez, Saint-Etienne s'était ainsi appuyé sur l'activité de Brandao et Corgnet pour protéger son milieu de terrain et gêner la transition adverse. Plus "attentiste", le système de jeu du LOSC opposait un trio aux rampes de lancement parisiennes dans l'axe, et comptait sur l'activité de Gueye, Balmont et Mavuba pour bloquer les couloirs tout en conservant une présence dans le coeur du jeu pour réduire l'influence d'Ibrahimovic.
Le problème pour l'OM, c'est qu'aucune de ces deux solutions ne semblent viables au vu de l'effectif actuel. A la pointe de l'attaque marseillaise, Gignac - absent au match aller - n'a jamais été reconnu pour sa capacité à multiplier les efforts afin de faciliter la récupération de balle (voir ici). De la même manière, si Valbuena ne rechigne pas à la tâche, il n'est pas d'un grand impact en phase défensive. Il serait dès lors surprenant de voir l'OM renouer avec le 4-2-3-1. Système principal ces dernières semaines, le 4-4-2 en losange - sur le modèle lillois - pourrait être une solution. Mais José Anigo serait cependant forcé de sacrifier l'un de ses joueurs à vocation offensive. Si Ayew, relayeur gauche dans cette formation, peut abattre un gros travail défensif, Payet n'a pas le même coffre de l'autre côté. N'est pas Balmont qui veut. A moins de relancer Imbula ou de compter sur un Cheyrou en grande forme, difficile aussi d'imaginer les Phocéens dans cette formation.

Zlatan Ibrahimovic ( PSG ) - Marko Basa ( LOSC ) - Thiago Da Silva ( PSG )

Crédit: Panoramic

Le 3-5-2, le meilleur compromis ?
Vient alors la solution du compromis : le 3-5-2 (ou 5-3-2). Deux joueurs en première ligne, un milieu de terrain renforcé et des latéraux chargés de bloquer les couloirs grâce à la couverture des autres défenseurs. Sur le papier, le système est séduisant pour contrer le 4-3-3 parisien, car il permet de conserver une grande densité de joueurs autour du porteur de balle afin de bloquer le jeu court. En revanche, il touche rapidement à ses limites si l'adversaire parvient à jouer long (en profondeur dans le dos des latéraux ou en renversant le jeu côté ouvert).
Lyon avait tenté cette formule au Parc des Princes début décembre. Bien en place pendant une demi-heure, les Gones avaient explosé suite au changement tactique opéré en cours de match par Laurent Blanc (voir ici). Passé en 4-4-2, le PSG avait très vite exploité les failles du système adverse pour faire la différence grâce à ses joueurs de couloir. Un bon exemple du casse-tête que peut représenter le PSG cette saison : que cela vienne de prises d'initiatives des joueurs sur le terrain ou directement du banc de touche, les Parisiens ont eu du répondant face à presque tout ce qui leur a été opposé jusqu'ici. De fait, penser un onze de départ en ayant à l'esprit que celui-ci devra peut-être changer en cours de match peut apparaître nécessaire. La polyvalence tactique des joueurs deviendrait ici la clé de la réussite des Marseillais dimanche.
Reste la solution ultra-défensive : le 4-1-4-1 avec Gignac seul en pointe, un attaquant sacrifié et un Valbuena en position excentrée. Dans ce système, l'OM abandonnerait toute idée de gêner la relance parisienne et laisserait le champ libre à Thiago Silva et Alex pour remonter le ballon (en imaginant un Gignac au contact de Thiago Motta). Les ailiers bloqueraient les latéraux, et les trois milieux se chargeraient de limiter les incursions dans l'axe. Solution de facilité au premier abord, cette formation n'a jamais obtenu de résultats face au PSG. Et pour cause, en abandonnant le milieu de terrain pour ne faire que défendre, les adversaires des Parisiens se retrouvent à la merci des coups de pied arrêtés (autre point fort de la formation de Laurent Blanc cette saison) tout en annihilant leurs ambitions offensives. Le seul point d'appui devant se retrouve en effet à la merci de la charnière Thiago Silva-Alex. Lille et Saint-Etienne l'ont montré : pour ennuyer le PSG, il ne faut surtout pas oublier d'attaquer.

FOOTBALL - 2013 - Marseille - Anigo - Thauvin - Khalifa - Mendes

Crédit: Panoramic