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Ligue 1 : Nantes-Bordeaux, l'une des 5 rivalités qui ont fait l'histoire du championnat

Voici les 5 plus grandes rivalités de l'histoire du Championnat de France
Par Eurosport

Le 12/12/2014 à 19:12Mis à jour Le 13/12/2014 à 18:01

Nantes et Bordeaux, qui s'affrontent samedi à 17 heures, ont toujours entretenu des relations tumultueuses. C'est ce qui fait de leur duel l'un des plus passionnants du championnat de France. Voici les cinq rivalités les plus marquantes du football français.

Nantes - Bordeaux, le plus équilibré

  • Bilan : 90 matches, 32 victoires de Nantes, 24 nuls, 34 victoires de Bordeaux
    114 buts pour Nantes, 110 buts pour Bordeaux
  • Pourquoi ce duel ?

  • Trois matches mémorables

1981-82 - 38e journée. Nantes-Bordeaux : 6-0

Du Claude Bez dans toute sa splendeur. Pour protester contre la suspension pour un an de son gardien, Dragan Pantelic, coupable d'avoir bousculé un juge de touche lors d'un match à Lens, le président des Girondins décide que son équipe jouera sans "vrai gardien" à Nantes, lors de la dernière journée. Alain Giresse prend les gants, et Bordeaux en prend six (6-0). La plus large victoire des Canaris face aux Bordelais.

2000-01 – 6e journée : Nantes-Bordeaux : 0-5

Pauleta ne pouvait pas mieux se mettre les supporters bordelais dans la poche. Pour son premier match sous le maillot girondin, l'attaquant portugais signe un triplé et Bordeaux signe sa plus large victoire à Nantes (0-5). C'est aussi la plus lourde défaite jamais concédée à domicile par les Canaris en Ligue 1. Ils auraient préféré qu'elle tombe face à un autre adversaire.

1994-95 – 11e journée : Nantes-Bordeaux : 3-3

Un duel accroché entre Nicolas Gillet et Pauleta, lors du Bordeaux-Nantes de 2001-02.

Un duel accroché entre Nicolas Gillet et Pauleta, lors du Bordeaux-Nantes de 2001-02.Eurosport

PSG - Marseille, le plus médiatique

  • Bilan : 71 matches, 23 victoires du PSG, 17 nuls, 31 victoires de l'OM.
    84 buts pour le PSG, 95 buts pour l'OM
  • Pourquoi ce duel ?

Le Nord contre le Sud, la capitale contre la province, la première ville de France contre la deuxième, le PSG contre Marseille. L'opposition est évidente entre deux villes que tout sépare, tant géographiquement que culturellement ou socialement. Mais la rivalité entre les deux clubs n'atteint vraiment son paroxysme qu'au début des années 90, quand Canal + devient le propriétaire du club de la capitale alors que l'OM de Bernard Tapie est au sommet de l'Europe. Pour les dirigeants de la chaîne cryptée et pour le président de l'OM, ce duel est un formidable produit d'appel et les chocs entre les deux équipes deviennent les plus grands temps forts de chaque saison. Aussi parce que cette rivalité dépasse le cadre du terrain pour devenir surtout une histoire de supporters.

  • Trois matches mémorables

1988-89 – 35e journée. OM-PSG : 1-0

Un choc pour le titre. L'OM, deuxième avec un point de retard sur le PSG, bute pendant 90 minutes sur l'équipe de Tomislav Ivic. Paris est tout proche de réussir le hold-up parfait mais Gaëtan Huard remporte son duel face à Amara Simba. Sur le contre, Franck Sauzée bat Joël Bats d'une frappe de 30 mètres. Marseille s'impose, passe devant le PSG au classement, et remportera son premier titre sous l'ère Tapie.

1992-93 -37e journée. OM-PSG : 3-1

La semaine historique de l'OM. Trois jours après avoir remporté la C1 face à Milan (1-0) sur un but de Basile Boli, Marseille s'assure le titre de champion de France en dominant son dauphin parisien au Vélodrome (3-1). Boli, encore lui, inscrit un but venu d'ailleurs d'une tête de 20 mètres, à la conclusion d'une formidable action collective. Marseille est sur un nuage. Il en redescendra brutalement quelques jours plus tard après les révélations de l'affaire VA-OM.

2002-03 – 30e journée. OM-PSG : 0-3

L'OM est en course pour le titre, le PSG englué en milieu de tableau. Paris se déplace au Vélodrome où il n'a plus gagné depuis quinze ans. Il met fin à cette longue période de disette grâce à un Ronaldinho de gala. Le Brésilien étale toute sa classe et inscrit un but d'anthologie pour inspirer le succès de la formation de Luis Fernandez, le plus large à Marseille dans l'histoire du PSG.

Ronaldinho résiste à Franck Leboeuf et devance Vedran Runje pour sceller la victoire du PSG à Marseille en 2002-03.

Ronaldinho résiste à Franck Leboeuf et devance Vedran Runje pour sceller la victoire du PSG à Marseille en 2002-03.Panoramic

OM - Bordeaux, le plus "présidentiel"

  • Bilan : 103 matches, 33 victoires de l'OM, 34 nuls, 36 victoires de Bordeaux
    133 buts pour l'OM, 135 buts pour Bordeaux
  • Pourquoi ce duel ?

  • Trois matches mémorables

1986-87 – 31e journée. Bordeaux-OM : 3-0

Un choc pour le titre. L'OM est en tête du classement avec un point d'avance sur Bordeaux, très remonté après sa défaite en Coupe d'Europe face à Leipzig. Les Bordelais mettent une énorme pression physique, notamment sur Alain Giresse, passé des Girondins à l'OM un an plus tôt, qui se fait découper à plusieurs reprises. Marseille craque très vite, encaisse des buts de Philippe Fargeon et René Girard dans le premier quart d'heure, et José Touré signe un  chef d'œuvre en seconde période. Bordeaux s'impose facilement et sera champion en fin de saison.

1989-90 – 33e journée. OM-Bordeaux : 2-0

L'OM et Bordeaux sont à égalité en tête du classement, Claude Bez plante le décor en entrant dans le Vélodrome au volant de sa Cadillac immatriculée 11 GB 33 et Joseph-Antoine Bell, passé de Marseille aux Girondins l'été précédent, est accueilli par des jets de bananes… Sur le terrain, la star s'appelle Chris Waddle. L'Anglais marque deux buts sur coups francs et donne la victoire à l'OM qui sera champion quelques semaines plus tard.

1998-99 – 22e journée. Bordeaux-OM : 4-1

L'OM a trois points d'avance sur Bordeaux au moment de se déplacer chez son dauphin girondin. Claude Bez est décédé d'une crise cardiaque quelques jours plus tôt. Le public de Chaban-Delmas observe une longue minute de silence avant la rencontre. Sur le terrain, les Bordelais jouent comme dans un rêve. Sylvain Wiltord, Johan Micoud, Lilian Laslandes et encore Wiltord donnent quatre buts d'avance aux Girondins après une grosse demi-heure de jeu. L'OM est balayé et ne fait que sauver l'honneur par Dugarry. C'est le tournant de la saison, et Bordeaux sera champion.

Lilian Laslandes tente une volée acrobatique devant Laurent Blanc, lors de Bordeaux-Marseille en 1998-99.

Lilian Laslandes tente une volée acrobatique devant Laurent Blanc, lors de Bordeaux-Marseille en 1998-99.AFP

Saint-Etienne - Lyon, le plus "derby"

  • Bilan : 33 victoires de l'OL, 30 nuls, 38 victoires de Saint-Etienne
    111 buts marqués pour l'OL, 136 pour Saint-Etienne.
  • Pourquoi ce duel ?

62 kilomètres seulement et pourtant tout sépare Lyon de Saint-Etienne. Deux villes, deux histoires, deux clubs ennemis. Deux cousins qui se chamaillent depuis des décennies. Cette rivalité entre voisins, qui adorent se détester, n'a pas d'égale en France. Elle ne s'est pas construite sur le terrain. Jamais les deux clubs n'ont été au sommet au même moment et le triomphe de l’un se conjuguait souvent avec le trou d'air de l'autre. Et même si, aujourd'hui, les deux ennemis nagent à peu près dans les mêmes eaux, ce sont avant tout les petites phrases (Domenech, Aulas, Romeyer, Rocher et tous les autres), les polémiques (des 25 kilos de carottes déversés par les supporters de l'OL à Geoffroy-Guichard en 1967 à l'écharpe accrochée dans le but des Verts par Joël Bats) qui ont construit la rivalité.

  • Trois matches mémorables

2004-05 – 9e journée. ASSE-OL : 2-3

Le match le plus spectaculaire de la saison de Ligue 1. Saint-Etienne a enfin une équipe qui ressemble à quelque chose et Lyon est au sommet de son art. A la 86e minute, l'ASSE, qui n'a alors plus gagné de derby depuis dix ans, tient son exploit grâce à Marin et Feindouno. Mais Juninho transforme un penalty en deux temps et Govou, formé dans le club voisin du Puy, glace le Chaudron après un formidable slalom au bout des arrêts de jeu (2-3). Scénario classique des derbies des années 2000.

1969-70 – 25e journée. ASSE-OL : 6-0

Les Verts s’acheminent vers leur quatrième titre de champion consécutif. En route, ils vont infliger à Lyon sa défaite la plus cuisante à Geoffroy-Guichard (6-0). En ce mois de mars, les Lyonnais luttent pour ne pas descendre. Accablé par les blessures, l’OL aligne six joueurs amateurs. Salif Keita, qui avait l’habitude de mettre deux protège-tibias à chaque jambe, un devant et un derrière, lors des derbies, termine la rencontre avec quatre passes décisives et un but. Roger Rocher, emblématique président stéphanois, glisse un malicieux : "On ne les accablera pas, ils ont assez de malheurs comme ça.

2010-11 – 7e journée. OL- ASSE : 0-1

100e derby. Saint-Etienne court après une victoire depuis 16 ans et accumulent raclées et humiliations face à un OL qui, s'il n'est plus la référence en France, prend un malin plaisir, saison après saison, à appuyer sa suprématie en Rhône-Alpes.  Mais ce samedi soir, la main de Lloris n'est pas assez ferme pour repousser le coup franc de Payet. Le reste ne sera qu'une outrageuse domination de l'OL. Les Verts se pincent pour y croire. Cerise sur le gâteau stéphanois : l'ASSE prend les commandes de la L1, l'OL est 18e. Aulas ne se démonte pas et rappelle à son kop que les Verts, eux, jouent "la Ligue des champions sur la Playstation". Mais la malédiction verte s'achève.

Dimitri Payet donne la victoire à Saint-Etienne sur la pelouse de Lyon en 2010.

Dimitri Payet donne la victoire à Saint-Etienne sur la pelouse de Lyon en 2010.AFP

Nantes - Saint-Etienne, le plus nostalgique

  • Bilan : 33 victoires pour Nantes, 24 nuls, 21 victoires pour Saint-Etienne.
  • Pourquoi ce duel ?

Pendant vingt ans, de 1964 à 1983, les matches entre Verts et Canaris sont considérés comme les points d'orgue des saisons de Division 1. Durant cette période, les deux clubs se partagent 15 des 20 titres décernés et il n'est pas rare de les voir se côtoyer sur le podium. Deux styles, deux philosophies de jeu s'opposent alors : le jeu à la nantaise, éloge du football chatoyant et léché, et la grinta stéphanoise basée sur l'engagement, le physique et un jeu beaucoup plus direct.

  • Trois matches mémorables

1980-81 – 35e journée : Nantes-ASSE : 1-1

Il ne reste plus que quatre journées de Division 1. Saint-Etienne et Nantes occupent les deux premières places du classement, les Verts comptent deux points d'avance mais une défaite à Marcel-Saupin anéantirait leur avance. Agerbeck, juste après la pause (49e), permet aux Canaris de toucher du doigt la première place mais l'égalisation de Zanon, deux minutes plus tard, permet à l'ASSE d'arracher le nul (1-1). Trois semaines plus tard, Saint-Etienne décrochera son 10e titre… avec deux points d'avance sur les Canaris.  

1987-88 – 21e journée : Nantes-ASSE : 2-3

L'ASSE et Nantes, qui jouent de nouveau le haut de tableau, se remettent de saisons compliquées et ce début d'exercice a regonflé leurs ambitions. La rencontre est sublime, comme aux plus belles heures. Un doublé de Tibeuf permettre aux Verts de s'imposer à la Beaujoire (2-3) au terme d'une rencontre à rebondissements. Saint-Etienne terminera l'exercice au 4e rang.

12 mai 2000-01 – 33e journée. Nantes-ASSE : 1-0

Le match n'est pas flamboyant. Marama Vahirua fait le coup de la pagaie : 1-0. Rideau. Les conséquences sont, en revanche, irrémédiables. Grâce à ce succès, le FC Nantes des Landreau, Carrière et Da Rocha décroche son huitième titre et condamne l'ASSE à la Ligue 2. Destins croisés. L'équipe de Reynald Denoueix enflamme la Beaujoire après le coup de sifflet final. Les Verts quittent le stade et la Ligue 1 par la chatière.

Marama Vahirua, l'attaquant de Nantes, lors du match du titre face à Saint-Etienne en 2001.

Marama Vahirua, l'attaquant de Nantes, lors du match du titre face à Saint-Etienne en 2001.Panoramic

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