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PSG : Zlatan est irremplaçable, Ibrahimovic peut-être pas...

Zlatan est irremplaçable, Ibrahimovic peut-être pas...

Le 13/05/2016 à 16:11Mis à jour Le 13/05/2016 à 17:25

LIGUE 1 – Que restera-t-il de Zlatan Ibrahimovic ? Le joueur et l'homme ont pris beaucoup de place ces quatre dernières années. Le premier sera difficile à remplacer, mais le PSG peut s'en relever. Le "personnage Zlatan", en revanche, n'aura sans doute jamais d'équivalent.

Dans quelques mois, au cœur de l'été, quand la Ligue 1 imposera à nouveau son train-train quotidien après le tumulte de l'Euro, il faudra s'habituer à son absence. Zlatan Ibrahimovic ne sera plus là. Au choix, selon la sensibilité des uns et l'aversion des autres, ce sera un regret ou non. Mais de façon incontestable, quelque chose aura changé. Jamais, dans l'histoire du Championnat de France, un joueur avait à ce point monopolisé l'attention.

Depuis quatre ans, le PSG, c'était Zlatan. La Ligue 1 aussi, dans une certaine mesure. C'est évidemment dû à ses performances sur le pré. Ibrahimovic, c'est d'abord un très grand joueur de football. Il a dominé les débats comme personne sans doute ne l'avait fait avant lui en France. Bien sûr, c'est en partie dû à la faiblesse d'ensemble de notre championnat. Ici, pas de Messi ou de Ronaldo pour rivaliser. La nature a horreur du vide et en posant ses valises en France, le natif de Malmö a eu vite fait de combler un trou béant. A l'échelle de la Ligue 1, Ibra, c'est l'Everest entouré de collines. Forcément, il dépasse la ligne de crêtes.

Zlatan Ibrahimovic

Zlatan IbrahimovicAFP

La limite européenne, encore et toujours

Mais au risque de me tromper, j'ai le sentiment que ce n'est pas sur ce plan que son impact aura été le plus grand, ce qui ne signifie pas qu'il aura été négligeable. Loin de là. Mais fondamentalement, Paris n'avait pas besoin de lui pour régner. C'est vrai, le PSG version QSI avait laissé filer le titre au profit de Montpellier lors de sa première saison. Depuis qu'Ibra est arrivé, il n'a rien laissé ou presque, en championnat comme dans les diverses coupes. Mais s'il a pris une part considérable à cette suprématie, les arrivées de Thiago Silva, Edinson Cavani, Angel Di Maria et d'autres ont aussi contribué à donner à l'équipe parisienne sa dimension actuelle, incomparable avec celle de 2011-2012.

On ne saura jamais si le PSG aurait gagné autant de titres en France sans Ibrahimovic. On sait en revanche avec certitude que, même avec lui, il n'a pu combler ses rêves de grandeur au plan continental. Sportivement, c'est sa limite. Quatre saisons, quatre éliminations en quarts de finale de Ligue des champions. Qu'on le veuille ou non, c'est un échec. Le PSG n'aurait pas signé des deux mains en 2012 pour un tel bilan à l'arrivée du Suédois. Il attendait autre chose. Ibra aussi, sans doute, d'ailleurs. Son absence de grande performance, individuelle et collective, en C1, avait constitué sa limite avant son arrivée à Paris. En portant le PSG au sommet, il aurait pu définitivement faire taire ses détracteurs. Il n'a pas pu (su) le faire.

Un personnage "bigger than football"

Plus encore que le joueur, en dépit de ses dizaines de buts, c'est l'homme qui laissera une trace indélébile, parce qu'unique. Son arrivée hollywoodienne au Trocadéro, en juillet 2012, avait donné le ton. Les quatre années suivantes n'ont jamais démenti l'impact de la figure zlatanienne. Personnage "bigger than football", Ibrahimovic s'est rendu incontournable bien au-delà de la chose footballistique. Médiatiquement, c'est un monstre. Son "pays de merde" a fait causer et réagir jusque dans les hautes sphères du pouvoir. Il a même été question d'intégrer le verbe "zlataner" au Larousse cette année. Piste abandonnée, mais le simple fait de l'avoir envisagé en dit long.

Alors, la vie sans Ibra, ce sera quoi ? Oui, il va manquer. Pour autant, cela ne veut pas automatiquement dire que le PSG sera moins fort sans lui l'an prochain. Pour prolonger son hégémonie en Ligue 1, Paris n'a probablement pas besoin de lui. A l'échelle européenne, tout dépendra de la faculté du club de la capitale à recruter intelligemment dans le secteur offensif. Sportivement, malgré sa colossale saison, la plus prolifique de sa carrière parisienne, pas sûr donc que la transition soit si pénible à effectuer pour le PSG.

PSG : un dénouement à la Papin ?

Jusqu'alors, c'était clairement l'équipe d'Ibrahimovic. Elle a vécu, gagné (souvent) et trébuché (parfois) au rythme de son omnipotente superstar. Mais Zlatan prenait aussi beaucoup de place. Presque toute la place. S'il reste, un joueur comme Edinson Cavani, auteur de 53 buts en 96 matches de L1 en jouant le plus souvent hors de sa position préférentielle, peut prendre une autre dimension. D'autres peuvent s'émanciper. Même en dehors du Suédois, la base de talents dont dispose Laurent Blanc est plus que solide. Et l'injection de sang neuf de l'extérieur peut engendrer un nouveau cycle, tout aussi vertueux, peut-être même salutaire.

L'histoire nous a appris que des clubs pouvaient survivre, même à très court terme, à la perte de certaines grandes figures. En France, notamment. Toutes proportions gardées, l'Olympique de Marseille, au carrefour des années 80 et 90, avait été portée par Jean-Pierre Papin, le Zlatan de la Canebière. Paradoxalement, c'est l'année de son départ, en 1992-93, que le club phocéen s'est hissé sur le toit de l'Europe. Ne vous étonnez pas si Paris, sans lui, franchit enfin le cap des quarts en Ligue des champions. Cela n'enlèverait de toute façon rien à son legs. Il y aura bien, pour le PSG comme pour la Ligue 1, un avant et un après Ibra.

Paris a perdu ce vendredi 13 un personnage gigantesque, probablement unique par sa façon d'être, de faire, de communiquer. Il voit aussi s'envoler un joueur majuscule. Le premier n'aura jamais d'équivalent. Mais Paris peut apprendre à composer sans le second.

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